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COVID-19 : des Canadiens pessimistes et résignés

Une femme portant le masque à l'extérieur.

Trois Canadiens sur quatre sont prêts à accepter un nouveau confinement si nécessaire, selon un sondage Ipsos commandé par Radio-Canada.

Photo : Getty Images / ArtMarie

Morosité et résignation : voilà deux mots qui décrivent bien l'état d'esprit des Canadiens, dont la vie est chamboulée depuis un an par la COVID-19.

Selon un sondage Ipsos commandé par Radio-Canada, les trois quarts des répondants pensent que des confinements à répétition auront lieu au cours de la prochaine année.

Ils ne s’attendent pas à voir la lumière au bout du tunnel avant plusieurs mois. Mais, du même souffle, ils sont prêts à faire des sacrifices supplémentaires pour endiguer la pandémie.

Malgré le début de la vaccination, 34 % des Canadiens se disent plus pessimistes que l'automne dernier. C'est ce que montre le coup de sonde mené du 12 au 17 février auprès de 3000 personnes, d’un océan à l’autre.

Nouveau confinement, nouveaux variants... Il y a eu quand même beaucoup de mauvaises nouvelles à l'entrée de 2021. Ce qu'on voit, c'est que les gens ne sont pas plus optimistes en ce moment qu'ils l'étaient à l'automne, explique le directeur général d'Ipsos Québec, Sébastien Dallaire.

Il faut dire que la pandémie a eu une incidence considérable dans la vie de nombreux Canadiens. La vie sociale de 71 % des répondants s'est détériorée, tout comme la santé mentale de 46 % d'entre eux et les finances personnelles de 35 % des répondants.

Les jeunes de 18 à 34 ans sont plus durement touchés à certains égards : 59 % disent que leur santé mentale s'est dégradée et 43 % ont subi des répercussions sur leurs finances personnelles.

La détérioration de la santé mentale est un aspect à surveiller, selon Sébastien Dallaire. Sur une question comme celle-là, quelques points de pourcentage, c'est des centaines de milliers de personnes. C'est immense quand on parle de l'impact individuel de la pandémie.

Des avertissements pour le gouvernement Trudeau

Les Canadiens ne semblent pas impressionnés par la performance d'Ottawa dans le dossier de la vaccination contre la COVID-19.

Alors que les difficultés d'approvisionnement ont marqué l'actualité au cours des dernières semaines, 50 % des répondants se disent insatisfaits de la gestion de la distribution des doses, contre 39 % qui se disent satisfaits.

Pour le gouvernement, il y a un avertissement. On sait que la vaccination est très, très importante pour un retour à la normale, très importante pour les citoyens d'un océan à l'autre, et on voit que les Canadiens se posent des questions, dit Sébastien Dallaire.

La politologue Geneviève Tellier, de l'École d'études politiques de l'Université d'Ottawa, fait remarquer que le sondage a été mené au moment où les livraisons de vaccins étaient au plus bas.

On a repris le pas sur la vaccination, les quantités arrivent comme prévu, alors peut-être que les gens sont un peu plus rassurés.

Selon elle, l'attention se déplacera sur les gouvernements provinciaux au cours des prochaines semaines, puisqu'ils sont responsables de l'administration du vaccin. C'est maintenant dans la cour des provinces. Ce qui était avant un problème fédéral va sans doute devenir un problème provincial.

Les nouvelles mesures du gouvernement fédéral pour encadrer les voyageurs récoltent l'adhésion de 67 % des répondants, mais ceux-ci sont nombreux à penser qu'Ottawa aurait dû agir plus rapidement.

Ainsi, 50 % des Canadiens pensent que l'isolement de trois jours à l'hôtel est une bonne mesure qui a été implantée trop tard, alors que 17 % estiment qu’elle a été adoptée au bon moment.

Enfin, 12 % des gens sondés croient que la mesure est insuffisante, contre 16 % qui la jugent excessive.

Les Canadiens se préparent à d'autres confinements

La semaine de relâche suscite de grandes inquiétudes, puisque 7 Canadiens sur 10 croient qu'elle pourrait mener à un nouveau confinement.

En fait, trois personnes sur quatre estiment que des confinements à répétition auront lieu au cours de la prochaine année.

Le Dr Jesse Papenburg, infectiologue pédiatrique, microbiologiste et épidémiologiste à l'Hôpital de Montréal pour enfants, se montre quant à lui plus optimiste.

Il croit que l'immunisation de la population, particulièrement les plus vulnérables, permettra de garder un meilleur contrôle sur la situation sanitaire.

On a raison d'avoir de l'espoir qu'on pourra peut-être s'en tirer sans reconfinements importants à l'automne prochain si le Canada réussit à utiliser toutes les doses de vaccin qu'il va recevoir dans les prochains mois.

Les Canadiens seraient en faveur d'un nouveau confinement pour ralentir une éventuelle propagation de la COVID-19 liée aux variants. Une écrasante majorité de 76 % des répondants sont prêts à faire ce sacrifice.

Les autorités publiques peuvent s'en réjouir, selon Geneviève Tellier. Ça, c'est la bonne nouvelle pour le gouvernement. S'il a à demander des efforts supplémentaires à la population, la population va sans doute accepter de les faire, même si ce n'est pas de gaieté de cœur.

Le Dr Papenburg est du même avis. C'est quand même rassurant de voir que la population a cette solidarité et est prête à faire ce qu'il faut faire pour affronter la pandémie et les changements épidémiologiques qui pourraient être occasionnés par l'émergence de nouveaux variants.

Un long retour à la normale envisagé

Plus de la moitié des répondants au sondage pensent qu'il faudra attendre à l'an prochain ou encore plus tard pour un retour à une vie à peu près normale. Plus précisément, 35 % des Canadiens estiment que ce sera en 2022, et 19 % après.

C'est tout un contraste avec ceux qui anticipent un retour à la normale cette année. À peine 2 % des répondants pensent que les effets de la pandémie disparaîtront au printemps, 8 % l'été prochain et 13 % l'automne prochain. Enfin, 23 % des Canadiens disent qu'ils n'en ont aucune idée.

J'ai l'impression qu'il y a un certain réalisme de la part de la population. On n'essaie pas de se conter des histoires, on n'essaie pas d'être trop optimiste en se disant que ça sera terminé assez rapidement, dit Geneviève Tellier.

Méthodologie du sondage

Le sondage Ipsos commandé par Radio-Canada a été mené en ligne du 12 au 17 février auprès de 3000 Canadiens. Les résultats sont précis à plus ou moins 2 %, 19 fois sur 20.

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