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Les droits fondamentaux des itinérants bafoués à Guertin, selon un rapport

Trois sans-abri logés à Guertin devant les portes de l'aréna. La photo est volontairement hors focus.

Cinquante-neuf personnes en situation d’itinérance ont été logées au centre d'hébergement temporaire de l'aréna Guertin, en mai, en raison de la pandémie.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Conditions de vie précaires, manque de services, enjeux de sécurité et de santé publique… La situation à l’aréna Guertin, transformé en centre d’hébergement pour itinérants, est grave, selon un rapport rendu public vendredi.

L’ancien domicile des Olympiques de Gatineau accueille, depuis mai, une soixantaine de personnes en situation d'itinérance. Le centre d’hébergement se voulait une solution d’urgence et temporaire pour désengorger les refuges et permettre une distanciation physique.

Une patinoire avec des cubicules dessus.

Le manque d'intimité, de chambres avec porte et d'espace personnel favorise le vol selon le rapport.

Photo : Radio-Canada / Jacques Corriveau

Mandaté par la Soupe populaire de Hull, qui gère le centre, le Collectif régional de lutte à l’itinérance de l’Outaouais (CRIO) a produit un rapport dressant un portrait sombre des conditions de vie des usagers et de celles des employés.

Le rapport conclut que les droits à la dignité, à la sécurité, au logement des citoyens hébergés ne sont pas reconnus dans les conditions actuelles du centre. Les mesures sanitaires y seraient difficilement applicables en raison de la quantité de personnes, mais surtout de leur état psychologique.

Pour des raisons diverses (personnes en désorganisation, personnes en état de consommation, personnes en état de survie), il y a un certain clivage dans la compréhension des dits enjeux chez certains résidents de l’aréna Robert-Guertin, ce qui empêche une application totale des mesures et favorise un sentiment d’injustice vécu par ces personnes qui ne saisissent pas l’urgence des impacts pandémiques.

Une citation de :Rapport du CRIO

Le CRIO a récolté les commentaires de quatre hommes et une femme, ainsi que du personnel du centre, du directeur général de la Soupe populaire et de la direction du refuge le Gîte Ami. Les usagers se sont plaints du manque d’infrastructures permettant le maintien de l’hygiène et de la santé. Aucune buanderie n’est disponible sur place, la température de l’eau des douches varierait entre froide et bouillante et plus qu’un lavabo ne serait disponible pour les hommes.

On est en situation de crise quasi permanente dans un milieu hautement cacophonique, où il y a crise après crise, et il y a des effets domino qu'on voit, explique Alexandre Deschênes, l’auteur du rapport, en entrevue.

Celui-ci dévoile que l’intimité des cubicules faisant office de chambres est compromise, voire inexistante, et fait état d'un environnement de constante tension, hautement anxiogène.

Un cubicule dans lequel se trouvent un lit, un bureau et une chaise.

Les cubicules font office de chambres au Centre Robert-Guertin, transformé en refuge.

Photo : Radio-Canada / Jacques Corriveau

L’inaction de Québec à blâmer

Le rapport montre du doigt l’inaction et le manque de financement du gouvernement du Québec.

Nous concluons que les droits à la dignité, à la sécurité, au logement des usagers ne sont pas reconnus dans de telles conditions. Que leur chance de sortie dans de telles conditions est compromise, voire inexistante. Qu’une telle situation au Québec, en 2021, est inacceptable , conclut le rapport.

Ce sont des citoyens comme tous les autres citoyens québécois. Nous sensibilisons le gouvernement provincial de s'engager concrètement, de nous offrir les moyens nécessaires pour nous permettre de redonner la dignité aux citoyens qui vivent ici à Bob Guertin.

Une citation de :Michel Kasongo, directeur général de la Soupe populaire de Hull

Le CRIO somme le gouvernement provincial d'agir et recommande la relocalisation des usagers dans des lieux mieux adaptés aux différents besoins.

Le ministre responsable de la région de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, et le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, n’ont pas répondu à nos demandes d’entrevue, souhaitant prendre connaissance du rapport.

Avec les informations de Rémi Authier

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