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Faut-il séparer l’Université Laurentienne en deux?

Un édifice d'au moins huit étages en hiver

Selon l'idée des deux auteurs de la lettre, les services francophones et anglophones seraient séparés.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Des membres influents de la communauté et anciens étudiants de l’Université Laurentienne proposent de séparer les services francophones du reste de l’établissement et d’en confier la gestion à une entité qui servirait exclusivement la communauté franco-ontarienne.

Pierre Bélanger et Réjean Grenier ont écrit une lettre ouverte plaidant une solution à la crise financière qui afflige l’Université Laurentienne et celle de recrutement que vit l’Université de l’Ontario français.

Selon eux, le modèle d’université bilingue de la Laurentienne devrait être démantelé, pour plutôt faire place à une université purement francophone qui pourrait avoir des campus partout en province.

M. Bélanger, un entrepreneur et ancien professeur de sociologie à la Laurentienne, affirme qu’un des problèmes qui afflige les universités francophones en province est celui de la dispersion des étudiants.

Pierre Bélanger au micro de Catherine Perrin

Pierre Bélanger

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Il y a déjà des services aux étudiants francophones partout en Ontario, mais la masse critique pour avoir une bonne offre de cours n’est pas atteinte partout, explique-t-il.

Il affirme qu’afin d’obtenir cette masse critique, une université francophone doit pouvoir compter sur toutes les communautés francophones de l’Ontario.

Sa suggestion voudrait aussi dire que les francophones auraient accès à une meilleure offre de cours, comme des cours de science, des maîtrises, pas juste des cours de littérature et de science politique.

Un modèle qui n’a pas fait ses preuves

Habitué des polémiques, l’éditorialiste sudburois Réjean Grenier trace un bilan négatif de 60 ans de bilinguisme de la Laurentienne.

L’Université Laurentienne n’a jamais été capable de combler les besoins des étudiants de l’Ontario, croit-il.

Réjean Grenier tient un stylo et est assis à un bureau.

Réjean Grenier critique le modèle actuel de l'Université Laurentienne.

Photo : Travis Gagnon

Il demande plutôt que la Laurentienne et les autres acteurs du milieu prennent l’action raisonnable et que ceux-ci en arrivent à un modèle qui inclut l’Université de l’Ontario français et la Laurentienne afin de redéfinir le bilinguisme.

Ce fameux bilinguisme, selon M. Bélanger, n’a pas été seulement une force positive dans l’histoire de la Laurentienne.

Le bilinguisme a souvent été une source de tension administrative, explique-t-il, soutenant que la transformation de la Laurentienne en deux entités distinctes pourrait aider à une meilleure allocation des ressources.

Pour une autre intéressée au dossier, l’avocate Samantha Puchala, qui a fait de la recherche sur le statut bilingue de la Laurentienne pendant ses études, le modèle des deux langues qui cohabitent était voué à l’échec.

Quand on est en situation où il y a deux communautés différentes qui cohabitent avec deux langues dans une même institution, il y aura toujours une hiérarchisation des langues, peu importe la langue des dirigeants, explique-t-elle.

Elle ajoute que pour elle, le bilinguisme est insuffisant pour permettre l’épanouissement d’une communauté.

Elle affirme aussi que cette hiérarchie pourrait mener à des coupes supplémentaires dans l’offre de cours francophones lors de troubles financiers.

Est-ce un projet réaliste?

M. Bélanger et M. Grenier sont convaincus du bien-fondé de ce qu’ils demandent aux acteurs impliqués dans le sauvetage de la Laurentienne.

M. Grenier considère la question raisonnable, mais admet que pour une université qui se dit bilingue depuis 60 ans, changer ce statut pourrait être considéré comme radical.

Confronté à l’argument d’une réduction de 12 millions de dollars de financement du fédéral pour les cours en français qui se produirait à la suite de la séparation proposée, M. Grenier croit que ça démonte un argument sur le coût d’enseigner en français.

On entend souvent que d’offrir des cours en français c’est plus cher, donc de larguer des programmes francophones pourrait mener à des économies selon eux.

Une citation de :Réjean Grenier, éditorialiste et habitant de Sudbury.

Si autant M. Bélanger, M. Grenier et Mme Puchala s’entendent pour se dire qu’une telle refonte devrait au moins être considérée pour tenter d’améliorer l’éducation francophone en Ontario, tous s’entendent que la volonté politique n’y est probablement pas encore.

Aucun membre de la direction de l’Université de l’Ontario français ou de l'Université Laurentienne n’a accepté de nous accorder une entrevue.

Avec les informations de Bienvenu Senga

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