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L’art de s’engager pour la cause, selon Niti Marcelle Mueth

Portrait de l'artiste Niti Marcelle Mueth

Niti Marcelle Mueth a été la directrice artistique de la fresque « La vie des Noir.e.s compte » réalisée sur la rue Sainte-Catherine en juillet dernier.

Photo : Radio-Canada / Denis Wong

Denis Wong

L’été dernier, elle a été la directrice artistique de l’immense fresque La vie des Noir.e.s compte qui est apparue à Montréal. Sur Instagram, elle dépeint d’un trait fin des scènes auxquelles plusieurs personnes racisées peuvent s’identifier. Finaliste dans la catégorie de l’artiste engagé.e de l’année au Gala Dynastie, Niti Marcelle Mueth parle de sa vision de l’activisme artistique.

Juillet 2020. Dans la foulée de la mort de George Floyd aux États-Unis et des nombreuses manifestations qui en ont découlé, des bénévoles et des artistes s’activent à réaliser la fresque La vie des Noir.e.s compte sur le bitume d’une portion de la rue Sainte-Catherine. Au milieu de toutes ces personnes, la directrice artistique Niti Marcelle Mueth prend la mesure de cette œuvre au message sans équivoque.

Sur place, il y avait des gens de ma communauté, mais aussi de différentes nationalités et de tous les âges, raconte l’artiste multidisciplinaire. On était au-dessus de 100 bénévoles durant les deux jours. Le monde était content. De travailler tous ensemble pour cette cause, peu importe qui tu es, c’est gratifiant parce que ça montre qu’on peut faire de grandes choses ensemble.

Vue des airs, une fresque, peinte sur le sol de la rue Sainte-Catherine à Montréal, une fresque indiquant « La vie de noir.e.s compte », avec la mention #BlackLivesMatter.

Le mouvement "Black Lives Matter" est devenu le symbole de la dénonciation du racisme et des violences policières.

Photo : Facebook : Lëa-Kim Châteauneuf, CC BY:SA

À titre de personne et d’artiste noire, Niti Marcelle Mueth vient de connaître une année riche en émotions, et l’illustratrice a vu de nouvelles portes s’ouvrir sur son chemin. Avec cette œuvre collective créée dans l’espace public, celle qui se concentre sur la narration d’histoires des communautés racisées s’aventurait en terrain inconnu.

Niti Marcelle Mueth et le collectif Never Was Average, initiateur du projet, ont imaginé la fresque de Montréal en s’inspirant notamment de celle de Toronto. Les couleurs de l’arc-en-ciel ont été choisies pour rappeler aux gens que ça allait bien aller , en plus de faire un clin d'œil inclusif à la communauté du quartier gai, là où le tout s’est déroulé. Cette œuvre n’allait pas uniquement être peinte en blanc ou en jaune.

L’organisation avait impliqué des artistes pour créer les lettres de la fresque et pas juste écrire le slogan, explique Niti Marcelle Mueth. On s’est assuré d’inclure des artistes de la communauté montréalaise pour la rendre plus attrayante. On voulait rendre ça vivant et diversifié, à l’image de Montréal.

L’art est une forme d’activisme. On peut l’utiliser pour sensibiliser et éduquer. On en a profité pour réclamer un espace public et pour faire cette œuvre collaborative.

Une citation de :Niti Marcelle Mueth
Portrait de Niti Marcelle Mueth

Niti Marcelle Mueth se concentre sur la narration d'histoires portant sur les communautés racisées.

Photo : Radio-Canada / Denis Wong

Une reconnaissance au Gala Dynastie

Cette réalisation est l’un des faits saillants de la dernière année de Niti Marcelle Mueth, mais ce n’est pas le seul. En plus de sa pratique d’illustratrice, l’artiste a aussi participé à la complétion d’autres fresques à Rivière-des-Prairies en collaboration avec Never Was Average et réalisé de multiples illustrations au sujet de sa communauté dans les médias.

Ces réalisations lui valent d’être finaliste dans la catégorie de l’artiste engagé.e de l’année du Gala Dynastie, qui récompense l’excellence des personnalités noires au Québec. Le gala se tiendra le 6 mars.

Pourtant, Niti Marcelle Mueth ne s’est pas toujours considérée comme une artiste engagée. Ce processus s’est inscrit dans le temps, lorsqu’elle a constaté que son travail thématique pouvait interpeller les personnes en situation de minorité, peu importe leurs origines.

Ça m’a pris du temps à réaliser que je pouvais utiliser l’art en tant qu’activiste, dit-elle. Avec le temps, je me suis adaptée. Ça part de moi-même, parce que je suis différente. Ça m’a pris du temps à me sentir acceptée.

Cette approche est particulièrement visible dans les illustrations qu’elle affiche sur son compte Instagram. Ces dessins présentent des personnes racisées dans des mises en scène qui semblent banales à première vue, mais leurs réflexions résonnent auprès du public de l’artiste visuelle. Niti Marcelle Mueth estime que l’art permet de créer des connexions entre des gens qui n’auraient pas cette chance en temps normal.

Je veux que ma pratique soit positive et j’essaye de dépeindre des scènes auxquelles on peut s’identifier. Pour moi, c’est important de construire une communauté pour que les gens qui se sentent comme moi puissent avoir leur propre espace.

Une citation de :Niti Marcelle Mueth

Être une artiste engagée signifie aussi d’alimenter les réflexions et d’ouvrir des espaces de dialogue, selon la finaliste au Gala Dynastie. C’est exactement ce qui est arrivé avec la réalisation de la fresque La vie des Noir.e.s compte, puisqu’elle a généré de nombreuses discussions.

Les événements de la dernière année et l’éveil collectif à la cause Black Lives Matter encouragent l’illustratrice montréalaise à continuer dans cette même direction artistique.

Ces dernières années, l’art [visuel] a beaucoup évolué parce qu’il y a de plus en plus de personnes de couleur qui le pratiquent. Mais si on regarde les statistiques, le pourcentage de personnes racisées dans les musées ou les galeries est extrêmement bas. Je pense que quand on fait de l’art qu’on n’est pas habitué à voir, c’est là qu’on devient activiste.

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