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L’Alberta a perdu 3,6 G$ en 3 ans en investissant dans le transport du pétrole

La facture pourrait s’avérer plus salée si le coût d’annulation des contrats de transport par train augmente.

Un train de wagons de pétrole et une section de l'oléoduc Keystone XL.

La location de trains pour le transport du pétrole et l'investissement dans Keystone XL visaient tous deux à faciliter l'exportation du pétrole albertain.

Photo : La Presse canadienne / ALEX PANETTA / Radio-Canada / MIRNA DJUKIC

Selon le budget de l’Alberta présenté jeudi, les investissements publics dans le transport du pétrole par train et le pipeline Keystone XL coûteront 3,6 milliards de dollars aux Albertains. Le gouvernement et l’opposition s’accusent mutuellement d’avoir été irresponsables avec l’argent des contribuables.

Jason Kenney a parié l’argent des Albertains sur une victoire de Donald Trump aux élections présidentielles, a lancé la chef de l’opposition, Rachel Notley, après le dépôt du budget provincial. 

On y apprend que l'annulation par Joe Biden des permis du pipeline Keystone XL pourrait coûter jusqu’à 1,276 milliard de dollars au gouvernement de l’Alberta. La province avait investi 1,5 milliard dans le projet en mars 2020.

Une dépense non comptabilisée

Le budget 2021-2022, malgré son important déficit de 18,2 milliards de dollars, ne tient pas compte des pertes encourues en raison de l’annulation des permis du pipeline Keystone XL.

Le ministre des Finances, Travis Toews, a défendu à nouveau la décision de son gouvernement d’investir dans le projet. Nous avons pris un risque calculé en investissant dans ce projet qui avait le potentiel de créer une richesse incroyable pour notre province avec des revenus additionnels de 30 milliards de dollars sur 25 ans pour le gouvernement, a-t-il affirmé.

Il ajoute que le montant inscrit au budget est un maximum et que la province est encore en train d’analyser les différentes options qui s’offrent à elle pour tenter de récupérer son argent.

Ce montant ne tient cependant pas compte du coût du démantèlement des infrastructures existantes comme la portion de pipeline qui passe sous la frontière canado-américaine.

Joe Biden en conférence de presse.

Le président Joe Biden a annulé les permis de Keystone XL dès son arrivée en poste.

Photo : Reuters / CARLOS BARRIA

Jason Kenney a déjà annoncé son intention de faire appel au chapitre 11 de l’Accord de libre-échange nord-américain qui permettrait à l’Alberta et à TC Énergie d’exiger des compensations financières de Washington.

Ce chapitre ne fait pas partie du nouvel Accord Canada-États-Unis-Mexique, mais il demeure en vigueur jusqu’en 2023. Les entreprises canadiennes n’ont cependant jamais eu gain de cause en poursuivant les États-Unis à travers ce mécanisme de protection des investisseurs.

Pétrole par train, de bouées de sauvetage à boulet financier

Le Nouveau Parti démocratique aussi a investi des milliards pour tenter de faciliter l’exportation du pétrole albertain.

En 2019, le gouvernement de Rachel Notley s'est engagé à dépenser 3,7 milliards de dollars pour louer 4400 wagons de train au CN et au CP pour transporter davantage de pétrole albertain vers l’extérieur de la province. À l’époque, la province prévoyait que la hausse des redevances ainsi générée serait de 2,2 milliards de dollars. La province s’attendait donc à perdre 1,4 milliard de dollars.

Après son arrivée au pouvoir, le Parti conservateur uni a entrepris de se départir de ces contrats en les vendant au secteur privé. En 2019, il estimait les pertes à 1,5 milliard de dollars. Le coût total a maintenant bondi à 2,287 milliards de dollars.

Rachel Notley en conférence de presse.

La chef du Nouveau parti démocratique (NPD) Rachel Notley croit que la province aurait dû conserver les contrats signés quand elle était au pouvoir.

Photo : Radio-Canada / Peter Evans

Rachel Notley affirme qu’avec la remontée des cours du pétrole, il aurait été rentable de conserver ces contrats. Selon la province, il en aurait coûté entre 2,3 et 2,7 milliards de dollars.

La facture pourrait d’ailleurs continuer de monter puisque ce montant n’est qu’une estimation. L’Alberta s’était engagée à déplacer 120 000 barils de pétrole par jour. Jusqu’à présent, la province s’est départie de contrat de transport représentant 50 000 barils de pétrole par jour.

Il très facile, par après, de dire qu’on a pris une mauvaise décision, croit de son côté le doyen de la faculté d’administration de l’Université de l’Alberta, Joseph Doucet. Il ajoute cependant que les gouvernements devraient se servir de ces deux investissements comme d’un avertissement. Ça indique que les gouvernements devraient agir soigneusement, avec précaution et avec l’intérêt des contribuables en tête.

Selon lui, le gouvernement provincial doit se faire à l’idée que les redevances pétrolières ne reviendront probablement jamais à leur niveau d’avant 2014.

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