•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Crise en Arménie : le premier ministre se dit prêt à des élections anticipées

Nikol Pachinian.

« Allons aux élections pour voir de qui le peuple réclame la démission », a déclaré le premier ministre arménien, Nikol Pachinian, à des partisans rassemblés dans la capitale Erevan, le 1er mars 2021.

Photo : AFP / ARIS MESSINIS

Agence France-Presse

Le premier ministre arménien, dont la démission est réclamée par l'opposition, se dit prêt à des élections législatives anticipées pour mettre fin à la crise politique que connaît ce pays du Caucase depuis une défaite militaire dans le Haut-Karabakh, l'automne dernier.

Cette déclaration de Nikol Pachinian survient alors qu'il a réuni lundi des milliers de ses partisans en plein centre de la capitale, Erevan, pour montrer que le peuple est disposé à soutenir l'ordre démocratique.

L'opposition organisait de son côté une manifestation de ses soutiens en même temps, dans un autre endroit de la ville, pour obtenir son départ.

Vazgen Manoukian le poing en l'air sur scène.

Le chef de l'opposition arménienne, Vazgen Manoukian, prononce un discours lors d'un rassemblement pour exiger la démission du premier ministre arménien, Nikol Pachinian, à Erevan, le 1er mars 2021.

Photo : Reuters / ARTEM MIKRYUKOV

Si l'opposition parlementaire est d'accord pour des élections anticipées, nous serons aussi d'accord, a lancé M. Pachinian, dont le parti dispose actuellement d'une majorité au Parlement, devant environ 10 000 partisans réunis sur la place de la République.

Allons aux élections pour voir de qui le peuple réclame la démission, a-t-il déclaré.

Nikol Pachinian, seul responsable de la défaite arménienne

Nikol Pachinian a admis avoir commis des erreurs et a présenté ses excuses, mais il a rejeté une nouvelle fois les appels à sa démission.

Seul le peuple peut décider qui restera au pouvoir, a souligné M. Pachinian, arrivé au pouvoir en 2018 sur la vague d'une contestation populaire du régime de l'ex-président Serge Sarkissian.

L'opposition réclame la démission de Nikol Pachinian, qualifié de traître depuis qu'il a accepté en novembre, sous pression, un accord de paix entérinant une défaite humiliante face à l'ennemi juré, l'Azerbaïdjan, dans la région indépendantiste du Haut-Karabakh.

Rassemblement de milliers de personnes à Erevan.

Des partisans du premier ministre arménien Nikol Pachinian ont tenu un rassemblement le 1er mars 2021 dans le centre-ville de la capitale, Erevan.

Photo : Reuters / Karo Sahakyan/PAN Photo

Nous ne voulons pas le retour des anciens dirigeants; nous avons élu Pachinian et nous lui faisons confiance, a déclaré Nariné Garibian, une artiste de 59 ans, lors du rassemblement en soutien du premier ministre.

Pour plusieurs milliers de partisans de l'opposition réunis lundi près du Parlement, c'est au contraire Nikol Pachinian qui est le seul responsable de la défaite.

Ils ont vendu notre terre, s'insurgeait ainsi Ovesp Ovessepian, retraité de 65 ans. Pachinian est le seul responsable pour avoir perdu la guerre, lui seul, a-t-il assuré.

Les manifestants ont mis en place, près du Parlement, un camp de tentes en promettant d'y rester jusqu'à ce que M. Pachinian et son gouvernement démissionnent, selon un journaliste de l'Agence France-Presse.

Rassemblement du 1er mars 2021 à Erevan.

Des partisans du premier ministre arménien Nikol Pachinian ont tenu un rassemblement le 1er mars 2021 dans le centre-ville de la capitale, Erevan.

Photo : Reuters / Photolure

Appel à démissionner

Les manifestations rivales de lundi ont coïncidé avec l'anniversaire des troubles ayant suivi l'élection présidentielle de mars 2008, lesquels avaient fait 10 morts.

La confrontation entre le premier ministre et l'opposition, qui couvait depuis des mois dans ce pays pauvre du Caucase, a été ravivée de façon spectaculaire jeudi par l'appel de l'état-major à la démission de Nikol Pachinian. Le premier ministre a immédiatement dénoncé une tentative de coup d'État militaire, ordonné le limogeage du chef de l'armée et rassemblé le jour même 20 000 sympathisants dans la rue.

De son côté, l'opposition s'est aussi mobilisée avec trois jours consécutifs de manifestations, de jeudi à samedi.

D’importantes pertes territoriales

Aggravant davantage la situation, le président Armen Sarkissian – un adversaire politique de Nikol Pachinian – a refusé de valider le limogeage du chef de l'armée, samedi, arguant que la crise ne peut pas être résolue par des changements fréquents de responsables.

Un homme passe devant une maison en feu.

En novembre 2020, des villageois du Haut-Karabakh ont mis le feu à leurs maisons avant de fuir vers l'Arménie et l'arrivée des Azerbaïdjanais.

Photo : afp via getty images / ALEXANDER NEMENOV

Face au risque de débâcle, l'armée arménienne avait demandé en novembre au chef du gouvernement, après six semaines de combat, d'accepter un cessez-le-feu négocié par le président russe Vladimir Poutine et qui entraînait d'importantes pertes territoriales ainsi que le déploiement de forces de la paix russes.

Si elle a gardé l'essentiel de la région séparatiste, l'Arménie a perdu la ville symbolique de Choucha ainsi qu'un glacis de territoires azerbaïdjanais entourant la région. La guerre a fait environ 6000 morts.

L'armée soutenait jusqu'à présent le premier ministre, mais elle l'a lâché la semaine dernière, après le limogeage d'un haut gradé qui avait critiqué les déclarations de M. Pachinian selon lesquelles la défaite était en partie due à l'inefficacité d'un système d'armement russe, les lance-missiles Iskander.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !