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La planification de la retraite, une préoccupation pour les immigrants?

Un couple heureux fait des calculs financiers

Il est parfois difficile de se retrouver dans le système financier canadien.

Photo : iStock / Andrey Popov

Alors que la saison des REER touche à sa fin, il est fort de constater que certains immigrants ont parfois bien du mal à cotiser à ce genre de régime. Des emplois précaires et un système financier canadien complexe en empêchent plus d'un de planifier leur retraite.

Avant d’immigrer en 2017, Audace Ndayishimiye avait commencé à planifier son avenir financier. Pendant 11 ans, il a mis de l’argent de côté au Burundi, son pays d’origine. Mais en arrivant au Canada, il lui a dû s'adapter et la question de la retraite s’est éloignée de ses préoccupations.

Je ne travaille pas à temps plein comme je le voudrais. Je suis retourné aux études. Vous savez au moment de l’intégration, ça prend un peu de temps pour pouvoir se recadrer. Quand j’étais dans mon pays, j’avais pensé à ça, mais j’ai quitté le pays. C’était comme une rupture, ça prend du temps pour se réajuster explique-t-il.

Aujourd’hui dans la quarantaine, il espère tout de même commencer à épargner pour ses vieux jours aussitôt qu'il décrochera un bon emploi après ses études.

Ceux qui immigrent au Canada plus jeunes sont toutefois plus conscients de l'importance de la planification. C’est le cas de Jordi Claudel Haringanji. Planifier sa retraite, c’est permettre à sa famille d’avoir une vie meilleure.

Je pense déjà à mes enfants, je n'aimerais pas qu’ils passent dans les mêmes tracas que moi. Je mets de côté un certain montant chaque mois, reconnaît-il.

Une approche radicalement différente de celle de Laure Ruiz. À 28 ans, cette Française d'origine ne place pas la question de la retraite au coeur de ses préoccupations, surtout en cette période de pandémie.

Pour le moment je n’envisage pas trop ma retraite, je trouve ça difficile d’y penser,  surtout dans la dernière année avec l’épidémie de la COVID-19, on a plutôt des soucis de recherche et de maintien d’emplois plutôt  que de retraite, explique-t-elle.

Une petite figurine d'un homme se tient devant trois piles de pièces de monnaie de plus en plus grande.

Selon des données de Statistiques Canada de 2014, 65,2 % des nouveaux arrivants salariés disaient se préparer financièrement à leur retraite.

Photo : iStock

Des priorités qui sont ailleurs

Rajiv Bissesure est conseiller financier chez Desjardins sécurité financière. Il confirme que la retraite passe au second plan pour les immigrants, surtout les premières années au pays. Pour eux, l’épargne est souvent une notion abstraite qu’ils remettent à plus tard, constate-t-il.

C’est une minorité qui s'intéresse à planifier sa retraite. Sur dix personnes, il y en aura à peu près trois qui vont s'intéresser à la retraite. La majorité surtout quand ils viennent d’arriver, c’est très difficile pour eux de contribuer, précise-t-il.

Autre difficulté, souligne le conseiller, la complexité du système financier pour les nouveaux arrivants. Selon lui, il faut un minimum de trois ans pour eux avant de pouvoir envisager de prévoir l’avenir.

Selon des données de Statistiques Canada de 2014, 71,8 % des personnes issues de l'immigration âgées de 25 à 64 ans disaient se préparer financièrement à leur retraite. Ce chiffre tombait à 65,2 % pour les immigrants récents (nouveaux arrivants) alors que 78% de l'ensemble des personnes interrogées disaient se préparer financièrement à leur retraite. Quant aux sommes à épargner, 45 % de l'ensemble des personnes interrogées , 44,2 % des personnes issues de l'immigration et 40,1 % des nouveaux arrivants disaient être au courant du montant à mettre de côté. Ces chiffres ne concernent que la population active salariée.

Certains plus privilégiés

Certains immigrants sont mieux lotis que d’autres, puisque leur pays a une entente avec le Canada pour leur permettre de bénéficier des prestations de retraite des deux endroits. C’est notamment le cas de la France.

Au cours des vingt dernières années, Céline Marin-Halford a vécu des deux côtés de l’Atlantique. Elle et son mari ont pris leurs dispositions pour assurer leurs vieux jours.

En France, on a aussi cotisé dans le privé pendant une dizaine d'années. On a acheté un appartement qui est en location et on compte dessus. Quand on sera à la retraite, on aura terminé de payer cet appartement, ça nous permettra d’avoir un support supplémentaire financier. On a la même chose ici au Canada, explique-t-elle.

La date limite pour cotiser à votre REER pour l'année d'imposition 2020 est lundi 1er mars.

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