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Patrick Mutombo, l'artiste-peintre aux commandes du club-école des Raptors

Patrick Mutombo pose aux côtés d'une de ses toiles.

Quand il n'est pas sur les terrains de basketball, Patrick Mutombo s'adonne à la peinture, son autre passion.

Photo : Instagram/Patrick Mutombo

11 ans après avoir mis fin à sa carrière de joueur de basketball dans la ligue de développement de la NBA, Patrick Mutombo y est revenu pour faire ses classes comme entraîneur-chef.

Le Congolais, seul entraîneur du réseau de la NBA originaire d'un pays d'Afrique francophone, a pris les commandes du club-école des Raptors cet hiver. Il y est venu dans l'espoir de faire ses preuves, lui qui n'a été qu'entraîneur adjoint partout où il est passé.

J'y ai réfléchi et j'ai réalisé que c'était la prochaine étape, a-t-il dit à la presse au début du camp d'entraînement de sa nouvelle équipe, le 1er février dernier.

Un mois plus tard, il se sent parfaitement à sa place.

Il y a beaucoup de décisions qui doivent être prises et c'est quelque chose qui, honnêtement, me plait beaucoup, confie-t-il au téléphone lors d'une journée de congé.

L'objectif, c'était de venir et d’essayer de donner une plateforme où les joueurs peuvent jouer et se développer. Le reste, ça allait dépendre un peu de nous, les entraîneurs.

En dépit d'un calendrier écourté, Mutombo, qui n'a aucun lien de parenté avec Dikembe Mutombo, devenu légende dans la NBA pour ses prouesses défensives, a beaucoup de succès dans la G-League. Son équipe a remporté ses cinq derniers matchs et présente un dossier de neuf victoires et trois revers.

L'intensité qu'il apporte depuis la ligne de touche peut être ressentie sur le terrain, a indiqué le centre Henry Ellenson après la victoire de 125-124 des Raptors 905, lundi, contre le Charge de Canton.

Dans la victoire comme dans la défaite, il est intense. Des fois, dans le monde professionnel, les entraîneurs ne sont pas comme ça. Mais j'aime ça de lui. Il tient les gars responsables. Il nous fait jouer dur. Il nous fait jouer de manière altruiste. Il a fait le tour du jardin. Il a dirigé (dans la NBA). Il sait ce qu'il faut pour gagner, a ajouté son coéquipier Matt Mooney.

J'aime définitivement jouer pour coach Mutombo. Pour un entraîneur de première année, il fait un travail d'enfer.

Une citation de :Nik Stauskas, joueur des Raptors 905

Une étape à la fois

Patrick Mutombo s'entretient avec d'autres entraîneurs lors d'un temps d'arrêt.

Patrick Mutombo, 2e à partir de la gauche, a fait son entrée comme entraîneur dans la NBA avec les Nuggets de Denver.

Photo : Getty Images / Doug Pensinger

Patrick Mutombo a pris les rênes du club-école des Raptors après avoir passé les quatre dernières années à appuyer Dwane Casey, puis Nick Nurse à Toronto. Il était adjoint de Nurse quand la formation canadienne a remporté le premier titre de son histoire en 2019.

Il a eu sa première chance d'intégrer le personnel d'entraîneurs d'une équipe de la NBA en 2012. Les Nuggets de Denver, dont Masai Ujiri était alors le directeur général, lui ont offert un poste de coordonnateur du développement des joueurs. Il est devenu entraîneur adjoint ensuite, pour deux saisons.

Entre ces expériences, il a aussi été entraîneur adjoint du club-école des Spurs de San Antonio.

Cela dit, ce désir d'être entraîneur ne lui est pas venu dès son tout jeune âge.

J'ai joué en Italie. Et puis j'ai joué en Grèce. Et puis je suis venu jouer en G-League. Et, lorsque j'étais blessé, je me suis rendu compte que j'aidais beaucoup. J'aidais beaucoup les jeunes et c'est quelque chose pour lequel j'avais beaucoup de passion, raconte Mutombo qui fêtera ses 41 ans dimanche.

J'avais toujours ce désir d'enseigner, de les conduire. C'est là que ce désir de devenir entraîneur s'est révélé en moi. Et depuis lors, tout ce que j'ai approché, ç'a été avec cet objectif, en me disant que je pourrais aider de plus en plus de monde au fur et à mesure.

Un artiste comme Nick Nurse

Un homme qui joue de la guitare en souriant et un autre qui bouge au son de la musique.

L’entraîneur-chef des Raptors, Nick Nurse, et le chanteur du groupe Arkells, Max Kerman, sur scène à Toronto.

Photo : Twitter/Arkells

Dans le vestiaire des Raptors de Toronto, l'art occupe une grande place.

L'an dernier, Serge Ibaka, qui a depuis rejoint les Clippers de Los Angeles, disait qu'il ne s'habillait pas. Il faisait de l'art. À l'extérieur des terrains, l'entraîneur-chef Nick Nurse a offert plusieurs performances musicales, au piano ou à la guitare.

Mutombo, qui est plus discret, se réfugie dans son atelier de peinture quand il en sent l'envie.

Je pense que ça fait partie de ce que je suis. Ça fait partie de ma personnalité. Il y a des gens qui ont besoin d'aller faire du vélo. Il y a des gens qui ont besoin d'aller courir. Moi, j'ai besoin de peindre. Et de faire de l’art, dit-il.

Patrick Mutombo tient de grandes toiles qu'il a peintes à bout de bras.

Cette œuvre de Patrick Mutombo s'intitule « Sacrifice(s) ».

Photo : Instagram/Patrick Mutombo

Ses pinceaux ne l'ont pas quitté même s'il a plié bagage pour aller diriger les 905 à Orlando, en Floride, où l'équipe dispute sa saison dans un environnement contrôlé. J'ai mes pinceaux, j'ai mes toiles, j'ai mon atelier portable avec moi, précise-t-il.

Lors de ses deux premières semaines dans la bulle de la G-League, Mutombo n'a pas eu l'occasion de s'adonner à son autre passion, trop occupé à apprendre les rouages du métier d'entraîneur-chef.

Il y a tellement de choses qui se passent en coulisses que je ne savais pas. Je ne savais pas que les entraîneurs-chefs avaient pour responsabilité de parler avec le (personnel) médical, de parler avec la direction, d'avoir des (rencontres) avec des joueurs, les entraîneurs, avec les médias, etc. Là, je m'y retrouve assez bien.

Au début, le temps me manquait, mais là, je me force à trouver le temps, dit-il, à quelques minutes d'attaquer de nouvelles toiles.

Les Raptors 905 entrent dans la dernière ligne droite de leur saison, qui prendra fin samedi avec un duel contre le Magic de Lakeland. La quête d'un championnat en éliminatoires suivra.

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