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Fermeture de La fine grobe sur mer après 47 ans à Nigadoo

Le restaurant La fine grobe sur mer, à Nigadoo, dans le nord-est du N.-B., ferme ses portes après 47 ans en affaires.

Le restaurant La fine grobe sur mer, à Nigadoo, ferme ses portes après 47 ans en affaires.

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

François Vigneault

Un restaurant reconnu pour sa fine cuisine a fermé définitivement ses portes à Nigadoo, dans le nord-est du Nouveau-Brunswick.

Cette fermeture laissera un grand vide chez ceux qui appréciaient prendre leur temps entre amis ou en famille pour savourer un bon plat.

Originaire de France, Georges Frachon est venu enseigner la littérature française au Collège de Bathurst au début des années 1970. C'est à endroit qu'il a rencontré Hilda, une enseignante en arts visuels, qui est devenue son épouse.

Lui qui voulait faire de la poterie, Georges Frachon a acheté quelques années plus tard une propriété en bordure de mer.

L'idée c'était de créer une galerie d'art pour créer des débouchés pour les étudiants du Collège à l'époque, explique Georges Frachon.

Moi j'adorais faire la cuisine, je suis tombé dans la marmite, j'étais le marmiton de ma mère.

Une citation de :Georges Frachon

Rapidement, il a reconnu le potentiel de l'endroit qui est devenu La fine grobe sur mer en 1973.

La cuisine française, c'est un tissu, une toile d'expériences d'un peu partout dans le monde, lance-t-il.

Une clientèle fidèle

Au fil des ans, il a toujours pu compter sur une fidèle clientèle locale et sur d'autres clients provenant de beaucoup plus loin.

Il y a beaucoup de gens qui sont arrivés de partout, des États-Unis, de Chine, du Japon. Et plusieurs, il n'y avait même pas d'enseigne au chemin au début, m'ont trouvé, dit-il.

Georges Frachon, propriétaire et chef cuisinier de La fine grobe sur mer, à Nigadoo, en compagnie de son assistante-gérante, Mariette Bryar.

Georges Frachon, propriétaire et chef cuisinier de La fine grobe sur mer, en compagnie de son assistante-gérante, Mariette Bryar.

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

Parlant couramment le français, l'anglais et l'allemand, Georges Frachon a toujours eu un faible pour l'apprentissage des langues. Ce qui l'a bien servi dans son métier.

J'ai appris quelques mots en chinois, en japonais pour essayer de, au moins de remercier les gens dans leur langue.

Il a eu l'occasion de recevoir à sa table des personnalités connues comme Serge Savard, qui a eu une longue carrière avec le Canadien de Montréal, et l'ancien premier ministre provincial, Richard Hatfield, ainsi qu'un consul de France.

Il a aussi servi le coloré et populaire chanteur acadien, Cayouche.

C'était un fin gourmet, tu ne lui vendais pas n'importe quoi, lance en toute franchise le chef cuisinier.

C'est calme dans la cuisine de La fine grobe sur mer, une pièce maîtresse de cet établissement qui a fermé ses portes après 47 ans en affaires.

C'est calme dans la cuisine de La fine grobe sur mer, une pièce maîtresse de cet établissement qui a fermé ses portes après 47 ans.

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

Un moment bien choisi

Il reconnaît que la pandémie a joué un petit rôle dans sa décision de fermer son entreprise, mais à 77 ans, il croit que le moment est bien choisi pour accrocher son tablier.

Je pense que j'ai fait mon temps. J'ai fait ma part, parce que physiquement, c'est quand même très dur, des heures debout, confie-t-il.

Sa fidèle complice, Mariette Bryar, qui l'accompagne depuis plus de 30 ans, ne cache pas un petit pincement au cœur. Elle se console en pensant que les bons plats et l'accueil ont fait du bien à la clientèle au cours de toutes ces années.

On voyait que les gens venaient ici pour être décontractés. Vous savez, c'est un endroit qui est quand même, c'est chaleureux ici dedans, c'est réconfortant avec le bois et tout ça.

Pas à vendre

L'endroit pourrait attirer l'œil d'entrepreneurs intéressés à y démarrer un autre restaurant ou même un gîte puisque la bâtisse comprend deux chambres où pouvaient loger les touristes. Mais pour l'instant, ce n'est pas à vendre.

Chaque chose en son temps. Moi actuellement, c'est ma maison et je suis très bien où je suis et je vais continuer à recevoir les gens qui veulent me voir, explique Georges Frachon.

À la fin de son service, il avait l'habitude de faire entendre un son particulier en frappant de son doigt un bol fabriqué avec de la terre de la région.

C'est pour que la personne s'harmonise, avec tout, dit Georges Frachon.

La dernière fois que ce rituel a été effectué, le 20 décembre, il sonnait aussi le glas d'une belle aventure qui aura duré près de 50 ans.

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