•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une enquête internationale réclamée sur l'empoisonnement d'Alexeï Navalny

Alexeï Navalny lors d'un rassemblement politique.

Le gouvernement russe nie catégoriquement que l'opposant Alexeï Navalny a été empoisonné.

Photo : Reuters / Shamil Zhumatov

Agence France-Presse

Deux expertes des Nations unies réclament une enquête internationale sur l'empoisonnement en août du principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, tandis que l'Union européenne (UE) a officialisé des sanctions contre de hauts fonctionnaires russes.

Le gouvernement ne peut pas échapper à ses obligations, ont déclaré Agnès Callamard, rapporteuse spéciale sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, et Irene Khan, rapporteuse spéciale sur la promotion et la protection de la liberté d'opinion et d'expression.

Ces expertes indépendantes demandent en outre à Moscou la libération immédiate du principal opposant au Kremlin.

Étant donné la réponse inadéquate des autorités nationales, l'utilisation d'armes chimiques interdites [...], nous pensons qu'une enquête internationale devrait être menée de toute urgence afin d'établir les faits et de clarifier toutes les circonstances concernant l'empoisonnement de M. Navalny, ont-elles déclaré dans un communiqué.

Elles montrent du doigt l'implication très probable de représentants du gouvernement, probablement à un niveau élevé.

Nous pensons que l'empoisonnement de M. Navalny au Novitchok a été délibérément commis pour envoyer un avertissement clair et sinistre que ce serait le sort de quiconque critiquerait et s'opposerait au gouvernement.

Une citation de :Agnès Callamard et Irene Khan, par voie de communiqué

Cet agent innervant, mis au point à des fins militaires à l'époque soviétique, a précisément été choisi pour susciter la peur.

Les deux expertes, dont l'avis n'engage pas l'Organisation des Nations unies (ONU), demandent depuis août au gouvernement russe de veiller à ce qu'une enquête crédible, transparente et respectant les normes internationales soit menée rapidement et à ce que les conclusions soient rendues publiques.

Estimant la réponse des autorités insatisfaisante, elles soulignent qu'une enquête internationale est particulièrement cruciale maintenant que M. Navalny est détenu par le gouvernement russe et qu'il est soumis à son contrôle.

L'UE impose des sanctions

À Bruxelles, les États membres de l'Union européenne ont de leur côté officialisé lundi des sanctions contre quatre hauts fonctionnaires russes impliqués dans les procédures judiciaires engagées contre M. Navalny et dans la répression menée contre ses partisans.

Selon deux sources européennes, les personnalités sanctionnées sont Alexandre Kalachnikov, directeur des services pénitenciers; Alexandre Bastrykine, responsable du comité d'enquête russe; Igor Krasnov, procureur général; et Viktor Zolotov, chef de la Garde nationale de Russie. Leurs noms doivent être publiés mardi au journal officiel de l'UE.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Grouchko, a déclaré que son pays répondrait bien sûr aux sanctions de l'UE. L'Union européenne continue sur une voie absolument illégale; c'est une impasse absolue, a-t-il déclaré, cité par l'agence de presse russe Interfax.

Les Européens avaient déjà décidé à la mi-octobre de sanctionner six personnalités russes, dont des proches du président Vladimir Poutine, après l'empoisonnement d'Alexeï Navalny.

Des décisions arbitraires et déraisonnables

La justice russe a confirmé la semaine dernière la condamnation du militant anticorruption de 44 ans dans une affaire de fraude datant de 2014 que l'intéressé, tout comme de nombreuses capitales occidentales et organisations non gouvernementales (ONG), dénonce comme politique.

Son arrestation le 17 janvier a provoqué en Russie d'importantes manifestations, auxquelles les autorités ont répondu par plus de 11 000 arrestations, suivies généralement d'amendes et de peines de prison.

Alexeï Navalny a par ailleurs été condamné à une amende pour diffamation, et plusieurs autres affaires judiciaires l'attendent, notamment une enquête pour escroquerie, passible de 10 ans de prison.

Le principal opposant au Kremlin est arrivé dimanche à 200 kilomètres à l'est de Moscou, dans la région de Vladimir, pour purger dans une colonie pénitentiaire une peine de deux ans et demi de prison, que lui et ses soutiens dénoncent comme politique.

Alexeï Navalny est visé par de multiples procédures judiciaires depuis son retour en Russie, en janvier, de cinq mois de convalescence en Allemagne à la suite d'un empoisonnement, dont il accuse le président Vladimir Poutine et les services secrets russes d'être responsables.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !