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Budget de l'Alberta : un plan peu « ambitieux »

Le palais législatif albertain en hiver.

Les réactions sont nombreuses après le dépôt du budget albertain jeudi.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Stéphanie Rousseau

Les réactions sont nombreuses après le dépôt du budget albertain jeudi. Malgré un certain statu quo de la part du gouvernement qui n’annonce pas d’importantes compressions, les syndicats de la fonction publique et le milieu postsecondaire se préparent au pire et les municipalités dénoncent le manque d’ambition de la province.

Les syndicats préoccupés

C’est un autre budget contre les travailleurs, a lancé Guy Smith, le président du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Alberta, qui représente 94 000 travailleurs albertains.

Le gouvernement a indiqué dans son budget qu’il espère économiser plus de 800 millions de dollars en salaires et en rémunérations des fonctionnaires et des médecins par rapport à ses dépenses anticipées pour 2020.

Guy Smith, devant l'assemblée législative albertaine.

Guy Smith, président du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Alberta.

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement prévoit des baisses de salaire pour les employés de la fonction publique, ça ne fait aucun sens alors qu’on essaie de relancer l’économie. Si le gouvernement vole l’argent des travailleurs, ils ne dépenseront plus pour aider l’économie, critique Guy Smith qui ne rejette pas la possibilité de grèves.

Le gouvernement a confirmé dans le budget son intention de réduire de 7,7 % les effectifs du gouvernement provincial et s’attend à une réduction nette de 311 emplois à temps plein dans la fonction publique l'an prochain.

Même si la province augmente légèrement ses dépenses en santé en 2021, le groupe de défense du système de santé publique Friends of Medicare note que cela sera suivi d'un gel au cours des deux prochaines années, qui ne tiendra pas compte de la croissance de l'inflation et de la population de la province.

Le secteur postsecondaire inquiet

Le président du Conseil des étudiants universitaires Rowan Ley ne voit pas d'un bon œil ce budget qui prévoit l'élimination de 750 postes dans le secteur postsecondaire.

Montage photo des panneaux d'accueil de l'Université de Calgary (à gauche) et de l'Université de l'Alberta (à droite).

Le secteur postsecondaire fera face à des compressions.

Photo : David Bell/Radio-Canada (à gauche) / Université de l'Alberta (à droite)

C’est très décourageant pour les étudiants de la province, dit-il. Ils vont maintenant devoir aller en Colombie-Britannique ou en Ontario pour avoir l’éducation de renommée mondiale qu’ils recherchent.

C’est très décourageant aussi pour ceux qui tentent d’amener des jeunes et une vitalité à une province qui a besoin d’entreprises, ajoute-t-il.

Selon le budget, 174 millions de dollars seront retranchés des dépenses de fonctionnement des campus.

Couper dans l’éducation postsecondaire n’aidera pas l’Alberta à s’en sortir. Cela va empirer la situation, car les jeunes vont aller ailleurs.

Une citation de :Rowan Ley, président, Conseil des étudiants universitaires

Le président de l’Université de Calgary, Ed McCauley, estime aussi que ces compressions auront un impact négatif.

Une troisième année de réduction du financement aura des répercussions sur la communauté et les programmes de notre campus, a-t-il précisé, disant que depuis 2019, le budget de fonctionnement de l'Université de Calgary a été réduit de 18 %, obligeant des décisions difficiles.

Une salle de classe avec des élèves

L'Association des enseignants de l'Alberta s'attendait à plus de détails dans le budget provincial présenté jeudi. (archives)

Photo : Radio-Canada

Pour sa part, le président de l’Association des enseignants de l’Alberta (ATA) Jason Schilling dit que le budget n’a apporté aucune précision pour le secteur puisque le détail du financement des conseils scolaires sera seulement connu dans quelques semaines.

Les impacts exacts pour l’an prochain sont encore inconnus, a-t-il déclaré. Puisque nous n’avons pas les manuels de financement comme c’est le cas habituellement, nous n’avons pas vraiment eu de budget aujourd’hui puisque nous ne savons pas comment nos élèves ou enseignants seront touchés. Nous allons vraiment avoir le détail dans environ un mois et cela me préoccupe, a-t-il expliqué.

Un manque d’ambition, disent les Villes

Les maires des deux grandes villes de l’Alberta dénoncent des compressions au Municipal sustainability initiative, un programme qui vise à entretenir et rénover des infrastructures et qui sera retranché de 25 % à compter de 2022, a précisé le maire d’Edmonton, Don Iveson.

Je vais maintenant devoir demander à l’administration quels projets sont mis à risque par ces importantes compressions, a lancé Don Iveson.

Une frustration partagée par le maire de Calgary qui estime que la Ville devra vivre avec une diminution de 160 millions de dollars en financement pour des projets, comme les rénovations de toits d’arénas ou de comblage de nids-de-poule.

Le maire de Calgary, Naheed Nenshi.

Le maire de Calgary, Naheed Nenshi, déplore le plus de gestes ambitieux dans le budget provincial.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

D’un côté, le gouvernement nous demande de construire et de créer des emplois, mais de l’autre, ils enlèvent le financement, a dit le maire Nenshi.

Le maire de Calgary trouve que le gouvernement aurait pu être plus ambitieux.

C’est un budget qui ne fait pas avancer les choses et qui ne profite pas des occasions.

Une citation de :Naheed Nenshi, maire de Calgary

Nous avons eu un budget qui vise à assurer le statu quo, qui ne fait pas de vagues, qui ne fait pas reculer, mais qui ne propulse pas en avant non plus et qui ne tire pas parti des occasions, affirme le maire Nenshi.

Un homme dort dans une rue du centre-ville d'Edmonton en janvier 2021.

Un sans-abri à Edmonton.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Don Iveson trouve aussi que le gouvernement provincial aurait dû investir dans le logement social.

Nous avons une montagne de preuves que le logement social réduit les coûts pour les systèmes de santé, de justice et pour les forces de l’ordre, juste que la province doit faire plus avec moins d’argent, a dit le maire d’Edmonton. La Ville demandait 5,9 millions de dollars pour le secteur pour 2021. La province maintient quand même son financement pour ajouter des espaces dans les refuges, notamment dans le quartier chinois d’Edmonton.

La communauté des affaires mitigée

Le centre-ville de Calgary vu de loin. L'air est légèrement brouillé par la fumée.

La ville de Calgary.

Photo : CBC / Scott Dippel

La Chambre de commerce de Calgary réclame, comme le maire de Calgary, des gestes plus audacieux pour sortir l’Alberta des difficultés économiques.

La COVID-19 demeure une menace pour la santé de nos communautés et de nos entreprises. Nous sommes encouragés de voir des mesures à court et moyen terme pour faire face à cette réalité, déclare Murray Sigler, président par intérim de la Chambre de commerce, mais avec le déploiement des vaccins, il est temps s'attaquer au développement de la croissance et de la compétitivité à long terme de l’Alberta.

Le conseil d’affaires de l’Alberta est plus favorable et juge que le budget construit un pont fort pour naviguer les eaux troubles de l’économie et de la pandémie.

Pour sa part la Fédération des contribuables de l’Alberta juge que le déficit sera trop important et que le gouvernement aurait dû faire plus d’efforts pour faire des économies.

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