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Des vêtements compressifs, comme une seconde peau pour de grands brûlés

Une récente étude menée à Québec confirme les bienfaits du vêtement compressif.

Vêtements compressifs et masques pour grands brûlés

Un masque compressif en thermoplastique haute densité et une empreinte faciale du patient

Photo : Radio-Canada

Le 19 juin 2018, Yvan Bilodeau passait d'agréables moments entouré d'amis et de ses proches, dans son chalet de La Durantaye, dans la région de Bellechasse. La soirée a rapidement tourné au cauchemar pour l'homme de 56 ans, qui a été transformé en torche vivante en quelques secondes.

Le feu de camp ne voulait pas prendre, raconte Yvan Bilodeau. Je suis allé chercher un gallon d'éthanol et je l'ai versé sur le feu. Le gallon a explosé et ç'a tout éclaboussé sur mes jambes. J'ai brûlé en 20 secondes. Un de mes amis a mis un recouvrement sur mes jambes et à ce moment-là, j'ai arrêté de brûler.

Yvan Bilodeau est resté 21 jours aux soins intensifs, dont cinq jours dans un coma provoqué. Il a été brûlé sur près de 45 % de son corps, principalement aux membres inférieurs.

J'ai pensé mourir à ce moment-là. C'était épouvantable.

Une citation de :Yvan Bilodeau

À l'hôpital, le moral était très bas. On en a pleuré beaucoup. Je ne savais pas si j'allais remarcher, poursuit-il.

Yvan Bilodeau recevant des traitements.

Yvan Bilodeau a porté un vêtement compressif pendant près d'un an.

Photo : Radio-Canada / Courtoisie

Des vêtements sur mesure pour grands brûlés

Parmi la gamme de traitements, dont une greffe, Yvan Bilodeau a porté pendant près d'un an un vêtement compressif.

C'est un vêtement qui est confectionné dans un tissu élastique et qui est moulu sur le corps dont la partie qui doit guérir, explique Brigitte Gagnon, cheffe du Programme des aides techniques en appareillage à l'Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ).

L'idée, c'est d'amener une compression égale, pour ne pas qu'il y ait un surdéveloppement des cellules qui essaient de se réparer et que ça amène l'apparition de cicatrices qu'on appelle hypertrophiques et qui amène notamment une mauvaise mobilité.

Les vêtements sont confectionnés à l'atelier de couture de l'IRDPQ. Chaque année, quelque 300 vêtements sont créés sur mesure pour plus d'une centaine de patients de tout l'Est du Québec.

Tous les 2 à 3 mois, on change les vêtements, parce que le tissu perd un peu de son élasticité. Il faut constamment garder une compression optimale ajoute Brigitte Gagnon.

L'ergothérapeute Valérie Émond fait la démonstration du port d'une manche compressive.

Une manche compressive faite sur mesure.

Photo : Radio-Canada

Toutes les parties du corps peuvent être couvertes, même le visage.

Certaines cicatrices des grands brûlés peuvent être jusqu'à quatre fois plus épaisses qu'une cicatrice normale. On demande de porter le vêtement compressif 23 heures sur 24, parce que la peau est en tout temps active, et pour une période d'un an, précise Valérie Émond, ergothérapeute attachée à l'unité spécialisée dans les soins pour les grands brûlés de l'Enfant-Jésus, CHU de Québec.

Ce vêtement va aider à améliorer l'apparence des cicatrices et diminuer les démangeaisons.

Une citation de :Valérie Émond, ergothérapeute, CHU de Québec

Une étude confirme la pertinence du service

Fruit d'une collaboration entre les équipes professionnelles du CIUSSS de la Capitale-Nationale et du CHU de Québec, une récente étude confirme les bienfaits du vêtement compressif.

Le dernier rapport qui vient de sortir démontre que l'offre de service est adéquate et qu'on est vraiment à jour dans ce qui se fait dans le monde, résume Valérie Émond.

Des usagers ont d'ailleurs fait l'objet d'une consultation dans le cadre de cette étude d'évaluation d'offre de service.

Les usagers ont dit qu'ils avaient trouvé que ces vêtements étaient efficaces.

Une citation de :Valérie Brodeur, ergothérapeute à l'IRDPQ.

Ce qui ressort à la fin, c'est qu'on a des pistes d'amélioration pour les prochaines années par rapport au confort des vêtements et aussi pour s'assurer d'avoir la bonne pression, conclut Valérie Brodeur, ergothérapeute à l'IRDPQ.

Yvan Bilodeau, qui a repris le travail près d'un an après son accident, dit avoir constaté une nette amélioration de ses cicatrices grâce au vêtement compressif.

Mes jambes sont quand même belles. Ce qui a été bon, lorsque mes jambes étaient brûlées, c'est que ça compresse les jambes et ça t'aide à marcher, se rappelle Yvan Bilodeau.

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