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La pandémie amène des défis particuliers pour les personnes non-voyantes

Une personne âgée avec un déficit visuel.

Une personne âgée avec un déficit visuel.

Photo : iStock

Radio-Canada

Des personnes non-voyantes disent avoir perdu en autonomie et se sentir plus isolées depuis le début de la pandémie.

Stéphanie Hamelin en fait partie. En raison des mesures sanitaires, la jeune femme ne peut plus aller faire l’épicerie seule et doit maintenant être accompagnée.

Il y a des "X" par terre, mon chien guide n’est pas habitué à faire ça. Il n’est pas habitué non plus à contourner les gens, fait que des fois, je ne respecte pas le deux mètres, même si je voulais, explique-t-elle.

Certaines mesures utilisées pour limiter la propagation de la COVID-19 peuvent aussi nuire à sa compréhension.

Il y a des espèces de plexiglas quand on arrive au comptoir [des épiceries]. Avec le bruit des gens autour, c’est difficile d’entendre les caissiers qui nous parlent. [...] Je n’ai pas de feedback visuel, donc ça me stresse vraiment, remarque-t-elle.

Ce que je trouve difficile, c’est le fait d’avoir perdu beaucoup d’indépendance. Il faut vraiment que je sorte avec mon conjoint.

Une citation de :Stéphanie Hamelin, qui est non-voyante.

Isolement

Ce n’est par ailleurs pas toujours facile de trouver un accompagnateur en temps de pandémie, remarque Nathalie Simard, coordonnatrice de l’Association des personnes handicapées visuelles de l'Estrie.

L’accompagnement, quand tu voulais faire quelque chose [avant la pandémie], les gens avaient quelques amis. Là, avec les contraintes, il faut en choisir un. Si l’ami n’est pas disponible, ça devient difficile. Les gens veulent tellement faire attention, que des fois ils vont dire "je vais déléguer mon épicerie, je ne vais pas le faire”, souligne-t-elle.

Pour plusieurs, la pandémie est donc synonyme d’isolement.

Dans la maison, on est deux. C’est moins pire que si on était tous seuls. Mais quand on ne voit pas du tout, aller voir par la fenêtre ce qui se passe dehors… on ne voit pas grand-chose, remarque Sandra Turgeon, qui est non-voyante et qui trouve difficile de rester à l'intérieur depuis le début de l’hiver.

Son conjoint Jean-Paul Turgeon, qui est lui aussi non-voyant, explique que ses sorties sont limitées puisque la pandémie le prive souvent de son sens du toucher.

Tu es mal à l’aise de toucher à tout ce que tu passes, ce que j’aimais bien faire avant. Les outils, les appareils électroniques dans une boutique spécialisée… Mais là, on n’ose plus faire ça.

Une citation de :Jean-Paul Turgeon, qui est non-voyant

Avant Noël, j’étais allé dans un magasin. Je voulais acheter des boucles d’oreille. Tu les touches, mais où on était, il fallait absolument mettre des gants en caoutchouc, ce que je comprends, mais quand tu touches quelque chose avec des gants de caoutchouc, la texture n’est plus la même. Quand elle [sa conjointe] a reçu les boucles d’oreille à Noël, c’était bien beau, mais ce n’était pas comme je pensais que c’était!, raconte-t-il en riant.

Lui et sa femme disent tous les deux avoir très hâte de recevoir leur vaccin contre la COVID-19.

Avec les informations de Jean Arel

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