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Lauberivière devient « le meilleur refuge en Amérique du Nord »

La façade du nouveau refuge de Lauberivière, en hiver, avec en arrière-plan la haute-ville de Québec.

Lauberivière vient en aide aux personnes sans-abri depuis 1983.

Photo : Radio-Canada / Louis Gagné

Le centre d’hébergement pour sans-abri Lauberivière tenait à ce que son nouveau bâtiment favorise l’accueil et la réinsertion de sa clientèle tout en assurant sa sécurité et celle des intervenants. À quelques jours de son ouverture, l’organisme croit pouvoir dire mission accomplie.

Capacité d’accueil augmentée, installations sanitaires modernes, élimination des dortoirs au profit de chambres individuelles, accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, performance écoénergétique décuplée, sécurité accrue : le centre d’hébergement s’est inspiré de ce qui se fait de mieux à l’échelle du continent.

Le directeur général Éric Boulay est à ce point satisfait du résultat qu’il est persuadé que Lauberivière deviendra une référence en matière d’aide aux plus démunis.

Ça fait au moins 5 ans qu'on y travaille et qu’on y pense. On a regardé les meilleurs modèles en Amérique du Nord, on a regardé le Drop-In Center à Calgary, on a regardé des modèles qui existent puis on est encore meilleur. On a le meilleur refuge en Amérique du Nord présentement, affirme M. Boulay en entrevue avec l’animateur du Téléjournal Québec, Bruno Savard.

Éric Boulay en entrevue à Radio-Canada.

Le directeur général de Lauberivière, Éric Boulay

Photo : Radio-Canada

Jeudi, l’équipe de Lauberivière a invité Radio-Canada à venir visiter ses nouvelles installations situées sur la rue du Pont, en face du YMCA, à quelques centaines de mètres seulement de l’actuel bâtiment.


Le site Internet de Lauberivière offre une visite virtuelle de son nouveau bâtiment. Pour y accéder, cliquez sur ce lien (Nouvelle fenêtre).

Créer un lien de confiance

Construit au coût de 22,5 millions de dollars et entièrement financé par des programmes gouvernementaux, le nouveau centre se distingue notamment par ses 131 chambres individuelles. Éric Boulay tenait à ce que chaque client se sente en sécurité dès son arrivée au centre.

Quand t'arrives, que t'es en crise, que t'es dans la rue et que tu viens chercher de l'aide pour la première fois, aller dormir avec 10 ou 12 itinérants dans l'ancien immeuble, ça pouvait être assez traumatisant , souligne le directeur général.

Un sommier en métal dans une chambre individuelle aux murs peints en blanc.

Toutes les chambres du nouveau bâtiment sont individuelles. Sur la photo : une chambre située dans l’aile d’hébergement réservée aux femmes.

Photo : Radio-Canada / Steve Breton

Il ajoute que le sentiment de sécurité qu’offre une chambre individuelle facilitera ensuite le travail de l’intervenant auprès de la personne venue chercher de l’aide.

Mieux les gens sont accueillis, plus on peut créer un lien de confiance et plus on a un meilleur lien et plus la réinsertion se fait [facilement].

Une citation de :Éric Boulay, directeur général, Lauberivière

L’intervenante responsable de l’hébergement pour les femmes, Catherine Bisson, abonde dans le même sens. Elle soutient que les espaces ont été conçus pour accompagner la clientèle de façon sécuritaire et réfléchie.

Tout a été vraiment mis en place pour que le coup de main qu'on donne aux gens qui viennent cogner à notre porte soit plus facile , fait valoir l’intervenante.

Plan large du refuge Lauberivière en hiver.

Le nouveau bâtiment compte 131 chambres individuelles et 18 logements de transition.

Photo : Radio-Canada / Louis Gagné

Clientèle très résiliente

Catherine Bisson reconnaît que ce changement de bâtiment demandera une certaine adaptation de la part de la clientèle. Elle est toutefois persuadée que les femmes accueillies dans le nouveau centre vont rapidement trouver leurs repères.

