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Les familles migrantes séparées pourront être réunies aux États-Unis

Dans une chambre avec deux lits superposés, une adolescente est assise sur l'un des matelas du bas alors que trois de ses camarades sont étendus par terre; il y a des décorations dessinées à la main sur le mur du fond.

Des remorques qui abritaient autrefois les travailleurs de l'industrie pétrolière dans des suites de deux chambres ont été convertis en dortoirs pour 12 jeunes dans ce qui était, en juillet 2019, un tout nouveau centre de détention pour enfants migrants à Carrizo Springs, au Texas.

Photo : Reuters / Eric Gay

Radio-Canada

Le groupe de travail de l'administration Biden pour la réunification des familles de migrants séparées lors de l'ère Trump offrira aux parents qui auront été retrouvés une réunification avec leurs enfants aux États-Unis ou dans leur pays d'origine, a indiqué lundi le secrétaire américain à la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas.

Nous espérons être en mesure de leur donner le choix et si, en fait, ils cherchent à se réunir ici aux États-Unis, nous explorerons les voies légales pour qu'ils restent aux États-Unis et répondent aux besoins de la famille, a déclaré M. Mayorkas, qui préside le groupe de travail, lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche.

Le groupe de travail avait été formellement annoncé par un décret présidentiel signé au début du mois dernier, en même temps que deux autres décrets migratoires.

Dans un communiqué, le département de la Sécurité intérieure a affirmé que l'option de rester au pays serait offerte dans la mesure où la loi le permet, sans toutefois donner de précisions.

Entre juillet 2017 et juin 2018, plus de 5500 enfants ont été séparés de leurs parents à la frontière dans le cadre des politiques de l'administration Trump mises en place pour lutter contre l'immigration illégale, selon NPR et le Washington Post. Plus de 1400 parents ont été déportés.

Les parents d'environ 500 enfants n'ont toujours pas été identifiés.

M. Mayorkas a déclaré que 105 familles avaient été réunies depuis l'investiture de Joe Biden, le 20 janvier.

La politique « tolérance zéro » de l'administration Trump est l'exemple le plus percutant et le plus déchirant de la cruauté qui a précédé cette administration, a soutenu Alejandro Mayorkas.

Il s'agit de l'une des politiques migratoires de l'ère Trump que l'administration Biden s'efforce d'annuler, mais M. Mayorkas a averti que les changements ne se réaliseraient pas du jour au lendemain.

Il faut du temps pour émerger des abîmes de la cruauté dans lesquels l'administration précédente nous avait plongés.

Une citation de :Alejandro Mayorkas, secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis

Pour la suite, l'administration Biden collabore avec d'autres pays, comme le Salvador, le Guatemala et le Honduras, ainsi qu'avec des organisations non gouvernementales et les avocats des familles séparées, a-t-il ajouté.

Et nous avons l'intention de tirer profiter des capacités, des ressources et de la volonté du secteur privé, et nous le ferons bientôt, a-t-il précisé.

Les avocats des familles ont accueilli favorablement la décision, qu'ils réclamaient, mais ont réclamé davantage de détails.

Ces familles séparées ont extrêmement souffert à cause de ce qu'a fait notre gouvernement, et nous leur devons réparation. Cela inclut une voie vers la citoyenneté, des soins et des ressources pour les aider, a déclaré le directeur général de l'association de défense des libertés civiles (ACLU), Anthony Romero, dans un communiqué.

En juin 2018, peu après la mise en œuvre de sa politique, Donald Trump avait dit ne pas avoir le choix, affirmant que son gouvernement ne faisait qu'appliquer la loi. Le lendemain, il faisait pourtant volte-face, signant un décret mettant fin à la séparation des familles migrantes.

Le nombre de mineurs non accompagnés est en hausse

Les États-Unis doivent aussi composer avec une augmentation du nombre d'arrivées de mineurs non accompagnés.

La semaine dernière, les responsables américains le long de la frontière sud ont placé en détention environ 2000 enfants migrants, selon les données gouvernementales examinées par CBS News.

En janvier, dernier mois pour lequel des statistiques mensuelles sont disponibles, le Bureau de réinstallation des réfugiés a accueilli plus de 4000 enfants non accompagnés, une augmentation de 19 % par rapport au mois précédent, selon le réseau de télévision.

Le secrétaire à l'Intérieur a reconnu que cette hausse représentait un défi ardu, mais s'est toutefois refusé à parler de crise.

Entretien entre Biden et Obrador

Le président Joe Biden, assis au bout de leur table devant un drapeau mexicain, avec Alejandro Mayorkas à ses côtés, et Andrés Manuel López Obrador, sur un écran, entre des drapeaux américain et mexicain.

Le président Joe Biden était entre autres accompagné du secrétaire à la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas, lors de son appel avec son homologue mexicain, Andrés Manuel López Obrador.

Photo : Reuters / KEVIN LAMARQUE

Quelques jours après sa première rencontre virtuelle avec le premier ministre canadien, Justin Trudeau, Joe Biden s'entretenait par ailleurs en après-midi avec le président mexicain, Andrés Manuel López Obrador.

Pendant la portion publique de la rencontre, les deux hommes ont insisté sur la nécessité du dialogue et d'une bonne relation entre les deux pays.

Les États-Unis et le Mexique sont plus forts lorsque nous sommes solidaires, a assuré M. Biden au début de la réunion. L'histoire entre nos nations, qui n'ont pas toujours été des voisins parfaits, est longue et compliquée. Mais nous avons vu à plusieurs reprises le pouvoir et la détermination que nous donne notre coopération. Et nous sommes plus en sécurité lorsque nous travaillons ensemble.

Selon les informations de la Maison-Blanche, la migration devait figurer parmi les questions abordées, tout comme la gestion de la pandémie, la sécurité et la coopération économique.

Le journal mexicain Reforma a rapporté que M. López Obrador entendait proposer à son homologue la mise en place d'un éventuel programme de travailleurs invités. Selon le quotidien, le leader mexicain évalue que les États-Unis ont besoin de 600 000 à 800 000 nouveaux travailleurs par an pour maintenir leur taux de croissance.

Avec les informations de NBC News, CBS News, NPR, Reforma, et Associated Press

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