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Des milices « veulent faire sauter le Capitole » quand Biden s'adressera au Congrès

Une clôture en acier de 2,5 mètres de haut surmontée de fil barbelé encercle le Capitole.

Une clôture en acier de 2,5 m de haut surmontée de fil barbelé a été érigée autour du Capitole après l'assaut du 6 janvier.

Photo : Getty Images / Chip Somodevilla

La menace qui pèse contre le Capitole est loin d'être levée, a averti jeudi la chef de la police du Capitole par intérim devant un sous-comité de la Chambre des représentants qui se penche sur les défaillances sécuritaires qui ont permis l'assaut du 6 janvier.

Interrogée sur le calendrier prévu pour le retrait de certains dispositifs de sécurité mis en place après l'invasion du siège du Congrès par des partisans de l'ancien président Donald Trump, Yogananda Pittman a spécifié que les forces de l'ordre restaient préoccupées par la menace que représentent toujours certains groupes d'extrême droite.

Nous savons que les membres des milices qui étaient présentes le 6 janvier ont exprimé leur intention de faire sauter le Capitole et de tuer le plus grand nombre possible d'élus en lien direct avec [l'allocution sur] l'état de l'Union.

Une citation de :Yogananda Pittman, chef de la police du Capitole par intérim

Sur la base de ces informations, nous pensons donc qu'il est prudent que la police du Capitole maintienne ses mesures de sécurité renforcées et robustes, a-t-elle ajouté.

Le président Joe Biden doit s'adresser sous peu aux deux chambres du Congrès, mais la Maison-Blanche a indiqué à la mi-février qu'aucune date n'avait été arrêtée. Le discours devrait être prononcé après l'adoption de son plan de relance économique d'urgence de 1900 milliards de dollars.

L'allocution n'est cependant pas considérée comme un discours sur l'état de l'Union à proprement parler, puisque Joe Biden n'a pas de bilan gouvernemental annuel à présenter.

Yogananda Pittman a précisé que les dispositifs de sécurité mis en place il y a un mois et demi ne seraient pas permanents. Depuis l'assaut du Capitole, une clôture en acier de 2,5 m de haut, surmontée de fil barbelé, encercle le bâtiment, entre autres mesures.

Un « échec à plusieurs niveaux »

La républicaine Jaime Herrera Beutler, membre du sous-comité, a souligné ne pas avoir entendu les policiers recevoir de consignes après le début de l'invasion du Capitole. Ils ne recevaient pas de directives. Il n'y avait pas de coordination, et on pouvait voir la peur dans leurs yeux, a-t-elle soutenu.

La situation était telle que les agents qui auraient dû transmettre des instructions par radio à leurs collègues sur le terrain les aidaient plutôt à défendre le Capitole, a reconnu Yogananda Pittman, qui a évoqué un échec à plusieurs niveaux.

Elle a précisé que les forces de l'ordre évaluaient à 10 000 le nombre de manifestants qui ont réussi à pénétrer dans le périmètre du Capitole, pour un total de 1200 policiers. Quelque 800 émeutiers ont envahi l'édifice, a-t-elle ajouté.

L'assaut, perpétré par des partisans de Donald Trump lors de la session conjointe du Congrès pour valider le vote du Collège électoral, s'est soldé par la mort de cinq personnes, dont un policier, frappé à coups d'extincteur. Deux autres policiers se sont également suicidés dans les jours qui ont suivi.

Nous savons que les insurgés qui ont attaqué le Capitole ne cherchaient pas seulement à attaquer des membres du Congrès et des policiers, a déclaré Mme Pittman. Ils voulaient envoyer un message symbolique à la nation pour indiquer qui est en charge [du] processus législatif.

« Aucune menace crédible » ne laissait envisager l'assaut

Elle a par ailleurs affirmé que le département s'était préparé pour le 6 janvier en fonction des informations recueillies par les forces de l'ordre, dont le FBI et les services de renseignement.

Si son département savait que des extrémistes armés pouvaient commettre des actes violents au Capitole ce jour-là, a rapporté Yogananda Pittman, les renseignements recueillis avant l'émeute n'indiquaient aucune menace crédible quant à des événements de cette ampleur.

Ses explications coïncident avec celles d'anciens responsables de la sécurité au Capitole livrés plus tôt cette semaine devant deux comités sénatoriaux.

Son prédécesseur ainsi que les anciens sergents d'armes du Sénat et de la Chambre des représentants, tous trois contraints à la démission, ont unanimement montré du doigt les ratés des services de renseignement et la lenteur du Pentagone à mobiliser la Garde nationale.

Toutes ces enquêtes font suite au bref procès en destitution de l'ex-président Trump, dont l'acquittement, il y a une douzaine de jours, était hautement prévisible.

Accusé d'« incitation à l'insurrection », il a bénéficié de la clémence du Sénat pour la deuxième fois en à peine plus d'un an.

La semaine dernière, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a par ailleurs annoncé son intention de créer une commission indépendante qui ferait la lumière sur les événements, à l'image de la Commission du 11 Septembre, mise en œuvre pour enquêter sur les causes des attentats de 2001.

Avec les informations de CNN, et NBC News

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