On a une clientèle qui est très résiliente puis une équipe de travail aussi qui est là pour les accompagner dans le changement puis au fur à mesure des journées et des mois, bien ce sera leur chez-elles à elles aussi.

Une citation de :Catherine Bisson, intervenante, Lauberivière

Lauberivière en chiffres :

  • Une centaine d'employés, dont 60 intervenants psychosociaux
  • 150 bénévoles réguliers
  • 143 126 repas et 35 798 couchers (un record) ont été offerts en 2020
  • L'an dernier, plus de 5000 personnes différentes ont été accueillies

Source : Lauberivière

Des douches dans une salle de bain commune.

Toutes les douches sont désormais individuelles.

Photo : Radio-Canada / Steve Breton

Le centre d’hébergement continuera d’accueillir des hommes et des femmes 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Il dispose des ressources pour héberger des personnes en crise ou qui ont consommé de l’alcool ou de la drogue.

Les chambres de passage, qui sont habitées seulement la nuit, sont situées aux quatrième et cinquième étages.

Aux étages supérieurs (niveaux 6 et 7), on retrouve des logements destinés à l’hébergement sur le long terme. Confortables et entièrement équipés, ces logements sont destinés à la clientèle en voie d’autonomie et de réinsertion. Ils pourront être occupés durant une période de 4 à 5 ans.

Une cuisine dans un logement.

Les 18 logements de transitions disposent de toutes les commodités pour assurer l’autonomie de leurs occupants.

Photo : Radio-Canada / Steve Breton

Émancipation

L'architecte responsable du projet, Anne Côté, mentionne que la fenestration du bâtiment a été conçue de manière à refléter cette progression de l’usager au sein de l’organisme.

Dans les étages d'hébergement d'urgence, ce sont de plus petites fenêtres, puis, quand la clientèle commence à se réhabiliter, aux étages de réhabilitation, les fenêtres sont plus grandes et le bâtiment se déploie dans une belle progression vers la lumière, avec des ouvertures de plus en plus larges et un parement extérieur aussi qui vient appuyer ce langage-là vers l'envol , explique-t-elle.

Une salle à manger dans une cafétéria.

Une fois la pandémie terminée, la nouvelle salle à manger de Lauberivière pourra accueillir jusqu’à 200 convives en même temps.

Photo : Radio-Canada / Louis Gagné

En plus d’offrir un service d’hébergement et un suivi psychosocial aux personnes sans-abri, Lauberivière est également connu pour sa soupe populaire. L’organisme peut servir jusqu’à 400 repas par jour.

Les nouvelles installations alimentaires du refuge sont à l’image du reste du bâtiment : modernes, spacieuses et lumineuses. En plus d’être dotée d’instruments à faire l’envie de tout restaurateur, la cuisine bénéficie de frigos et de congélateurs ayant une capacité de stockage accrue.

C'est du matériel qui est plus adapté à nos besoins. Dans les prochaines années, ça se peut qu'on ait plus de personnes à nourrir, donc on va être en mesure d’augmenter [le nombre de repas] si nécessaire , indique Emmanuel Legendre, chef de cuisine à Lauberivière depuis près de 15 ans.

Une cuisine d’institution avec des équipements et des comptoirs en acier inoxydable.

La nouvelle cuisine de Lauberivière dispose d’équipements neufs et modernes.

Photo : Radio-Canada / Steve Breton

L’organisme continuera de servir à ses usagers une cuisine réconfortante et plutôt traditionnelle .

Le nouveau bâtiment de Lauberivière ouvrira progressivement ses portes à sa clientèle à compter du 8 mars.

La mission va se poursuivre encore mieux qu’avant parce qu’on a de meilleurs outils pour aider les gens. La mission [de Lauberivière] reste, l’esprit demeure, mais on a une nouvelle coquille pour le faire. On est très heureux , conclut le directeur général Éric Boulay.

Avec la collaboration de Bruno Savard

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