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La ministre Elliott justifie les retards de livraison d'équipements de protection

La commission d'enquête sur les foyers de soins de longue durée a entendu mercredi les témoignages de la ministre de la Santé et de sa sous-ministre.

La ministre ontarienne de la Santé, Christine Elliott, en conférence de presse.

La ministre ontarienne de la Santé, Christine Elliott

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

La ministre ontarienne de la Santé, Christine Elliott, explique que le réapprovisionnement en équipements de protection individuelle (EPI) a été retardé parce que la province passait alors à un nouveau système d’approvisionnement centralisé.

La transcription du témoignage (Nouvelle fenêtre) de la ministre Elliott devant la Commission d’enquête sur la COVID-19 dans les foyers de soins de longue durée a été rendue publique vendredi soir.

La vice-première-ministre était accompagnée de sa sous-ministre, Helen Angus. Leur audience s’est déroulée mercredi à huis clos.

Lors de son témoignage, la ministre a déclaré qu’elle s’attendait à ce que les réserves d’équipements de protection soient reconstituées après la destruction d’un stock de matériel périmé.

Elle dit toutefois ne pas avoir compris que les choses avaient été retardées à cause de la transition vers un système d’approvisionnement centralisé, juste avant la pandémie.

La commission avait appris en janvier que la province n’avait pas reconstitué ses réserves en EPI durant les années précédant la pandémie.

Une grande partie de l’offre d’EPI avait été détruite en décembre 2019, parce que le matériel était périmé. Par conséquent, les réserves d’équipement de protection individuelle étaient insuffisantes dans le système de santé lorsque la pandémie a frappé la province.

L’un des avocats de la commission, John Callaghan, avait déclaré dans un témoignage qu’il ne restait plus que 10 % du matériel de protection, dont la plus grande partie était destinée à lutter contre le virus Ebola et non contre une maladie comme le coronavirus. 

Vous n’êtes jamais allée au cabinet, vous n’êtes jamais allée vers qui que ce soit pour dire que la sécurité des Ontariens allait requérir un stock suffisant pour se protéger durant la pandémie? Vous n’avez jamais fait cette suggestion?, a demandé M. Callaghan à la ministre.

Celle-ci a répondu que cela n’avait pas été nécessaire, car on s'attendait à ce que ce soit reconstitué [le stock].

Je n’étais pas au courant que cela avait été ralenti par la centrale d’approvisionnement. Je sentais qu’il y avait des retards, mais je ne savais pas que c’était à cause de cela.

Une femme tient un pancarte sur laquelle on voit une photo de ses parents avec l'inscription "Justice for my parents". Derrière elle, on peut voir l'immeuble de l'Assemblée législative.

Des proches d'aînés qui sont morts dans des foyers de soins de longue durée manifestaient devant Queen's Park le 23 juin 2020.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

De nombreux foyers manquaient d’EPI

La pandémie a dévasté les foyers de soins de longue durée, avec des centaines d’éclosions et  3865 décès parmi les résidents.

La commission doit présenter le 30 avril un rapport qui comprendra des recommandations visant à empêcher que cette situation se répète.

John Callaghan a insisté auprès de la ministre Elliott pour savoir si le gouvernement provincial devrait être tenu responsable si la commission découvre que le manque d’EPI au début de la pandémie a entraîné des morts dans les foyers de soins de longue durée.

L’avocat a aussi noté que, selon la commission, beaucoup de ces établissements n’avaient pas reçu d’équipements de protection quand la crise a commencé.

Une employée d'une résidence de soins de longue durée pousse un patient assis sur un fauteuil roulant. Les deux personnes sont masquées.

Le gouvernement de l'Ontario a publié un nouveau décret d'urgence pour augmenter les effectifs dans les établissements de soins de longue durée.

Photo : CBC/Evan Mitsui

La perte d’une vie est tragique. C’est une chose pour laquelle, je pense, chacun dans le gouvernement sent une part de responsabilité, a déclaré Christine Elliott.

Mais je savais qu’il y avait des inspections dans les foyers de soins de longue durée. J’aurais pensé que les inspecteurs allaient vérifier si ces foyers avaient des provisions d’EPI, a-t-elle ajouté.

Quand on lui a demandé si le maintien d’un stock approprié d’EPI devrait être assuré par une loi dans les foyers de soins de longue durée, la ministre a répondu qu’elle ne pensait pas cela nécessaire, indiquant qu’il était déjà requis d’en avoir dans ces établissements.

La sous-ministre de la Santé, Helen Angus, a témoigné aux côtés de Christine Elliott. Elle a déclaré qu’il serait utile de décrire les exigences pour les foyers plus en détail à l’avenir, avant de considérer un mécanisme visant à les contraindre.

Les conseils des scientifiques pas toujours écoutés

La ministre Elliott a également défendu la décision du gouvernement l’été dernier d’effectuer des tests de dépistage à la COVID-19 sur quiconque le désirait. La commission dit avoir entendu lors des auditions que cette décision allait à l’encontre des recommandations de plusieurs scientifiques qui conseillent le gouvernement, en particulier à la lumière de ce qui se passait dans les foyers pour aînés.

Avec le recul, on constate que c’était en raison de l’augmentation de la transmission communautaire. Il était nécessaire de savoir d’où cela venait et de mieux comprendre comment le virus se propageait dans les communautés, a-t-elle justifié.

Une femme reçoit une dose d'un vaccin contre la COVID-19.

Des experts s’opposent à l’idée de faire appel à des personnes âgées pour réaliser des essais cliniques de candidats vaccins contre la COVID-19.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

John Callaghan a indiqué que les scientifiques avaient prévenu la province que ce n’était pas une stratégie efficace. En fait, cela retarde les réponses aux tests, parce qu’il y en a trop et que certains sont inutiles.

Il a également demandé pourquoi l’Ontario n’avait effectué aucune simulation de la pandémie avant que celle-ci la frappe de plein fouet. Selon lui, cela aurait probablement signalé en amont le manque de laboratoires capables d’effectuer les tests.

Helen Angus a quant à elle reconnu que les retards dans le traitement de ces tests étaient parfois manifestement inacceptables, mais elle a aussi souligné que le problème découlait de l’absence d’un système de laboratoire intégré et que la province avait rapidement agi pour résoudre ce problème et accélérer la cadence.

Avec les informations de Presse canadienne

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