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La mystérieuse disparition d’un dissident saoudien

Mohammed ben Salmane.

Le 18 février, un nouveau compte Twitter au nom du militant Ahmed Abdullah Al-Harbi est apparu, surmonté d’une photo du prince héritier Mohammed ben Salmane.

Photo : Reuters / POOL New

Radio-Canada

Le Washington Post révélait en fin de semaine qu’un dissident saoudien qui résidait à Montréal a disparu pendant plusieurs jours avant de réapparaître en Arabie saoudite.

Ahmed Abdullah Al-Harbi, 24 ans, a disparu des radars après avoir visité l’ambassade de son pays à Ottawa.

Ses amis militants croient qu’il a été forcé de retourner en Arabie saoudite et craignent qu’il soit contraint de fournir aux autorités saoudiennes des informations qui les mettraient, eux et leurs familles, en danger.

M. Al-Harbi est arrivé au Canada en 2019 et y a obtenu l'asile. Il a collaboré à plusieurs activités avec d’autres opposants saoudiens au Canada.

Il a participé notamment à une émission sur YouTube et à un réseau sur Twitter pour déconstruire le discours propagé par le régime saoudien sur les réseaux sociaux.

Selon Omar Abdulaziz, un dissident saoudien de longue date et résident au Canada, cité par le Washington Post, les autorités saoudiennes pourraient être en mesure de connaître les détails des activités des dissidents à l’étranger.

M. Abdelaziz a indiqué que M. Al-Harbi a quitté tous leurs groupes de messagerie communs.

Il a ensuite contacté deux de ses amis pour leur dire qu’il avait été poussé à révéler les noms d'autres militants aux autorités saoudiennes.

M. Al-Harbi aurait disparu pendant près de trois semaines. Le 18 février, un nouveau compte Twitter à son nom est apparu, surmonté d’une photo du prince héritier Mohammed ben Salmane.

Pas de commentaires au Canada

La Gendarmerie royale du Canada a refusé de commenter cette affaire. Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a déclaré qu'il ne pouvait ni confirmer ni nier s'il avait demandé l'asile au Canada, invoquant des raisons de confidentialité.

Le gouvernement canadien ne s’est pas exprimé sur le sujet.

Le Canada divulgue très peu d’informations sur des situations comme ça […] mais il ne faut pas conclure à l’inaction du gouvernement parce que le gouvernement ne dit pas grand-chose, a expliqué Thomas Juneau, professeur adjoint à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa, dans une entrevue à l’émission 24•60 à ICI RDI.

Selon lui, des cas de kidnappings ou d’assassinats de dissidents à l’étranger, il y en a eu plusieurs […]. Il y en a plus récemment depuis que Mohammed ben Salmane est le prince héritier, depuis quatre ans, mais avant, dans les décennies qui ont précédé, il y a eu quelques cas aussi. Ce n’est pas le premier cas au Canada non plus.

Saad Aljabri, un ancien responsable du renseignement saoudien, qui vit au Canada, a accusé le prince héritier d'avoir tenté de l’assassiner.

Il a d’ailleurs intenté une action en justice l'année dernière contre Mohammed ben Salmane. M. Aljabri allègue également que ses enfants ont été détenus en Arabie saoudite pour le faire revenir.

Le gouvernement saoudien a accusé M. Aljabri de détournement de fonds publics.

Avec les informations de Washington Post

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