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Collision avec un train : le conducteur de la voiture était confus, conclut le BST

Une voiture emboutie par un train entourée de pompiers et secouristes.

La collision est survenue à l'intersection de la rue Poincaré et du boulevard Gouin, dans Ahuntsic-Cartierville, à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Laurianne Croteau

Le conducteur de la voiture happée par un train à Montréal, le 18 février 2020, aurait été paralysé par un trop-plein de stimuli alors qu’il était sur la voie ferrée. C’est ce qui aurait causé la collision ayant entraîné sa mort, révèle le rapport d’enquête du Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada.

L’événement, survenu vers 9 h 30 ce jour-là dans l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, a été capté par la caméra de surveillance d’un commerce.

Au moment où le train approchait, les feux clignotants ont été déclenchés et les barrières se sont abaissées. Le septuagénaire a toutefois immobilisé sa voiture à la hauteur de la barrière, qui s’est abaissée sur le toit. Il s’est alors avancé sur la voie.

L’homme de 74 ans passait un examen de conduite et était accompagné d’un évaluateur de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), indique le rapport. Un professionnel de la santé lui avait remis en 2018 une déclaration d’inaptitude à conduire à cause d’une baisse de sa vue, ce qu’il avait contesté.

Il passait donc un examen de conduite ce jour-là afin de déterminer s’il avait développé des aptitudes compensatoires pour conduire de façon sécuritaire. Le rapport relate que son évaluateur a tenté d’intervenir à plusieurs reprises.

Autour de la scène, plusieurs autres personnes ont tenté d’aider le conducteur. Un véhicule qui était arrêté derrière lui klaxonnait, et un pompier, qui participait à un exercice non loin de là, s’est approché du véhicule en agitant les bras, sans succès.

Les deux hommes ont été gravement blessés et transportés à l’hôpital. L’évaluateur, un homme dans la trentaine, était dans un état critique. Le conducteur a quant à lui succombé à ses blessures le jour même.

Carte du lieu de la collision.

Le lieu de la collision, comme illustré dans le rapport du Bureau de la sécurité des transports du Canada.

Photo : Google Maps, avec annotations du BST

Encombrement visuel et auditif

Parmi les stimuli qui ont probablement déconcentré le conducteur, les enquêteurs mentionnent les feux clignotants, les barrières en mouvement du passage à niveau, le klaxon du véhicule derrière l’automobile, le sifflet de la locomotive et le passager, qui le pressait d’avancer. Il neigeait aussi abondamment et la visibilité était réduite.

L’ensemble de ces stimuli a vraisemblablement entraîné la confusion du conducteur, conclut le rapport du BST. De surcroît, la faible visibilité et le champ visuel binoculaire inférieur réduit du conducteur ont possiblement augmenté son temps de réaction.

Les résultats de l'enquête confirment que les deux membres de l’équipe étaient qualifiés et qu’ils ont pratiqué toutes les manœuvres exigées par le protocole, notamment l'activation du sifflet et des freins d’urgence. Le train et l’automobile n'avaient aucun défaut mécanique.

Le train de banlieue EXO 182, qui relie Saint-Jérôme à Montréal, transportait 232 passagers. Il n’y a eu aucun blessé à bord du train.

Les enquêteurs soulignent qu’environ 40 % des collisions à des passages à niveau se produisent durant les mois d’hiver. Ils conseillent aux usagers de la route de tenir compte des conditions météorologiques pour pouvoir s’immobiliser de manière sécuritaire lorsque les dispositifs de signalisation automatiques entrent en fonction.

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