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Dette moyenne de 180 000 $ pour les entreprises des Prairies à cause des restrictions

Des coiffeurs coupent les cheveux d'hommes dans un salon de coiffure à Winnipeg.

Les entreprises de services personnels, comme les coiffeurs et les commerces non essentiels, ont rouvert le samedi 23 janvier au Manitoba. (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les restrictions sanitaires des six derniers mois ont entraîné un endettement moyen de 180 000 $ pour les petites entreprises de la région des Prairies, selon un rapport national de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI).

Selon le directeur des affaires provinciales de la branche manitobaine de la FCEI, Jonathan Alward, ce montant est préoccupant, mais pas surprenant.

C’est surtout alarmant si l'on considère que beaucoup de ces entreprises font encore face à des restrictions importantes, ou sont entièrement fermées, et que beaucoup d'entre elles n'ont aucun moyen de retrouver un semblant de normalité, a-t-il déclaré.

À l’échelle du pays, 7 propriétaires de petites entreprises sur 10 ont accumulé des dettes en raison de la COVID-19. Toutefois, ce sont le Manitoba et la Saskatchewan qui sont particulièrement touchés, avec en moyenne 10 000$ de dettes de plus par entreprise que dans le reste du Canada.

Selon la FCEI, la dette totale nationale de ces entreprises s’élève à 135 milliards de dollars, dont 8,3 milliards dans la région des Prairies.

Le salon de coiffure Hair Co. Exchange, situé dans le quartier de la Bourse, à Winnipeg, est en difficulté après avoir fermé deux fois en raison des ordonnances de la santé publique.

Megan McGhie dans son salon de coiffure avec un masque.

La propriétaire de Hair Co. Exchange, Megan McGhie, est heureuse de pouvoir ouvrir, mais craint de devoir fermer son entreprise une troisième fois.

Photo : Radio-Canada

C'est terrible de devoir licencier tous ses employés, deux fois en un an, dit la propriétaire, Megan McGhie, dont le grand-père a lancé l'entreprise dans les années 1980.

Son commerce a pu rouvrir à la fin du mois de janvier, mais la limite de fréquentation de 25 % de la capacité totale du salon lui permet à peine d’atteindre son seuil de rentabilité.

Ma plus grande crainte, c’est de devoir licencier mon personnel une troisième fois.

Une citation de :Megan McGhie, propriétaire de Hair Co. Exchange

Pour sa part, Jonathan Alward explique que, même en tentant d’allonger leurs heures d’ouverture, beaucoup de salons de coiffure et de barbiers ne parviennent pas à gagner suffisamment pour pouvoir rembourser la dette qu'ils ont contractée.

Selon Mme McGhie, sans aide financière des gouvernements manitobain et fédéral jusqu’à un nouvel allégement des mesures, elle ne sera pas en mesure de payer les dettes des derniers mois.

Le centre-ville déserté

Malgré les allégements récents, le centre-ville de Winnipeg fait face à une importante réduction de son trafic piétonnier.

En temps normal, 70 000 personnes travaillent au centre-ville, mais actuellement, c'est seuls 18 % d'entre eux le fréquentent, selon une étude de l’organisme Downtown Winnipeg Biz.

Depuis l’assouplissement des restrictions, la propriétaire de la librairie Bison Books, située Graham Avenue, Aimee Peake, a préféré conserver des heures de travail limitées : Les rues sont vides. Cela n'a pas de sens de payer le personnel et de rester ici quand il n'y a pas de clients.

Les ventes en ligne ont permis à sa boutique de se maintenir à flot. Normalement, ses ventes représentent 70 % de son chiffre d'affaires, mais, l’été dernier, Aimee Peake a mis en ligne plus d’articles pour augmenter ces revenus.

Heureusement pour moi, comme les gens restent chez eux, ils font des achats en ligne et ils lisent davantage.

Le manche d'une machine retire une partie de la lettre « B » de l'enseigne du magasin.

Le magasin La Baie d'Hudson au centre-ville de Winnipeg a fermé ses portes le 30 novembre dernier, deux mois avant la date prévue. (archives).

Photo : CBC/Tyson Koschik

Quarante entreprises ont récemment fermé dans le centre-ville, selon Downtown Winnipeg Biz. Mme Peake estime que les locaux vacants, y compris l'ancien bâtiment de la Compagnie de la Baie d'Hudson, doivent être repris par de nouveaux commerces afin d'attirer les gens au centre-ville.

Des problèmes similaires dans le West End

La situation est également difficile pour les commerces du West End, selon le directeur général de West End Winnipeg Biz, Joseph Kornelsen.

Ce dernier explique qu’au cours des cinq années précédant 2020 le quartier gagnait en moyenne huit entreprises de plus par an.

L'an dernier, 60 entreprises ont ouvert leurs portes, mais 90 ont définitivement fermé.

Pendant la pandémie, beaucoup de personnes ont fait preuve de prudence et sont restées en sécurité à la maison, dit Joseph Kornelsen. C'est la bonne chose à faire, mais nous avons perdu beaucoup de dynamisme dans les rues.

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, affirme pour sa part que le fait de faire baisser le nombre de cas de COVID-19 en suivant les ordonnances de la santé publique est la meilleure des choses à faire pour aider les entreprises en ce moment.

Avec les informations de Nicholas Frew

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