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CAE met la main sur une division de L3Harris Technologies pour 1,3 milliard $

Un piéton passe devant le siège social de CAE à Montréal.

Siège social du spécialiste des simulateurs de vol à Montréal

Photo : Reuters / Christinne Muschi

La Presse canadienne

Alors que l'aviation commerciale continue d'être secouée par la pandémie de COVID-19, CAE accroît sa présence dans le secteur de la défense en achetant les activités de formation militaire de la société américaine L3Harris Technologies pour 1,35 milliard de dollars canadiens.

Il s'agit de la plus importante transaction réalisée par la multinationale québécoise, fondée en 1947.

Le spécialiste des simulateurs de vol et de la formation – dans lequel la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a décidé de réinjecter 475 millions de dollars, ce qui fait qu'elle deviendra son plus important actionnaire – devrait ainsi doubler sa taille dans le secteur de la défense au sud de la frontière.

Cela nous procure une masse critique pour pouvoir soumissionner sur n'importe quel programme, a fait valoir le président et chef de la direction de CAE, Marc Parent, lundi, au cours d'une conférence téléphonique après l'annonce de la transaction.

Le budget américain de la défense [plus de 700 milliards de dollars américains] est le plus important au monde, a-t-il souligné.

La compagnie devrait ainsi pouvoir soumissionner sur d'importants appels d'offres de formation et de simulation militaires, un segment dans lequel le département américain de la Défense dépense environ 14 milliards de dollars américains par année, selon sa haute direction.

Cette acquisition, la quatrième annoncée par l'entreprise en autant de mois, était accueillie favorablement par les investisseurs.

À la Bourse de Toronto, lundi, le titre de CAE a décollé pour toucher un sommet des 52 dernières semaines en se transigeant temporairement à 38,93 $ – près de son sommet historique d'environ 41,50 $ enregistré en février 2020, avant la crise.

L'action a clôturé à 37,98 $, en hausse de 4,30 $, ou 12,8 %.

À la clôture de la transaction, prévue au cours de la deuxième moitié de l'année, le secteur de la défense devrait représenter près de la moitié des revenus annuels de l'entreprise, soit une proportion équivalente au secteur civil.

En 2020, la division militaire de CAE représentait environ 37 % de ses recettes, qui s'étaient chiffrées à 3,6 milliards de dollars. La société exploite également une division qui propose des simulateurs ainsi que des solutions de formation au secteur de la santé.

Au cours de la première année suivant la clôture, l'entreprise s'attend à une augmentation supérieure à 10 % de son bénéfice par action.

Plus diversifiée

Les activités achetées par CAE – L3Harris Link Simulation & Training, Doss Aviation et AMI – comptent environ 1600 employés et génèrent des revenus annuels d'environ 640 millions de dollars canadiens.

Cette division propose également de la formation virtuelle, ce qui, selon M. Parent, est de plus en plus prisé. Elle se spécialise notamment dans les systèmes d'entraînement pour les avions de chasse et bombardiers, les sous-marins et les avions télépilotés de l'armée américaine – des activités complémentaires à celles de CAE, d'après l'entreprise.

M. Parent a ajouté que la société québécoise pourra offrir des solutions de formation dans cinq secteurs névralgiques : aérien, terrestre, naval, spatial et cybernétique.

Dans une note envoyée à ses clients, Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, a écrit que l'achat des activités de formation militaire de L3Harris constituait une acquisition transformationnelle pour le segment de la défense chez CAE.

L'entreprise combinée sera le deuxième acteur en importance de la simulation et de la formation auprès des clients américains de la défense, a souligné l'analyste. La division de L3Harris est également bien positionnée pour croître sur de nouveaux programmes militaires.

M. Doerksen a également estimé que la structure de financement de la transaction permet à CAE d'avoir un bilan qui lui permettra de réaliser d'autres acquisitions, particulièrement dans le secteur civil.

Des retombées au Québec?

C'est surtout aux États-Unis – qui représentent 83 % des recettes générées par les activités de formation militaire de L3Harris – que CAE gonfle sa présence avec sa plus récente prise.

Sans promettre d'embauches dans l'immédiat, M. Parent a dit qu'il y aurait des retombées au sein des installations québécoises de l'entreprise, où le couperet est tombé au cours de la dernière année en raison de la crise sanitaire.

L'effectif québécois de CAE est d'environ 4000 employés.

La recherche et développement dans le secteur de la défense qui sera faite aux États-Unis entrera en complémentarité avec nos activités au Québec. Nous allons augmenter le nombre de simulateurs que nous allons faire, et c'est au Québec qu'ils sont [construits].

Une citation de :Marc Parent, président et chef de la direction de CAE

L'achat des activités de formation de L3Harris est financé entre autres par les placements privés de la CDPQ ainsi que celui du fonds souverain GIC Private Limited (225 millions de dollars), établi à Singapour.

Le bas de laine des Québécois, qui avaient déjà injecté 150 millions de dollars en novembre dernier, sera le plus important actionnaire de CAE, avec une participation d'environ 8 %.

Si la CDPQ a injecté 625 millions de dollars dans CAE depuis l'automne, c'est en raison de son modèle d'affaires résilient et parce que la compagnie est bien positionnée pour profiter de la relance, a souligné son porte-parole, Serge Vallières.

Malgré les turbulences provoquées par la pandémie, CAE a été active au chapitre des acquisitions ces derniers mois.

En décembre, l'entreprise avait conclu une entente pour acheter Merlot Aero, une société spécialisée dans les logiciels de gestion des équipages dans l'aviation civile. CAE avait également annoncé, en novembre, l'acquisition de la société européenne Flight Simulation Company et de TRU Simulation, une division de Textron.

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