•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Nouvelles échauffourées à Barcelone contre l'arrestation d'un rappeur

Depuis l'arrestation de Pablo Hasél le 16 février, plus de 110 manifestants ont été arrêtés en Catalogne.

Un voiture de police incendiée.

Une voiture de police a été incendiée lors d'une manifestation en soutien au chanteur de rap Pablo Hasel à Barcelone, en Espagne, le samedi 27 février 2021.

Photo : Reuters / ALBERT GEA

Agence France-Presse

Fourgonnette de police incendiée, poubelles en feu et pillages : onze jours après l'arrestation en Espagne du rappeur Pablo Hasél, les manifestations ne faiblissaient pas à Barcelone, et un nouveau rassemblement a dégénéré samedi en affrontements avec la police.

La manifestation, dont le mot d'ordre était Lluitar, crear poder popular (combattre, créer du pouvoir populaire en catalan), se tenait notamment en soutien au rappeur condamné et emprisonné pour des tweets attaquant la monarchie et les forces de l'ordre, mais portait globalement d'autres revendications sociales.

Plusieurs centaines participants ont défilé derrière une large banderole annonçant : Jusqu'à ce qu'ils tombent. Rien à perdre. Tout à gagner, selon un journaliste de l'AFP.

Des milliers de manifestants dans les rues de Barcelone, le 27 février 2020.

Des milliers de manifestants se sont rassemblés à Barcelone sur le thème « combattre, créer du pouvoir populaire » pour dénoncer l'arrestation du rappeur Pablo Hasél, devenu un symbole de la liberté d'expression en Espagne.

Photo : AFP / JOSEP LAGO

Le cas de Pablo démontre que nous vivons dans un État fasciste, qu'il faut se battre et qu'il s'agit d'une violation des droits fondamentaux.

Une citation de :Adria, un manifestant

Qui suis-je pour juger de ce qu'il met dans ses paroles. Mais qu'ils le condamnent pour ça me paraît une atteinte à la liberté d'expression, a affirmé Barbar Salazar, un médecin de 36 ans.

Des actes de vandalisme inacceptables

Le rassemblement a dégénéré en début de soirée, donnant lieu à des actes de vandalisme et au saccage d'agences bancaires dont l'une a été incendiée.

Vitrines brisées, façades taguées et jets de cocktail Molotov dont l'un a brûlé un fourgon de police, plusieurs émeutiers encapuchonnés s'en sont pris, selon plusieurs tweets de la police catalane aux commerces, et en particulier aux banques qui a confirmé qu'un de ses véhicules était avait été brûlé, tout comme de nombreuses poubelles ou conteneurs.

Au moins dix personnes ont été arrêtées au cours de ces affrontements, a indiqué la police catalane sur Twitter, dont l'une est impliquée dans l'incendie de la camionnette.

Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez a jugé dans un tweet inacceptables les actes de vandalisme et de violence qui ont secoué cette nuit Barcelone, apportant tout son soutien à la police.

Depuis la mi-février, plus de 110 manifestants ont été arrêtés dans cette région du nord-est, selon la police.

Le nouveau symbole de la liberté d'expression

Pablo Hasél, 32 ans, a été condamné à neuf mois de prison pour apologie du terrorisme, pour avoir traité le roi Juan Carlos 1er de mafieux, fait l'éloge de personnes impliquées dans des attaques et accusé la police d'avoir tué et torturé des migrants et des manifestants.

Le rappeur de 32 ans lève le poing, entouré par de nombreux policiers équipés de casques et de vestes.

Le rappeur Pablo Hasél, lors de son arrestation le 16 février 2021.

Photo : Getty Images / AFP / J. MARTIN

Son arrestation le 16 février dans des circonstances assez spectaculaires au sein de l'université de Lérida, où il était barricadé avec des sympathisants voulant empêcher son arrestation, a entraîné des protestations marquées par des incidents dans plusieurs autres villes d'Espagne comme Madrid, Valence et Grenade.

À Barcelone, où cette fronde sociale est la plus marquée, de violentes manifestations viennent quasi quotidiennement dénoncer le taux de chômage des jeunes record au niveau de l'Union européenne (40,2 %), la précarité, ou encore la hausse des loyers.

L'emprisonnement de Pablo Hasél a également relancé le débat sur la liberté d'expression en Espagne et renforcé les divergences au sein de la coalition gouvernementale entre les socialistes du président Pedro Sanchez et le parti Podemos (gauche radicale) qui soutient les manifestations.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !