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Le 3e lien de Québec pourrait avoir une touche sherbrookoise

Trois grosses pierres arrondies sont entassées sur le sol.

Ces voussoirs développés par des chercheurs de l'Université de Sherbrooke pourraient être utilisés dans la construction du troisième lien, à Québec.

Photo : Radio-Canada / Marion Bérubé

Des chercheurs de l’Université de Sherbrooke mettent au point une armature de béton armé faite à base de fibre de verre au lieu de l’acier. Après avoir fait ses preuves dans la construction de ponts à travers le pays, ils visent un nouvel objectif de taille : le 3e lien à Québec.

Brahim Benmokrane et son équipe travaillent depuis plus de 20 ans à développer du béton armé fait de fibres de verre ou de carbone plutôt que d’acier.

Le professeur regarde la caméra en souriant dans un laboratoire.

Le professeur à la Faculté de génie de l’Université de Sherbrooke Brahim Benmokrane.

Photo : Radio-Canada / Marion Bérubé

C’est un matériau qui est très léger et résistant. Je peux même soulever l’armature d’une colonne, explique le professeur de la faculté de génie en joignant la parole à l’acte. Si c’était en acier, je ne pourrais jamais faire ça, c’est impossible à soulever!

La fibre de verre n'a pas de corrosion et dans un milieu où il y a de l'eau et de l'oxygène, c'est un gros avantage, renchérit son collègue, l’ingénieur à la recherche Marc Demers.

Une armature est posée par terre sur une planche en bois.

L’armature constituée par les chercheurs de Sherbrooke est fabriquée à partir de fibre de verre ou de carbone au lieu de l’acier traditionnellement utilisé dans le béton armé.

Photo : Radio-Canada / Marion Bérubé

Après avoir utilisé cette technologie dans la construction de ponts, Brahim Benmokrane a un nouvel objectif dans sa ligne de mire : il souhaite que les armatures arrondies testées dans son laboratoire soient utilisées pour le 3e lien à Québec.

Un voussoir, c’est un élément en arc qui va épouser la forme circulaire d’un tunnel. C’est une armature qui a été développée en usine pour avoir cette forme [arrondie]. C’est un nouveau procédé qu’une entreprise a développé et on l’a testé ici au laboratoire, indique-t-il.

Une carte de Québec, Lévis et l'île d'Orléans sur laquelle on voit un tracé entre Lévis et Québec

Étude d'un tracé central

Photo : Gouvernement du Québec

Ces voussoirs estriens auront un avantage non négligeable : une durée de vie beaucoup plus longue que le béton armé avec de l’acier.

En utilisant cette technologie, le troisième lien aura facilement de 100 à 150 ans de durée de service. Alors que si on va utiliser l'armature d'acier, les travaux de maintenance vont déjà commencer, à partir de 20, 25, 30 ans, révèle le professeur du département de génie civil.

Un laboratoire grandeur nature

Le professeur peut compter sur un laboratoire à la hauteur de ses ambitions, situé en plein cœur de la Faculté de génie de l’Université, pour tester ses multiples projets. Après les ponts et les tunnels, il souhaite utiliser ses armatures en fibres de verre pour la construction de bâtiments.

Il y a très peu d’universités en Amérique du Nord qui ont un laboratoire et de l’équipement comme on a.

Une citation de :Brahim Benmokrane, professeur, Faculté de génie, Université de Sherbrooke

On prévoit construire un bâtiment de deux étages [dans le laboratoire] et on va tester le béton avec des charges cycliques, verticales, des tremblements de terre. On veut tester ce genre de matériaux à pleine échelle, mentionne l’expert.

Deux tours sont érigées une à côté de l'autre.

En plus des ponts et des tunnels, Brahim Benmokrane va également tester sa nouvelle technologie sur un bâtiment construit à même le laboratoire de Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada / Marion Bérubé

Le but à plus long terme est de demeurer un chef de file dans le domaine. On est vraiment déjà dans le top mondial et ce qu'on veut les prochaines années c'est se maintenir au top mondial, soutient M. Benmokrane.

Le professeur peut déjà compter sur un investissement de trois millions de dollars récemment octroyé par le gouvernement fédéral pour poursuivre dans cette voie. Ce coup de pouce financier lui permettra d’améliorer la technologie, mais aussi de la faire connaître à travers le monde.

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