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Un « passeport vaccinal » d'abord pour les voyageurs

Un passeport, un carnet de vaccination, une carte d'embarquement et des euros.

Un passeport, un carnet de vaccination, une carte d'embarquement et des euros (archives).

Photo : getty images/istockphoto / maxexphoto

Le gouvernement Legault songe sérieusement à délivrer un « passeport vaccinal » numérique, mais d'abord aux Québécois qui ont été vaccinés contre la COVID-19 et qui voyagent à l’étranger.

Pour l’instant, il ne serait pas question de l’exiger pour permettre l’accès aux restaurants et à certains événements, comme l’a laissé entendre le ministre Christian Dubé en conférence de presse jeudi.

Un passeport de vaccination digital, pour moi, c’est tout à fait normal, a-t-il répondu jeudi à un journaliste qui voulait savoir si Québec envisageait d'imiter certains pays en délivrant un passeport permettant l’accès à des lieux publics, comme des restaurants.

Vendredi, le gouvernement a toutefois précisé à Radio-Canada qu’il est plutôt envisagé de l’exiger seulement pour les voyages, comme ça a été le cas lors de la crise du H1N1. Il s’agirait de permettre aux Québécois d’avoir accès à cette information en ligne.

Déjà, le Québec est bien outillé, avec le registre de vaccination. Dans les faits, il s’agit d’opérer une transformation numérique de ces informations, précise l’attachée de presse du ministre, Marjaurie Côté-Boileau.

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a pour sa part indiqué jeudi qu’un passeport de vaccination ne devait pas pour autant justifier la levée de toutes les mesures sanitaires.

Des gens entrent dans un centre de vaccination.

Un centre de vaccination a ouvert ses portes lundi à Laval (archives).

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Une commission parlementaire?

Pour le porte-parole de Québec solidaire (QS), le député Gabriel Nadeau-Dubois, l'idée d'un passeport vaccinal soulève de nombreuses questions éthiques et de discrimination qu'il ne faut pas prendre à la légère.

Il affirme avoir sursauté lorsqu'il a entendu M. Dubé présenter jeudi une réflexion personnelle très avancée.

Je trouve précipitée la certitude, ou en tout cas l'apparence de certitude qu'a le ministre de la Santé que ce serait une bonne chose, a-t-il déclaré vendredi en entrevue.

Gabriel Nadeau-Dubois en conférence de presse.

Gabriel Nadeau-Dubois est inquiet du passeport vaccinal numérique que le ministre Dubé aimerait créer (archives).

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

M. Nadeau-Dubois se demande si les propriétaires pourront exiger une preuve de vaccination pour louer un logement. Est-ce qu'un employeur pourrait l'exiger lors du processus d'embauche?

Je ne pose pas ces questions pour faire peur, a-t-il déclaré. Je les pose parce que ce sont les questions que tout le monde se pose à travers le monde en ce moment.

Vendredi, QS a fait parvenir une lettre au président de la Commission de la santé et des services sociaux afin que les députés statuent sur la pertinence de tenir une commission parlementaire.

Des enjeux éthiques, selon des spécialistes

L’exigence d’une preuve de vaccination pour monter dans un avion soulève cependant d'importantes questions éthiques, selon Monique Lanoix, professeure agrégée au Département de philosophie de l’Université Saint-Paul. Elle craint la création d’une pente glissante.

Si on l'impose pour les voyages, est-ce qu'on va l'imposer pour les restos, les salles publiques et tout? On craint une certaine discrimination liée à l'état de santé, dit-elle en entrevue à l’émission Première heure.

Vardit Ravitsky, professeure agrégée de bioéthique au Département de médecine sociale et préventive de l’Université de Montréal, abonde dans le même sens.

Des limitations sur le mouvement, sur l’accès aux magasins, aux événements, des barrières pour la vie sociale sur la base d’un carnet de santé, c’est sans précédent et ce n’est pas justifié, ajoute Mme Ravitsky.

Une personne reçoit une injection.

En Israël, certains lieux comme les gyms ne sont accessibles qu'aux personnes qui ont un « badge » vert, prouvant qu'ils ont reçu deux doses du vaccin.

Photo : Getty Images / JACK GUEZ

Qui va vérifier?

Bien qu’il encouragerait les gens à se faire vacciner, un tel passeport pour avoir accès aux lieux publics pourrait également entraîner des désagréments pour les restaurateurs, par exemple.

Qui va vérifier? C'est un fardeau qu'on impose encore aux petites entreprises qui ont eu beaucoup de difficultés, ajoute Monique Lanoix.

L’attachée du ministre Dubé précise que les travaux se poursuivent et assure que le gouvernement sera transparent à chacune des étapes.

Avec les informations de Sébastien Bovet et de la Presse canadienne

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