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Plus de 300 candidatures en lice pour le prix Nobel de la paix

Un buste d'Alfred Nobel.

En tout, 329 personnes ou organismes ont été mis en candidature cette année pour la prestigieuse récompense.

Photo : Associated Press / Henrik Montgomery

Agence France-Presse

Des efforts internationaux visant à débarrasser l'humanité de la COVID-19 aux défenseurs de la liberté de la presse : en tout, 329 candidatures, aussi éclectiques que l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Donald Trump et Reporters sans frontières, sont en lice pour le Nobel de la paix 2021.

Un total de 234 individus et 95 organismes ont cette année été proposés pour la prestigieuse récompense, a annoncé lundi l'Institut Nobel, soit le troisième nombre le plus élevé de ses 120 ans d'histoire.

Le nom des candidats reste secret pendant au moins 50 ans, mais leurs parrains – parlementaires et ministres de tous les pays; anciens lauréats; certains professeurs d'université... – annoncent parfois publiquement le nom de leur poulain.

Actualité oblige, plusieurs de ces candidats ont à voir avec la pandémie de COVID-19, un fléau qui empoisonne la planète depuis un an.

Cela a été une année particulière, marquée par la COVID, et il aurait été étonnant que cela ne se reflète pas dans la nature des candidatures, a commenté auprès de l'Agence France-Presse (AFP) le directeur de l'Institut Nobel, Olav Njølstad, sans trahir la confidentialité d'usage.

À l'origine du système COVAX, lequel vise à donner un accès aux vaccins aux pays défavorisés, l'OMS, l'Alliance du vaccin (GAVI) et la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) sont ainsi dans la course.

Le directeur de l'Institut de recherche pour la paix d'Oslo, Henrik Urdal, en a fait son favori pour le Nobel à ce stade-ci.

Deux hommes transportent des boites de doses de vaccins à bord d'un véhicule sur le tarmac de l'aéroport d'Accra.

La première cargaison de vaccins contre la COVID-19 du programme COVAX est arrivée à l'aéroport d'Accra, au Ghana, le 24 février 2021.

Photo : AFP / Nipah Dennis

COVAX, c'est un candidat qui, aujourd'hui, doit encore faire ses preuves, mais qui sera d'une importance cruciale s'il est couronné de succès, a-t-il expliqué à l'AFP.

La situation actuelle, avec le nationalisme vaccinal grandissant et une pression toujours plus forte à l'intérieur des pays [sur les groupes à vacciner en priorité], soulève la question extrêmement importante des perdants de la crise sanitaire globale, souligne-t-il.

En cette ère des fausses nouvelles, la liberté de la presse et de l'information est aussi bien représentée parmi les candidatures.

Plan rapproché de la jeune fille.

La jeune militante climatique Greta Thunberg fait partie des nominations de cette année.

Photo : Associated Press / Paul White

Reporters sans frontières, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), l'International Press Institute (IPI) ou encore les vérificateurs de faits du réseau mondial International Fact-Checking Network (IFCN) – dont fait partie l'AFP – ont ainsi été proposés.

Idem pour Zineb El Rhazoui, l'ex-collaboratrice franco-marocaine de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo – dont la rédaction a été décimée par une attaque terroriste début 2015 –, et pour la journaliste philippine Maria Ressa, cible de poursuites judiciaires après avoir critiqué la politique du président philippin Rodrigo Duterte.

Parmi les autres candidatures figurent des opposants, comme le trio de femmes bélarusses mené par Svetlana Tikhanovskaïa, et le Russe Alexeï Navalny, en prison dans son pays après avoir été victime d'une tentative d'empoisonnement.

Photo d'Alexeï Navalny fournie par le tribunal de Moscou.

Le leader de l'opposition russe Alexeï Navalny lors d’une audience au tribunal de Moscou, le 2 février 2021

Photo : Reuters

Grâce à cette nomination, nous sommes désormais connues, et cette attention est extrêmement importante [...] dans notre lutte pour une future Biélorussie démocratique, soulignait Mme Tikhanovskaïa en octobre dernier.

On trouve aussi cette année le mouvement antiraciste Black Lives Matter (La vie des Noirs compte); la Suédoise Greta Thunberg, égérie de la cause climatique; l'agence de l'Organisation des Nations unies (ONU) pour les réfugiés (HCR); ou encore Julian Assange et le site WikiLeaks, qu'il a fondé.

Des candidatures parfois étonnantes

Sont également en lice l'ex-président américain Donald Trump, son gendre Jared Kushner, le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou et le prince héritier émirati Mohammed ben Zayed Al-Nahyane, crédités d'avoir fait avancer la paix au Moyen-Orient en travaillant au rapprochement entre Israël et des pays du monde musulman.

Donald Trump.

L’ancien président des États-Unis Donald Trump

Photo : Reuters / CHERISS MAY

Être proposé pour le prix n'a en soi pas valeur d'adoubement de la part du comité Nobel, qui accepte toutes les candidatures, pour peu qu'elles aient été envoyées avant la date limite du 31 janvier par des personnes habilitées à le faire.

Autres candidats connus : l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN); une campagne pour l'interdiction des robots tueurs; le mouvement scout; ou encore des militants prodémocratie à Hong Kong.

Il n'est pas sûr, toutefois, que le comité Nobel ose froisser Pékin, 11 ans après la tempête diplomatique déclenchée par l'attribution du Nobel au dissident Liu Xiaobo.

La Chine rejettera fermement toute tentative par quiconque d'utiliser le prix Nobel de la paix pour s'ingérer dans [ses] affaires intérieures, a averti le chef de sa diplomatie, Wang Yi, en visite à Oslo en août dernier.

Un jeune portant un masque se tient debout, bras levé, devant une foule de manifestants.

Des centaines de milliers de personnes ont manifesté l'an dernier à Hong Kong contre un projet de loi qui prévoyait l'extradition en Chine continentale des personnes arrêtées à Hong Kong.

Photo : Getty Images / Anthony Kwan

Le nom du lauréat sera annoncé le 8 octobre prochain.

En 2020, le prix Nobel de la paix avait couronné le Programme alimentaire mondial (PAM), agence onusienne et plus grand organisme humanitaire mondial de lutte contre la faim.

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