•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le rapport d'enquête sur Keeyask et Bipole III accuse la gestion du NPD

Le chantier de construction de la centrale hydroélectrique Keeyask.

La centrale hydroélectrique Keeyask était initialement prévue pour un budget de 6,5 milliards de dollars, en 2017, mais a coûté 8,7 milliards de dollars (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un manque de surveillance gouvernementale, une analyse incomplète des projets et un entêtement politique ont contribué au dépassement des coûts sur deux constructions d’importance d'Hydro Manitoba, selon une étude indépendante publiée vendredi.

La centrale électrique Keeyask, dans le nord du Manitoba, et la ligne électrique à haute tension Bipole III, destinée à relier le réseau électrique de la province à celui des États-Unis, ont été ordonnées par le Nouveau Parti démocratique (NPD).

Ces constructions se sont étalées sur les 15 dernières années, au cours desquelles la dette d'Hydro Manitoba a triplé, pour atteindre plus de 23 milliards de dollars.

Rectificatif :

Une version précédente de ce texte indiquait que la dette de la province avait triplé pour atteindre 23 milliards de dollars alors qu'il s'agit de la dette d'Hydro Manitoba.

Le rapport d’enquête, rédigé par l'ancien premier ministre de la Saskatchewan Brad Wall, indique que l'insistance du NPD pour que la ligne de transmission passe dans l'ouest de la province a ajouté au moins 400 millions de dollars au coût initial du projet. Selon le rapport, certaines preuves suggèrent que, s'il avait été acheminé vers l'est, il aurait permis d'économiser 1 milliard de dollars sur les coûts.

À l'époque, le gouvernement s’était opposé au passage de la ligne dans la forêt boréale de l’est en raison de l’opposition de certaines Premières Nations, ainsi que celle de l'UNESCO qui souhaitait l'inscription du site sur la liste du patrimoine mondial.

Le tracé original et le tracé final de la line Bipole III.

La ligne de transmission Bipole III devait initialement coûter 2,2 milliards de dollars, mais a atteint 4,5 milliards de dollars à la fin du mois de mars 2019.

Photo : Radio-Canada

Le rapport suggère que le gouvernement aurait dû tenter d’établir des partenariats d'équité avec les peuples autochtones de la rive-est du lac Winnipeg.

De plus, toujours selon le rapport, une route a été construite plus tard sur le territoire de l’est, ce qui invalidait la préoccupation environnementale.

Des projets non nécessaires

L’étude décrit la genèse des projets Keeyask et Bipole III, qui découlent de la vision du gouvernement selon laquelle l'hydroélectricité est le "pétrole du Manitoba", et donc une source de développement économique alimenté par les exportations, dit un communiqué.

Hydro Manitoba a entamé ces projets à une époque où le prix de l'énergie sur le marché était en baisse. Mais l’augmentation des coûts de production a causé une augmentation du prix de l’électricité pour les Manitobains supérieure au taux d’inflation prévu.

Ces projets permettront de fournir une nouvelle production au réseau du sud et, avec le temps, il y aura de la valeur, a déclaré M. Wall. Cependant, ils n'étaient pas nécessaires lorsqu'ils ont été approuvés et ont considérablement érodé la santé financière d'Hydro Manitoba.

De plus, le rapport affirme que la Régie des services publics, qui fixe les tarifs et approuve les projets, n’a pas eu le choix d’approuver le projet, car le gouvernement avait déjà accepté des contrats d'exportation d'énergie,

Pas de suivi des projets

Selon M. Wall, le gouvernement s’est concentré sur l'achèvement des projets au détriment d’une meilleure gestion des coûts.

Alors que les coûts des projets augmentaient et que l'impact potentiel sur Manitoba Hydro devenait évident, rien n’indique qu’il y a eu un intérêt de la part de l'ancien gouvernement élu du Manitoba pour assurer la supervision, la responsabilité et le leadership général des projets Keeyask et Bipole III, indique le rapport de M. Wall.

L'examen n'a trouvé aucune interaction, présentation, discussion ou document montrant que la contribution du Secrétariat du Conseil du Trésor ou du ministère des Finances a été sollicitée ou entendue dans la planification ou l'exécution des plans du projet.

Une citation de :Brad Wall, rédacteur du rapport d'enquête

Une liste de recommandations

Le rapport de M. Wall contient de nombreuses recommandations, notamment une plus grande surveillance par le gouvernement provincial des grands projets d'Hydro Manitoba.

Il ne plaide pas en faveur d’une privatisation de la société d’État, mais souligne qu'il était important qu’Hydro Manitoba et le gouvernement provincial veillent à ce que la société se concentre sur la fourniture d'une énergie fiable à un coût abordable et compétitif sur le plan économique.

Il recommande que les investissements de la société soient approuvés par le Conseil du Trésor avant d'aller de l'avant et qu'un processus d'examen indépendant soit mené pour tout grand projet, afin d'évaluer les implications financières sur la province et les contribuables.

M. Wall suggère fortement que la province et Hydro Manitoba envisagent des partenariats public-privé pour tout projet d'investissement de grande importance.

Au total, 85 conclusions et 69 recommandations sont formulées pour éviter de tels dépassements de coûts à l'avenir et pour aider Hydro Manitoba et la Régie des services publics.

L’étude a été réalisée avec les différents rapports et examens réalisés précédemment, combinés aux documents internes du gouvernement et d'Hydro Manitoba. Plus de 70 entrevues ont été menées, selon Brad Wall, pour un coût total de près de 1 million de dollars.

Avec les informations de Darren Bernhardt

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !