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Une infirmière jugée non essentielle par des agents refoulée à la frontière

Écusson d'un agent de l'Agence des services frontaliers du Canada, qui porte également un émetteur-récepteur portatif.

L'application des règles à la frontière terrestre par les agents des douane reste floue.

Photo : Reuters / Chris Helgren

Radio-Canada

La confusion persiste sur les nouvelles règles à la frontière terrestre entre le Canada et les États-Unis alors qu’une infirmière de la région de Windsor qui travaille à Détroit n’a pas été reconnue comme travailleuse essentielle et n’a pas pu rentrer immédiatement au pays.

Kaitlyn Desjardins vient d’être embauchée à l’hôpital William Beaumont de Détroit. Il y a dix jours, elle est entrée aux États-Unis pour assister à une séance d'orientation obligatoire en vue de son nouveau travail d'infirmière.

Sur le chemin du retour, un membre de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) l’a informée qu’elle entrait au Canada en tant que voyageuse non essentielle.

Portrait d'une femme souiante

Kaitlyn Desjardins s'était rendue aux États-Unis pour une séance d'orientation dans son nouvel hôpital de Détroit.

Photo : Michelle Parent-Seaver/Facebook

Avant de franchir la frontière, Mme Desjardins avait pourtant été informée par son nouvel employeur qu'elle serait exemptée des exigences relatives aux tests préalables en raison de la nature de son travail, explique-t-elle.

Je leur ai fait savoir que j'étais infirmière. Je leur ai donné ma lettre d'emploi. J'avais tous mes documents sur moi. J'avais même mon visa de travail. Cela n'avait pas d'importance. Ils m'ont dit que je traversais pour des raisons non essentielles.

Une citation de :Kaitlyn Desjardins, infirmière

Mme Desjardins a été envoyée à la zone d’inspection secondaire. Là, l’agent lui a donné deux choix : aller à Toronto pour se mettre en quarantaine dans un hôtel pendant 14 jours ou retourner aux États-Unis et revenir au poste-frontière avec la preuve d'un résultat négatif au test de COVID-19. C'est cette option qu'elle a choisie.

J'ai dû prendre des dispositions pour trouver un endroit où loger et j'ai fini par obtenir un test à Détroit, précise Mme Desjardins, ajoutant qu'elle avait dû payer 150 dollars américains pour se faire dépister.

Des histoires qui se répètent

Selon le député de Windsor-Ouest, Brian Masse, son bureau est inondé d'appels de personnes qui traversaient jusqu’à présent la frontière sans problème, mais qui se voient refuser le retour immédiat au Canada depuis une semaine.

Les infirmières, les ingénieurs, les enseignants, les propriétaires d'entreprises et les travailleurs des services sociaux, par exemple, sont maintenant pénalisés, a déclaré M. Masse vendredi à la Chambre des communes.

Comment peut-on s'attendre à ce que les gens se conforment [aux règles des frontières terrestres] quand ils n'ont pas de directive précise du ministre? Cette situation doit changer.

Une citation de :Brian Masse, député de Windsor-Ouest

Vendredi, CBC rapportait une histoire similaire. Un homme de Belle Rivière qui travaille dans la construction au Michigan a préféré payer une amende de près de 3800 $ plutôt que de se plier aux exigences de quarantaine ou de test demandées par les agents qui l'ont jugé non essentiel lors qu’il est rentré au Canada par le tunnel Windsor-Détroit.

Portrait d'un homme souriant en costume. Il porte des lunettes. En arrière-plan, flou, l'entrée d'un bâtiment

Le député de Windsor-Ouest, Brian Masse, dit que de plus en plus de travailleurs transfrontaliers ont des problèmes pour rentrer au pays.

Photo : CBC/Tahmina Aziz

Ne pas confondre travailleurs frontaliers et essentiels

L'ASFC a depuis clarifié son application des règles à la frontière terrestre.

Elle fait notamment une distinction entre travailleurs essentiels et travailleurs frontaliers. Selon l'agence, pour ces derniers, c’est la fréquence des voyages qui détermine s’ils peuvent ou non être autorisés à rentrer au Canada sans avoir à se soumettre à des tests préalables ou à une quarantaine.

Les agents de l'ASFC utilisent toutes les informations dont ils disposent lorsqu'un voyageur cherche à entrer au Canada, afin de déterminer quelles instructions s'appliquent à lui, précise l'ASFC.

Cela signifie que les travailleurs transfrontaliers ne peuvent entrer au Canada sans avoir à satisfaire aux exigences de test et de quarantaine que s'ils ont un lieu de travail habituel et ont un schéma de voyage régulier, généralement défini comme quotidien ou hebdomadaire.

La frontière canado-américaine dans le tunnel reliant Windsor en Ontario et Détroit au Michigan

Des milliers de Canadiens traversent chaque jour pour travailler aux États-Unis.

Photo : Radio-Canada / Marine Lefevre

Selon l'agence, les fournisseurs de services essentiels, notamment les travailleurs de la santé et les camionneurs, sont exemptés des exigences de tests préalables et de quarantaine lorsqu'ils traversent la frontière pour des raisons professionnelles.

Alors qu’en est-il du cas de Kaitlyn Desjardins? L’ASFC dit qu’elle ne commente pas les cas individuels.

En tant que travailleuse de la santé, Mme Desjardins dit comprendre l'importance de la sécurité des gens, mais elle souhaiterait qu'il y ait moins de confusion. Selon elle, le gouvernement fédéral et les autorités frontalières canadiennes doivent se mettre sur la même longueur d'onde pour l’application de ces nouvelles règles à la frontière terrestre entre les deux pays.

Depuis l'incident, elle continue de traverser pour se rendre à son travail à l'hôpital Beaumont de Détroit.

Avec les informations de Sanjay Maru - CBC

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