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Accord sur le nucléaire : partie de ping-pong entre Téhéran et Washington

L'entrée de l'Agence internationale de l'énergie atomique à Vienne avec les drapeaux des membres.

Le siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique à Vienne.

Photo : Reuters / Lisi Niesner

Radio-Canada

L’Iran a finalement fait savoir lundi qu’il n’acceptait pas l’offre de dialogue lancée par Washington, considérant que ce n’était pas « le moment approprié » .

Les États-Unis ont attendu 10 jours avant d’avoir la réponse iranienne.

Washington avait donné son accord à une invitation des pays européens signataires de l’accord sur le nucléaire iranien à une réunion informelle à laquelle serait présente la République islamique d’Iran.

Washington a toutefois assuré lundi être toujours prêt à rencontrer l'Iran, sans être dogmatique sur le format de ces discussions.

L’entame de discussions entre les parties est laborieuse en raison des exigences aussi bien des États-Unis que de l’Iran.

Depuis son arrivée au pouvoir, le président américain Joe Biden a répété sa volonté de réintégrer l’accord sur le nucléaire signé en 2015 et abandonné par son prédécesseur, Donald Trump en 2018.

Cependant, l’administration Biden exige que l’Iran remplisse ses obligations prévues dans l’accord. À partir de 2021, Téhéran a en effet commencé à se libérer progressivement de ses engagements.

De son côté, l’Iran exige la levée des sanctions imposées par les Américains depuis leur retrait de l’accord avant d’entamer toute discussion.

Un retour compliqué

Le retour de Washington à l’accord semble être un exercice difficile pour l’administration Biden en raison de plusieurs considérations aussi bien internes qu’externes.

Le projet de Joe Biden est contrarié par l’hostilité ouverte des alliés israéliens et saoudiens. Ces derniers, adversaires de l’Iran, ont fait savoir à plusieurs reprises qu’ils s’opposaient à tout retour de Washington dans l’accord du nucléaire iranien.

Par ailleurs, à l'interne, les républicains mettent aussi de la pression sur l’équipe Biden.

Plusieurs chefs de file républicains au Sénat ont transmis une lettre à M. Biden pour le mettre en garde contre toute concession financière avant les pourparlers.

Les États-Unis ne devraient pas se plier à une urgence ou à des échéances artificielles, comme l'élection présidentielle de juin en Iran, écrivent-ils.

Mais les défenseurs de l'accord de 2015 pressent le gouvernement américain de débloquer la situation, en donnant par exemple son feu vert officiel à la Corée du Sud qui souhaite lever le gel de plusieurs milliards de dollars qu'elle doit aux Iraniens pour des achats de pétroles passés. Ou en approuvant un prêt du Fonds monétaire international à l'Iran.

Pression européenne à l’AIEA

Les Européens vont soumettre cette semaine à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) une résolution condamnant la récente suspension par Téhéran de certaines inspections, selon des sources diplomatiques.

Les Européens expriment leurs vives inquiétudes et appellent l'Iran à reprendre immédiatement l'ensemble du programme d'inspections prévu par l'accord de 2015, que Téhéran a restreint la semaine passée.

La résolution devrait être soumise au vote du Conseil des gouverneurs de l'AIEA vendredi, mais elle ne fait pas l'unanimité parmi les autres signataires du pacte, Moscou et Pékin en tête.

La Russie a mis en garde contre des mesures maladroites et irresponsables susceptibles de miner les perspectives d'un rétablissement intégral de l'accord dans un futur proche, selon un tweet de l'ambassadeur russe Mikhail Ulyanov.

De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, avait auparavant dénoncé une mauvaise manœuvre.

Cette initiative, prise au total mépris des échanges constructifs avec l'Agence, serait absolument contreproductive et destructive, avait prévenu la République islamique dans une note informelle adressée aux États membres et consultée par l'AFP.

Avec les informations de Agence France-Presse

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