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Quand la pandémie chamboule son plan de carrière

Ils ont changé de métier en raison de la pandémie de COVID-19.

Ils ont changé de métier en raison de la pandémie de COVID-19.

Photo : Radio-Canada

Ils étaient serveur dans un restaurant, guide touristique, pilote d'avion et pianiste. Quatre secteurs d'activités qui ont été durement frappés par un ralentissement économique. C'était avant la COVID-19.

Aujourd'hui, ils sont devenus chauffeur d'autobus, gestionnaire de contenu, directeur de magasin et préposé aux bénéficiaires. Pour les uns, cette conversion n'était pas dans les plans, mais pour les autres, la COVID-19 a tout simplement devancé leur projet.

Rêve brisé

Lukas Swierczek rêvait depuis longtemps de faire carrière comme pilote d'avion. Un rêve que le Français d'origine pensait enfin réaliser après son émigration au Canada.

Je suis au Québec depuis quatre ans. J'étais à la recherche d'une nouvelle carrière, en voulant réaliser mon rêve de faire ce que je n'avais pas pu faire à 18 ans, raconte Lukas Swierczek. Après la crise, il y avait un manque incroyable de pilotes partout dans le monde. C'est dans ce contexte que j'ai commencé ma formation de pilote.

Après avoir déboursé plus de 70 000 $ pour l'obtention de sa licence de pilote, l'homme de 36 ans se retrouve derrière les commandes d'un avion. Il effectuera son premier vol commercial le 24 février 2020.

Quelques semaines après, la COVID est arrivée, relate Lukas Swierczek. J'ai fait partie de la deuxième vague de licenciements cet été, me retrouvant avec peu d'expérience dans un marché où des dizaines de pilotes avec des années de métier ne trouvaient pas d'emplois.

Ç'a été vraiment dur. D'abord une période d'incrédulité, parce qu'on s'est tellement investi, et puis une grosse remise en question.

Une citation de :Lukas Swierczek

Une fois le choc encaissé, Lukas Swierczek se remet vite en selle. Sa quête d'un nouvel emploi va durer trois mois.

Ç'a été assez difficile parce que les compagnies regardaient ma candidature : une expérience en Europe, un CV de pilote. Est-ce qu'il va savoir s'adapter? Est-ce qu'il ne va pas partir dès que l'aviation va se remettre en route? illustre Lukas Swierczek.

Lukas Swierczek devant un avion.

Lukas Swierczek rêvait de devenir pilote d'avion. Après avoir fait son premier vol commercial, la pandémie l'a forcé à se convertir en directeur de magasins de meubles en Beauce.

Photo : Radio-Canada

Finalement, le vent tourne pour lui. Un magasin de Saint-Georges en Beauce le recrute comme directeur, un emploi dans le commerce au détail, un secteur dans lequel il a évolué plusieurs années en Europe.

Ils m'ont donné ma chance. Je suis heureux dans ce métier et dans une région que j'apprécie, se réjouit Lukas Swierczek.

Encore aujourd'hui, quand je vois des histoires d'aviation aux nouvelles, il y a toujours un petit pincement au cœur.

Une citation de :Lukas Swierczek, directeur général de Meubles RD à Saint-Georges

Si, dans un avenir rapproché, l'industrie de l'aviation devait redécoller de plus belle, Lukas n'exclut pas complètement un retour vers le pilotage. Mais pour l'instant, il entend maintenir le cap vers sa nouvelle vie professionnelle.

Sincèrement, ce serait mentir que dire que j'ai complètement abandonné, puisque la passion est toujours là, mais d'une certaine façon, j'ai fait mon deuil en comprenant que ce ne serait pas tout de suite, voire peut-être pas. Plus on approche de la quarantaine, moins on est intéressant pour les grandes compagnies aériennes. Mon objectif aujourd'hui, c'est d'avancer le plus possible avec ma nouvelle carrière, conclut Lukas.

Jouer pour les bénéficiaires

Pendant 25 ans, Antoine Breton a brillé sur de nombreuses scènes comme pianiste professionnel.

J'ai joué dans toutes sortes de groupes. Dernièrement, avec Tea for 20's, illustre Antoine Breton.

C'est en lisant un article sur le travail de préposé aux bénéficiaires qu'il a eu un déclic.

J'ai dit : "C'est le temps d'aller m'inscrire [au programme de formation]". En même temps, c'est arrivé à point, parce que j'étais frustré depuis un certain temps de la musique, parce que j'ai l'impression que les gens s'intéressent très peu à l'artisanat musical. J'avais l'impression de jouer dans le vide souvent. C'est ma passion qui en souffrait, se rappelle Antoine Breton.

