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Bond de 34 % des plaintes concernant les services en français au Manitoba

Le remaniement ministériel de 2019 a enrayé la mise en œuvre de politiques de services en français.

La ministre des Affaires francophones du Manitoba, Rochelle Squires, s'exprime devant un micro en gros plan.

La ministre des Affaires francophones du Manitoba, Rochelle Squires.

Photo : Radio-Canada

Le rapport annuel sur les services en français au Manitoba, publié lundi, indique que le nombre de plaintes recevables a augmenté de 34 % en 2019-2020. Plus de la moitié concernaient le secteur des soins de santé.

La publication du rapport a été retardée par la pandémie de COVID-19, selon un porte-parole de la ministre des Affaires francophones.

En 2019-2020, le Secrétariat aux affaires francophones a reçu 36 plaintes, dont 29 ont été jugées recevables. L'an dernier, 22 plaintes ont été envoyées au Secrétariat, dont 19 ont été jugées recevables.

Les plaintes jugées irrecevables concernaient des entités ne relevant pas de la compétence du Secrétariat ni de la Loi sur l’appui à l’épanouissement de la francophonie manitobaine, indique le rapport.

Parmi les plaintes recevables reçues, 55 % concernaient des problèmes dans le secteur des soins de santé, est-il indiqué. À la fin de l’année, le Secrétariat a commencé à recevoir des plaintes sur la difficulté d’obtenir des services en français en ce qui touche la pandémie de COVID-19, poursuit le rapport.

Cependant, le rapport couvre seulement l’exercice financier de mars 2019 à mars 2020, donc seulement le premier mois de la pandémie.

En octobre, Radio-Canada rapportait que les services en lien avec la pandémie étaient responsables de 27 plaintes à compter du 12 mars 2020.

Le rapport de 2019-2020 fournit de nombreux exemples de plaintes. Dans le domaine de la santé, une personne s’est plainte d’avoir fait le choix de l’option de service en français sur une ligne téléphonique automatisée, mais que son appel a été acheminé vers un commis unilingue anglophone.

Au moins une plainte portait sur le manque de services en français pendant les élections provinciales. Une autre concerne le manque d’information en français sur les sites Web de diverses entités publiques.

Légère hausse du nombre d'employés bilingues

Le rapport montre qu’il y a eu une légère augmentation de la capacité bilingue globale des ministères, des sociétés de la Couronne et d'autres entités publiques.

Cependant, parmi les ministères, il y a eu une diminution de 1 % du nombre de postes désignés bilingues et du nombre de ces postes occupés par des titulaires bilingues. Trois postes désignés bilingues sur quatre sont occupés par des personnes bilingues dans les ministères.

Le rapport attribue en partie cette baisse à l’externalisation des services de traduction.

La capacité bilingue globale des sociétés de la Couronne et des autres entités publiques a augmenté de 4 % (33 % ont augmenté leur capacité bilingue, 40 % sont restées au même niveau et 27 % ont connu une diminution).

Le nombre de postes désignés bilingues occupés par des titulaires bilingues a augmenté de 2 %, et un total de 84 % de ces postes sont occupés par des titulaires bilingues, parmi ces entités.

L'un des succès de la province l'an dernier a été de mieux faire connaître la formation sur l’offre active et la formation en langue française aux employés, selon un communiqué.

Ainsi, le nombre total d’employés ayant suivi la formation sur l’offre active a augmenté de 72 % par rapport à l’année précédente, et les inscriptions à la formation en langue française ont augmenté de 17 %, indique le communiqué.

Ce dernier rapport montre que nous continuons d’améliorer les services en français et que les plans sur les services en français des entités publiques sont efficaces, affirme la ministre des Affaires francophones, Rochelle Squires.

Nous renforçons nos capacités bilingues, multiplions les consultations avec la communauté, sensibilisons davantage la fonction publique du Manitoba au concept de l’offre active et mettons en œuvre des stratégies pour mieux soutenir les personnes dont la langue maternelle est le français.

Un remaniement qui a posé des problèmes

Le rapport porte sur la deuxième année de la mise en œuvre des plans stratégiques pluriannuels des services en français des entités publiques.

Le document suit le format établi pour le rapport 2018-2019, qui permet d’évaluer les progrès effectués par diverses entités publiques. Ces progrès sont exprimés sous la forme d’un pourcentage d’entités qui rentrent dans quatre différentes catégories d’avancement vers leurs objectifs pluriannuels.

Les entités publiques qui ont accusé un retard dans l’atteinte d’objectifs mettaient régulièrement en cause le remaniement ministériel suivant l’élection provinciale de 2019. La restructuration des ministères aurait bouleversé la mise en œuvre de politiques de services en français.

La réorganisation ministérielle qui a eu lieu en octobre 2019 a posé des problèmes administratifs aux entités publiques touchées lorsqu’il a été question de rendre compte des résultats en matière de services en français, puisque certains secteurs de programme ont été transférés d’un ministère à un autre, explique le rapport.

La nécessité de créer des mécanismes simples pour garantir une mise en œuvre continue et la présentation de rapports complets dans de telles situations n’est qu’une des recommandations contenues dans le rapport annuel de cette année, poursuit-il.

L’une des conséquences du remaniement a été la mutation d’employés entre ministères. Comme les titulaires bilingues occupant des postes non bilingues ne sont pas systématiquement répertoriés, de nombreux ministères ont eu du mal à déterminer le nombre exact d’employés bilingues qui ont rejoint (ou quitté) leur service, note le rapport.

Le rapport de 31 pages propose 11 recommandations. Plusieurs portent sur une normalisation des procédures concernant la mise en œuvre de politiques de services en français, tel que la création d’un comité des services en français pour chaque entité publique, qui devrait rendre des comptes à un sous-ministre ou au directeur de l’entité.

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