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Un organisme sensibilise aux problèmes de dépendance aux drogues au Manitoba

Rebecca Rummery devant un panneau attaché à un arbre et expliquant que 138 Manitobains sont morts de surdoses durant les six premiers mois de 2020.

Rebecca Rummery a perdu son petit ami d'une surdose en 2018. Elle est l'organisatrice du Black Balloon Day au Manitoba.

Photo : Radio-Canada / Travis Golby

L'organisme Overdose Awareness Manitoba lance une campagne d’une semaine à l’occasion du Black Balloon Day qui aura lieu samedi prochain, le 6 mars. Le groupe a installé 138 ballons noirs sur la promenade Churchill en hommage aux 138 Manitobains décédés de surdoses dans les six premiers mois de 2020.

Lorsque Rebecca Rummery évoque les personnes décédées après une surdose, elle parle d’enfants .

Ils avaient la vingtaine ou la trentaine, mais encore toute leur vie devant eux , se justifie-t-elle avec émotion.

Pour la cofondatrice de l’organisme Overdose Awareness Manitoba, cette campagne pour la journée du ballon noir le 6 mars prochain est un devoir de souvenir .

C’est important de faire cela, car cette cause tombe dans l’oubli

Une citation de :Rebecca Rummery, cofondatrice de l’organisme Overdose Awareness Manitoba

Rebecca Rummery a, elle-même, perdu son petit-ami à la suite d'une surdose en 2018.

Alors qu’elle accroche sa photo à l’un des arbres de la promenade Churchill, au centre-ville de Winnipeg, quelques larmes coulent à mesure que Rebecca Rummery explique les circonstances tragiques de cette mort.

Nous sommes ici avec des familles et des proches de victimes de surdoses pour tirer la sonnette d’alarme , souligne-t-elle tout en précisant qu’au Manitoba, le nombre de morts par surdose a potentiellement doublé en 2020 par rapport aux années précédentes.

Né aux États-Unis en 2015, le Black Balloon Day vise à sensibiliser la population générale aux problèmes de dépendance et de surdose. Il est depuis devenu un événement international et est commémoré pour la troisième année au Manitoba.

Stigmatisation et honte de la dépendance

Jody Wasserman est aussi venu accrocher une photo sur la promenade Churchill. Celle de son frère, Josh Zeller décédé le 26 février 2019.

Si elle est ici aujourd'hui, c'est pour essayer de sauver d'autres personnes, à défaut d'avoir pu sauver son frère.

Je veux juste que les gens réalisent que ces personnes sont comme tout le monde, explique-t-elle. Actuellement, il y a une telle stigmatisation de leur dépendance qu’ils ont honte et ne demandent pas de l’aide et ils meurent à cause de cela.

La dépendance est un problème de santé mentale. Cela peut toucher tout le monde.

Une citation de :Jody Wasserman, membre du groupe Overdose Awareness Manitoba
Jody Wasserman à côté d'un arbre où est accrochée une photo de son frère avec ses dates de naissance et de mort.

Jody Wasserman est venue rendre hommage à son frère décédé d'une surdose à l'âge de 36 ans en 2019.

Photo : Radio-Canada / Travis Golby

Des propos appuyés par Rebecca Rummery qui estime que la honte et la stigmatisation empêchent les personnes en situation de dépendance de demander de l’aide.

Elle demande aussi aux responsables politiques à tous les niveaux de s’impliquer plus dans la lutte contre la dépendance.

Mme Rummery affirme que rencontrer les familles et proches des victimes de surdoses et connaître leurs histoires permettrait de mettre en place des politiques plus conscientes.

Plus tôt cette semaine en conseil municipal à Winnipeg, le maire de la capitale manitobaine, Brian Bowman, s’est prononcé en faveur d’une étude pour examiner les avantages d’un centre de consommation supervisée de drogues. À l’issue de cette réunion, il avait avoué : J’ai rencontré trop de familles, j’ai rencontré trop de parents qui ont perdu des êtres chers à cause de la dépendance, et cela m’oblige à essayer d’agir.

Avec les informations Holly Caruk.

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