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Les producteurs de bleuets veulent s'affranchir des deux transformateurs de la région

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Le prix des bleuets était fixé à 0,50 $ la livre en 2020.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Radio-Canada

La Coopérative Grand Bleu demande à la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ) de permettre que les bleuets récoltés dans la région soient transformés à l’extérieur, une solution qui n’est pas la bonne, croient certains élus.

Des dizaines de producteurs aimeraient plutôt se tourner vers Emblème Canneberge, située près de Trois-Rivières.

Je ne veux pas faire de débat avec les autres transformateurs. On veut avoir le juste prix et de la transparence. On va savoir comment on vend notre bleuet, à qui on le vend et les retombées, ça va être les producteurs qui vont en bénéficier , met en contexte le producteur Daniel Leblond, président de la Coopérative Grand Bleu. En 2020, le prix du bleuet a été fixé à 0,50 $ la livre.

Selon Daniel Leblond, d'autres producteurs utilisant les terres publiques souhaitent aussi joindre le regroupement.

Le Syndicat des producteurs de bleuets du Québec (SPDQ), présidé par Daniel Gobeil, appuie sans réserve la demande adressée par la coop à la Régie.

Ces 90 producteurs-là, en faisant eux-mêmes leur mise en marché, s'ils reçoivent 10 cents de plus, bien les deux gros transformateurs, moi je présume qu'ils vont sortir le carnet de chèques et qu'ils vont donner des chèques à tout le monde. Ce n'est pas juste ces producteurs-là qui vont être gagnants, c'est tous les producteurs , exprime Daniel Gobeil.

Le syndicat aimerait que des alliances régionales soient créées. Comme rien n'évolue en ce sens, il prêche pour l'autonomie des producteurs.

Si on parle d’Alcan [NDLR : Rio Tinto], ils envoient leur aluminium en Chine, et eux autres nous renvoient des assiettes en aluminium. Les grandes cultures envoient notre avoine ailleurs et ils nous renvoient de la farine. Ce n’est pas d'hier ça, là. On n'est pas capable d'avoir tout ici au Lac-Saint-Jean. On a le choix là. Ou bien on aide ces producteurs-là à se prendre en main, ou bien on leur dit non et ils restent à la merci des deux principaux transformateurs , enchaîne le leader syndical.

Ces transformateurs sont Bleuets sauvages du Québec et Bleuets Mistassini. Ni l’une ni l’autre n’a voulu accorder d’entrevues. Leurs directions préfèrent débattre leur point de vue devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec plutôt que sur la place publique.

Un champ de bleuets l'automne

Un champ de bleuets l'automne

Photo : Radio-Canada

La démarche de la coop fait face à de l’opposition de la part d’élus comme le préfet de la MRC de Maria-Chapdelaine, Luc Simard, qui souhaite que la région profite d’un maximum de retombées économiques.

Si on ouvre cette clause-là, pour les producteurs qui sont membres de cette coop-là, bien on l'ouvre pour tout le monde. Ça peut laisser la place à des joueurs d'amener des bleuets et de perdre des volumes encore plus importants que ce qu'il y a pour nos usines de transformations régionales. Pour nous, c'est inacceptable , plaide le préfet.

Pendant de nombreuses années, la Coopérative Grand Bleu a planché sur un projet de construction d’une usine de transformation. Une partie du financement avait été amassé, mais le projet n’a pu voir le jour.

Le préfet Simard croit que repose, dans cette usine, la recette gagnante et aimerait que le projet se concrétise. Il souhaite relancer les discussions avec la coop.

C’est un faux débat. On est conscient que les sous que les producteurs vont faire, ils vont les faire de toute façon même si l’usine est construite ici. Si l’usine se construit, en plus d’avoir les sommes que les producteurs vont faire avec la récolte de leurs bleuets, on va être capable d’avoir les retombées économiques de la transformation de ces bleuets-là, donc on gagne sur les deux plans.

Une citation de :Luc Simard, préfet de la MRC de Maria-Chapdelaine

Des bleuets du Nouveau-Brunswick

Daniel Gobeil ne comprend pas pourquoi les usines de transformation peuvent aller chercher des bleuets à l'extérieur, alors que les producteurs, eux, ne peuvent pas les transformer ailleurs.

L’autre fait, c’est que les gros transformateurs vont chercher leurs bleuets au Nouveau-Brunswick. Pendant qu’ils passent ça dans leurs usines, nous autres, ils nous donnent des quotas de boîtes. Ça fait quelques années que ça a commencé. Vers la fin de la récolte, je pense en 2016, je pense, il y a une journée où j’ai ramassé 604 boîtes à moi tout seul. L’année passée, j’en avais peut-être 120. Tu ramasses tes 120 boîtes et tu t’en vas chez vous et tu attends le lendemain. Ils nous étirent la saison sur plusieurs semaines. Pour eux, c’est rentable, parce que l’usine travaille plus longtemps , expose Daniel Gobeil.

D'après le reportage de Laurie Gobeil

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