•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Encore à l'école, mais déjà entrepreneurs écologiques

Des chaussures sont posées sur une table. Des élèves sont assis tout près, portant des masques, certains avec des ordinateurs portables.

Des élèves du secondaire du Collège Sainte-Anne, à Montréal, ont mis au point un concept de chaussures écologiques qu'ils commencent à mettre en vente.

Photo : Radio-Canada

Marie-Claude Morin

Des élèves de quatrième et cinquième secondaire s'initient à l'entrepreneuriat de façon très concrète au Collège Sainte-Anne, à Montréal. Ils ont développé un concept de chaussures écologiques qu'ils commencent maintenant à mettre en marché, deux ans après le lancement du projet.

Une enseignante, Brigitte Dionne, avait alors décidé de créer une entreprise spécialement pour offrir des stages originaux et très concrets aux élèves.

Les jeunes devaient postuler, passer une entrevue et s'inscrire dans le département qui les interpellait, raconte Mme Dionne, qui en est toujours propriétaire.

Les jeunes se sont impliqués de A à Z. Ils ont trouvé le nom Scoloco, créé trois modèles avec des designers et choisi un manufacturier, au Portugal, qui répondait à leurs critères éthiques. Ils s'occupent maintenant de la mise en marché de la première commande de 300 paires, vendues 240 $ chacune.

Ça devait être un cours d'économie, donc qui aurait pu être très théorique, mais comme le Collège Sainte-Anne s'inscrit beaucoup dans la pédagogie active, on voulait que les élèves soient très impliqués, très engagés, explique Marilou Bourassa, l’une des enseignantes responsables du projet.

Dépareillées et écoresponsables

Les chaussures gauches et droites sont différentes, pour promouvoir la diversité au sens large, et faites de matériaux écologiques. Le cuir est fabriqué à partir de résidu de pomme, la semelle contient du caoutchouc recyclé et les lacets sont en coton biologique.

Pour nous, c'est le modèle du futur. Dans tous les secteurs économiques, il devra obligatoirement y avoir une transition vers l'écologique. Donc pour nous, c'est seulement être un pas à l'avant des autres, dit Philippe Crisafi, étudiant en 5e secondaire.

Des élèves sont assis et écoutent un professeur.

Cinq classes de quatrième et cinquième secondaire participent au projet Scoloco.

Photo : Radio-Canada

L'objectif n'est pas de les vendre aux autres élèves ou à des amis. La cible est plutôt les trentenaires, prêts à payer un peu plus cher pour un produit végane et respectueux des droits des travailleurs. Pour les rejoindre, les jeunes ont recruté jusqu'ici cinq ambassadeurs, dont l'animatrice Julie Snyder.

Cinq classes de quatrième et cinquième secondaire participent au projet. Chacune compte cinq départements – production et approvisionnement, ventes et marketing, finances et comptabilité, administration générale, communications et relations publiques – et le tout est chapeauté par un conseil d'administration auquel participent des élèves, deux enseignantes et la fondatrice de Scoloco.

C'est différent de l'école normale, parce que c'est une vraie compagnie qu'on gère, ce n'est pas une compagnie imaginaire, explique Emilio Rossi. Il y a des gens qui ont investi, des gens achètent des souliers. Ça donne de l'importance à ce qu'on fait.

Les enseignantes sont d'ailleurs allées chercher des expertises à l'extérieur, dans la grande famille du Collège, pour inculquer aux jeunes des notions un peu plus pointues. Un parent d'élève vient par exemple expliquer la propriété intellectuelle, et un membre du personnel démystifie la comptabilité.

L'occasion de découvrir ses forces

En plus d'acquérir de nouvelles connaissances, les élèves développent de nouvelles compétences et apprennent à mieux se connaître, ce qui les aide dans leur réflexion de carrière, selon Marilou Bourassa.

C'est face à des défis réels qu'ils peuvent mesurer à quel point ils sont de bons communicateurs, de bons décideurs, de bons négociateurs, dit-elle.

Des élèves travaillent sur leur ordinateur. Deux jeunes filles lèvent la main.

Grâce à ce projet, les élèves développent de nouvelles compétences et apprennent à mieux se connaître.

Photo : Radio-Canada

On développe notre autonomie et d'autres qualités qu'on ne savait même pas qu'on avait. Comme moi, je ne savais pas que je pouvais communiquer aussi bien que ça, et sans même stresser, raconte Rock-Francesco Saint-Phard, en 4e secondaire.

Meghann Hamel, de son côté, a appris à sortir de sa coquille. Avant, j'étais une personne assez timide, plus renfermée. Scoloco m'a permis d'apprendre à gérer une équipe, avoue-t-elle. Son poste de directrice de l'administration lui a tellement donné la piqûre qu'elle est inscrite à un profil commerce au cégep.

Un projet à long terme

Scoloco a commencé avec trois modèles et une commande de 300 paires, mais l'entreprise-école espère bien augmenter ses ventes et passer bientôt à des commandes plus substantielles. De nouveaux modèles sont prévus pour l'automne et l'objectif est de vendre d'ici peu 2000 à 3000 paires par année.

Même avec ces visées de croissance, Brigitte Dionne entend bien conserver longtemps la vocation éducative de son entreprise.

C'est sûr que ce sont des jeunes, alors il faut faire de la révision, corriger certaines choses. Mais ce qui me plaît pour Scoloco, c'est le regard de la jeunesse. Et aussi de pouvoir leur inculquer ces notions d'entrepreneuriat responsable, souligne-t-elle.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !