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La COVID-19 a coûté cher aux producteurs et aux consommateurs de bœuf canadien

Des veaux dans un enclos.

Les éleveurs et les exploitants de parcs d'engraissement ont été les grands perdants de l'industrie bovine en 2020.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Les Canadiens ont payé leur bœuf plus cher que d’habitude, alors que des éclosions dans les usines de transformation de viande étranglaient l’offre en 2020, mais cet argent ne s’est jamais rendu jusqu'aux producteurs, qui ont vu leurs revenus chuter de 6,7 %.

De mai à juillet, les éleveurs et les engraisseurs de boeuf canadiens ont eu la vie dure.

Les éclosions de COVID-19 qui ont frappé les usines de transformation de viande de JBS Brooks et de Cargill, à High River, qui comptent pour 70 % de la capacité de transformation de bœuf du pays, ont créé un goulot d'étranglement.

Il y avait des étagères vides dans les épiceries, alors qu’il y avait des fermetures majeures et d’importants retards dans la chaîne de transformation, explique l’auteure du rapport, Karen Spencer.

Le prix à la consommation du bœuf canadien a bondi de 18 % en juin et de 13 % en juillet 2020, selon un rapport de l’École des politiques publiques de l’Université de Calgary.

Les producteurs perdants, les marchands gagnants

Du même coup, les gérants de parcs d’engraissement et d’exploitation de naissance ont dû vendre leur bœuf moins cher que d’habitude aux commerçants et aux transformateurs. Ils ont aussi été obligés de continuer de nourrir des animaux qu’ils ne pouvaient pas abattre, faute de place dans les usines de transformation.

Pour l’ensemble de l’année 2020, les revenus des parcs d’engraissement ont chuté de quelque 379 millions de dollars.

En contrepartie, les détaillants et les marchands en gros sont sortis gagnants de la situation.

Les marges de profits des grossistes ont même doublé en 2020, selon Karen Spencer.

Pas de quoi paniquer, dit un expert

Cette dynamique n’a rien de surprenant, selon le directeur de laboratoires de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université de Dalhousie, Sylvain Charlebois.

Comme il y a des dizaines de milliers d'éleveurs et de producteurs de boeuf, mais peu de transformateurs, ces derniers ont souvent le gros bout du bâton, explique-t-il.

« C'est la nature de l'industrie. »

Il rappelle que les éleveurs ont connu des chutes de revenus beaucoup plus importantes que cela, par exemple durant la crise de la vache folle, et que l'industrie s'en est remise.

C'est clairement une mauvaise année [pour les producteurs], mais ce n'est pas anormal.

Une citation de :Sylvain Charlebois, directeur de laboratoires de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université de Dalhousie

Il croit par ailleurs que le rapport cache probablement de grandes différences de revenus entre les différents producteurs.

Les petits joueurs, qui ont rarement des contrats d’exclusivité avec des usines comme celle de Cargill, ont probablement eu beaucoup de mal à se débarrasser de leurs bêtes, explique-t-il, alors que les plus grands s’en sont vraisemblablement relativement bien tirés.

De l’aide financière qui manque sa cible?

Les gouvernements albertain et canadien ont fourni de l’aide financière, entre autres, aux usines de transformation.

Environ 21,7 millions de dollars ont aussi été réservés aux exploitants de parcs d’engraissement.

Ce programme a toutefois pris fin en décembre, alors qu’il y avait encore 93 000 bêtes en trop dans le système, selon le rapport. Aucune aide n’a été consacrée aux éleveurs qui gèrent des exploitations de naissance, au tout début de la chaîne de production.

Sylvain Charlebois estime que ce coup de pouce financier a ainsi manqué sa cible.

Ceux qui écopent, ce sont nécessairement les producteurs, qui doivent attendre pour faire abattre leurs animaux. Il faut nourrir les animaux chaque jour et ça coûte cher. Dans les programmes que moi, j’ai vus, ça n’a pas été reconnu, dit-il.

Il remarque toutefois que le cours du bœuf d'abattage est actuellement élevé, ce qui laisse présager une bonne année pour l’ensemble de l’industrie.

Avec des informations de Rick Donkers

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