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Des groupes environnementaux donnent un F au budget albertain

Une installation d'extraction de sables bitumineux près de la ville de Fort McMurray, en Alberta.

Au lieu de financer une vision environnementale de l'Alberta, le budget soutient l'industrie pétrolière et gazière, selon des organisations environnementales.

Photo : The Canadian Press / JASON FRANSON

Le budget albertain déposé jeudi dernier est une nouvelle « occasion manquée » de définir le rôle de la province dans la lutte contre les changements climatiques, selon des organisations environnementales.

Dans le document de plus de 200 pages (Nouvelle fenêtre) (en anglais seulement), on trouve seulement 9 fois le mot climat, contre 219 fois pour le mot pétrole.

Le décompte peut être considéré comme peu rigoureux, mais, selon plusieurs organisations environnementales, il représente bien le manque de vision de la province quant à la lutte contre les changements climatiques.

Baisse du budget du ministère de l'Environnement

Nous ne nous attendions pas à obtenir des détails sur le plan provincial, puisque l’Alberta n’a pas de plan climatique, et cela se reflète dans le budget, explique le directeur de l’Institut Pembina en Alberta, Chris Severson-Baker.

L’Alberta ne mène pas en matière de changements climatiques, elle résiste.

Une citation de :Chris Severson-Baker, Institut Pembina

Le stratégiste environnemental de Greenpeace Keith Stewart note ainsi que le budget du ministère de l’Environnement est l’un de ceux qui écopent de compressions budgétaires. Ses dépenses en 2021-2022 devront baisser de 23 millions de dollars par rapport au budget précédent.

Un secrétariat aux ESG

Le gouvernement fait toutefois une concession sur les normes environnementales, sociales et de gouvernance (ESG). Le premier ministre Jason Kenney avait qualifié précédemment l’importance de ces normes dans les investissements financiers de thème à la mode , mais il semble avoir changé d’idée.

Le budget indique l’établissement au sein du conseil exécutif d’un secrétariat aux normes ESG, doté d'un budget annuel d’au moins 2 millions de dollars.

Ben Brunnen, de l'Association canadienne des producteurs pétroliers.

Ben Brunnen, de l'Association canadienne des producteurs pétroliers, croit que le budget albertain équilibre bien les besoins économiques et environnementaux.

Photo : CBC / Anis Heydari

L’Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP) applaudit cette initiative. Selon le vice-président responsable des sables bitumineux, Ben Brunnen, les mesures des actions environnementales et sociales des entreprises énergétiques sont devenues des critères essentiels des investissements de capitaux.

Cependant, la manière de rendre compte de ces normes varie d’une entreprise à l’autre.

Nous espérons que ce secrétariat permettra de récolter et de comparer les données ESG pour montrer la performance des entreprises albertaines, indique M. Brunnen.

Un homme tient un document et une femme est assise à côté de lui.

Keith Stewart (en compagnie de Miriam Wilson), de Greenpeace Canada, n'est pas impressionné par les performances du budget albertain en matière d'environnement.

Photo : Queen's Park

Le stratégiste Keith Stewart qualifie cependant cette initiative de War Room 2 en référence au Centre de l’énergie canadienne, dont les activités ont été l'objet de controverses depuis sa création.

Le problème, c’est que le gouvernement continue de clamer haut et fort que les investisseurs ne sont pas au courant des bonnes actions [de l’industrie pétrolière et gazière]. Mais les investisseurs utilisent des outils compliqués. Ils font le choix de transférer leur argent ailleurs. Le fait de continuer de leur répéter la même chose ne va rien changer, affirme M. Stewart.

Ils pensent avoir besoin d’une meilleure stratégie de communication, alors qu’ils ont besoin de meilleures actions.

Une citation de :Keith Stewart, Greenpeace

M. Stewart ajoute que ces normes ne devraient pas être du domaine gouvernemental, mais relever de la responsabilité des entreprises.

L’ACPP ne doute pas que le message de ce secrétariat fasse l’objet de critiques. C’est pourquoi, selon M. Brunnen, il devra s’appuyer sur des sources fiables comme la Régie albertaine de l’énergie, le gouvernement fédéral et des consultants spécialisés.

Des initiatives pour atteindre quel objectif?

Chris Severson-Baker est d’accord pour dire qu’un secrétariat aux ESG pourrait être une bonne idée s’il y avait un message positif à transmettre.

Il note ainsi que le gouvernement finance des initiatives intéressantes par le biais de sa taxe carbone sur les grands émetteurs  TIER. Environ 120 millions de dollars iront ainsi aux recherches technologiques ainsi qu’aux projets de capture et de stockage du carbone.

Chacune de ses initiatives individuelles a du mérite. Mais comment s’harmonisent-elles avec l’objectif climatique de l’Alberta qui n’existe pas? C’est impossible de faire le lien entre ces projets, affirme M. Severson-Baker.

La plus importante enveloppe de fonds de la TIER ne va d’ailleurs pas à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais sera allouée en 2021-2022 à la réduction du déficit et au budget du Centre de l’énergie canadienne.

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