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Racisme : un policier de Peel reçoit des sanctions jugées « ridicules »

La famille du jeune homme désabusée par la sanction envisage maintenant de quitter le Canada pour commencer une nouvelle vie aux États-Unis.

Une photo en noir et blanc d'un véhicule de police

Une capture d'écran d'une caméra de surveillance montre l'arrestation de Masood Masad en novembre 2018.

Photo : Photo offerte par la famille Masad

Radio-Canada

Le père d'un jeune homme dont le téléphone a enregistré les propos racistes d’un policier à l'intérieur de son véhicule de patrouille estime « ridicule » l'absence de conséquences pour l’agent des forces de l’ordre.

Après deux ans et demi d'attente, la famille de Masood Masad a pris connaissance du verdict rendu cette semaine lors d'une audience disciplinaire concernant l'agent Bernard Trlaja de la police de Peel.

Le Bureau du directeur indépendant de l’examen de la police (BDIEP) a déterminé que le policier était responsable de deux formes de mauvaise conduite lorsqu'il aprocédé à l’arrestation de Masood Masad après une altercation verbale survenue en 2018.

M. Masad, alors âgé de 24 ans, allait récupérer une commande dans un restaurant pour le service de livraison DoorDash.

Mercredi, le policier Bernard Trlaja a été reconnu coupable de conduite déshonorante, pour laquelle il sera suspendu 20 jours sans salaire, et devra également suivre 16 heures de cours de gestion de la colère pendant les trois prochains mois. Une deuxième accusation, celle d'arrestation illégale, a été retirée dans les premiers jours de l'audience.

J'ai ri pendant deux minutes, a déclaré à CBC News le père du jeune homme, Bashar Masad. Il dit avoir perdu toute confiance envers la police.

Enregistré à son insu

À la suite de l’altercation survenue au restaurant, l’agent Trlaja avait contacté le domicile de M. Masad. Croyant d’abord qu’il s’agissait d'une arnaque, la mère du jeune homme avait demandé à l'agent de se présenter en personne à la maison.

Une fois au domicile de Masood Masad, il y a eu confrontation et ce dernier avait tenté d'enregistrer l'incident. La police avait alors procédé à son arrestation tout en confisquant son téléphone. L’agent Trlaja avait ensuite déposé le téléphone sur le siège avant du véhicule de patrouille.

À un certain moment, le téléphone a recommencé à enregistrer, captant ainsi le policier Bernard Trlaja en train de faire des remarques désobligeantes sur la mère du jeune Masad et sur son passé.

Parmi les commentaires enregistrés, on pouvait entendre : Oubliez ça, ce jeune ne comprend manifestement pas les règles, la nature et la culture du Canada.

L’agent Trlaja avait également déclaré : OK, s’il veut être violent et amener cette violence avec lui, alors je vais devoir lui montrer le droit chemin.

Toutes les accusations portées contre Masood Masad – arrivé au Canada à l'âge de six ans - ont été abandonnées.

Changements espérés

Bachar Masad dit qu'il aurait espéré que l’agent Trlaja soit soumis à des sanctions plus sévères et significatives comme un congé administratif et un blâme.

Il aimerait également que les forces de l'ordre envisagent des changements plus importants, comme l'installation de caméras à l'intérieur des voitures de police et de réévaluer si les policiers devraient être autorisés à passer des appels téléphoniques anonymes.

Un homme se tient debout sur le bord d'une rue, répond aux questions d'un journaliste.

Bachar Masad, dont le téléphone du fils a enregistré un policier de Peel faisant des remarques discriminatoires à son encontre, déclare que l'absence de conséquences pour le policier est «ridicule».

Photo :  CBC / Sue Reid

Au lieu de cela, c'est comme si on invitait tous les autres policiers à faire ce qu'ils veulent. Il n'y a pas de conséquences, a-t-il déclaré, ajoutant que la famille envisage maintenant de quitter non seulement la région de Peel, mais aussi le Canada pour commencer une nouvelle vie aux États-Unis.

S'adressant à CBC News jeudi, le sergent Joe Cardi de la police régionale de Peel a qualifié ce qui est arrivé à Massod Masad de très malheureux.

Ce que [Masood Masad] a dû traverser est extrêmement difficile. L'agent chargé de l'audition a dû prendre en compte toutes les preuves, les évaluer, et déterminer quelle est la sanction appropriée qui dissuadera nos policiers de se comporter de la sorte à l'avenir, a déclaré M. Cardi.

L’agent Trlaja, a-t-il ajouté, a éprouvé beaucoup de remords pour ses actions, s'est excusé auprès de la famille et a plaidé coupable, indiquant qu'il comprend que son comportement était inapproprié.

Vingt jours sans salaire représentent une perte de près de 9000 dollars de revenu, a déclaré M. Cardi, tout en ajoutant qu'il sait que la confiance perdue ne peut être rachetée.

La famille attend les excuses de la police

Selon le sergent Cardi, la date exacte du retour au travail du policier Bernard Trlaja n'a pas encore été déterminée. Il spécifie qu'une note de mauvaise conduite sera inscrite à son dossier.

M. Cardi a également remercié la famille pour sa coopération tout au long du processus, en disant qu'elle avait choisi de ne pas chercher à se venger, mais plutôt à améliorer le service.

Pour sa part, Bashar Masad dit qu'il attend des excuses de la part de la police, ce que sa famille n’a jamais reçu, selon lui.

En l’absence d’excuses, la famille prévoit de déposer une plainte auprès de la Commission ontarienne des droits de la personne, avant d'explorer d'autres options.

Son fils, qui a aujourd'hui 27 ans, éprouve toujours des difficultés en raison de cet événement, dit-il, il est incapable de travailler ou de construire l'avenir dont [la famille] rêvait.

On dirait qu'ils s'en fichent.

D'après les informations de CBC News

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