Antoine Breton au piano.

Antoine Breton a gagné sa vie comme pianiste professionnel pendant 25 ans, avant de suivre la formation pour devenir préposé aux bénéficiaires.

Photo : Radio-Canada

Après une formation, le musicien de 44 ans a été recruté dans un CHSLD dans Bellechasse.

J'avais besoin depuis un bout de temps de me sentir utile, que l'on comptait sur moi, et je retrouve ça dans ce métier.

Une citation de :Antoine Breton

Ce passionné de musique n'a pas pour autant abandonné le piano. Il continue de pratiquer, mais à son rythme, et en tire, dit-il, plus de satisfaction. Il lui arrive même parfois d'interpréter des mélodies bénévolement pour les résidents du CHSLD pendant ses pauses.

Je leur joue mon répertoire de "guimauve", dit-il avec une certaine tendresse dans la voix pour les bénéficiaires. Je les aime beaucoup. C'est du temps que je donne. Je pense qu'ils apprécient plus que beaucoup de gens que j'ai croisés dans ma carrière.

De guide touristique à gestionnaire de contenu web

Il y a cinq ans, Marie-Pierre Lessard, 31 ans, a créé sa propre entreprise de tours guidés pour la ville de Québec. Un travail qui la passionne. L'arrivée en mars de la crise sanitaire a mis fin abruptement à ses activités.

J'ai eu peur. Ça m'a vraiment fait de la peine de perdre tous ces contrats, tout ce que j'avais bâti. De ne pas voir mes touristes cette année, ça vraiment été dur, se souvient Marie-Pierre Lessard.

Marie-Pierre Lessard devant son ordinateur.

Marie-Pierre Lessard a été guide touristique pendant cinq ans avant de devenir gestionnaire de communauté.

Photo : Radio-Canada

Mais une opportunité s'est rapidement offerte à elle. La compagnie canadienne Mélasse Grandma lui a proposé un poste de gestionnaire de contenu pour le site web de l'entreprise.

On m'a offert tellement quelque chose qui tombait dans mes cordes. Ça faisait quelque temps que j'alimentais un blogue pour mon entreprise sur les attraits à Québec, comme les restaurants, la culture.

Je me suis rendu compte que j'avais plein de compétences en marketing, en gestion de communautés. Je me suis donc dit que j'ai toutes les compétences pour le faire.

Une citation de :Marie-Pierre Lessard

En plus de Mélasse Grand-Ma, son principal client, Marie-Pierre a trouvé d'autres contrats de gestion de contenu web. Elle compte d'ailleurs conserver ses deux entreprises lorsque l'industrie touristique reprendra.

Je pense quand même garder mon contrat avec Mélasse Grand-Ma, car ils m'ont fait confiance dès le début. Et ça m'a apporté une certaine stabilité dans une industrie, comme on l'a vu, qui est plus ou moins stable, constate Marie-Pierre Lessard.

Martin Légaré au volant d'un autobus.

Martin Légaré était serveur avant de devenir chauffeur d'autobus au RTC.

Photo : Radio-Canada

De serveur à chauffeur d'autobus

Pendant 20 ans, Martin Légaré a été serveur dans un restaurant.

La passion est venue sur le terrain. Pendant mes études à l'université, je travaillais comme serveur. J'ai toujours aimé le service à la clientèle et j'étais passionné de gastronomie.

À part quelques semaines pendant le confinement, l'homme de 45 ans a toujours travaillé au cours de la pandémie. Mais bien avant la crise sanitaire, Martin Légaré était en processus pour une conversion professionnelle.

La pandémie a été l'événement déclencheur qui m'a fait réorienter ma carrière. J'ai devancé les choses. Le processus était déjà enclenché, explique Martin Légaré

En restauration, il y a eu un moment creux. Ç'a juste fait de me dire "go!" et de me lancer.

Une citation de :Martin Légaré

Entre ses heures au boulot, Martin Légaré entreprend une formation comme chauffeur d'autobus au RTC.

Je me sens vraiment à ma place. C'est une continuité avec ma personnalité. J'aime le service à la clientèle.

Depuis le 27 février, Martin Légaré est chauffeur d'autobus au RTC.

Il est venu, le rêve. Ça faisait longtemps que j'y pensais.

Une citation de :Martin Légaré

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