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Budget 2021 : la lutte contre la pandémie plonge l’Alberta dans une dette record

Le gouvernement albertain n'a plus de plan pour retourner à l'équilibre budgétaire.

Photo de l'Assemblée législative de l'Alberta avec des graphiques surimposés.

Le budget albertain ne prévoit pas un retour de l'économie à son niveau prépandémique avant 2023.

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement albertain continuera de faire fonctionner la machine à billets pour financer la lutte contre la COVID-19 et compenser les répercussions de cette pandémie sur l’économie, selon son budget 2021-2022, déposé jeudi.

Sans importante augmentation des revenus prévue, l’Alberta poursuit sa plongée dans le rouge. Le déficit est anticipé à 18,2 milliards de dollars pour 2021-2022.

Malgré ses promesses électorales, le gouvernement conservateur uni ne prévoit plus de date pour retourner à l’équilibre budgétaire. 

Je suis déçu qu’on ne puisse pas présenter un budget équilibré lors de notre premier mandat, a déclaré le ministre des Finances, Travis Toews.

Contrairement à ce qu’espéraient de nombreux économistes, le gouvernement ne pose aucune base pour arriver à cet objectif. Il renvoie la discussion à l’après-pandémie. 

La dette devrait atteindre 115,8 milliards de dollars en 2021, un niveau jamais vu au cours des 40 dernières années.

Travis Toews achète des bottes de cowboy dans un magasin albertain.

Le ministre albertain des Finances, Travis Toews, a acheté de nouvelles bottes pour le dépôt du budget 2021.

Photo : Paul Taillon/Bureau du premier ministre

Réaction de l'opposition

En réponse à ce budget, l’opposition officielle ne mâche pas ses mots. Selon le Nouveau Parti démocratique (NPD), le budget manque la marque.

Tous les Albertains doivent maintenant payer pour les erreurs de Jason Kenney. Son pari risqué avec Keystone XL, devinez qui va payer? Vous!, s'est exclamée la chef du parti, Rachel Notley.

La chef de l’opposition s’en est aussi prise aux baisses d’impôts pour les entreprises, qui n’ont pas fonctionné, estime-t-elle.

Il n’y a pas de plan dans ce budget pour ramener les emplois en Alberta ou pour diversifier l’économie.

Une citation de :Rachel Notley, chef du NPD

Le gouvernement continue plutôt de vouloir équilibrer les finances en faisant d’importantes compressions dans la fonction publique.

Priorité à la santé

Sans surprise, la COVID-19 est le fil rouge de ce budget 2021. Environ 2,86 milliards de dollars sont consacrés à la lutte contre la pandémie, dont un peu moins de la moitié ira directement aux dépenses de santé comme les campagnes de vaccination, le suivi des contacts et l’équipement sanitaire. 

Le budget du ministère de la Santé augmentera également de 900 millions de dollars.

Financer adéquatement la santé est notre priorité, a répété le ministre des Finances, Travis Toews, en conférence de presse. 

Le reste de cet argent sera divisé en de multiples initiatives dans l’espoir de diversifier l’économie et créer de l’emploi.

Les dépenses liées à la pandémie

  • 1,25 milliard de dollars dans la santé

  • 1,1 milliard de dollars pour la relance économique

  • 500 millions de dollars dans un fonds de prévoyance 

Les secteurs du tourisme, des nouvelles technologies, des finances et de l’innovation scientifique bénéficieront tous d’annonces budgétaires, mais le ministre des Finances s’est montré avare de détails. 

La fonction publique toujours sur la sellette

Malgré ses dépenses en santé, le gouvernement albertain tente de maintenir le cap de sa cure minceur pour le reste de la fonction publique. 

L’an dernier, il avait promis de réduire les dépenses de services publics par habitant au niveau des autres grandes provinces et de diminuer le nombre de fonctionnaires de 8 %.

L’ajout d’employés à Services de santé de l’Alberta (AHS) ne permettra pas au gouvernement d’atteindre ces objectifs cette année, mais M. Toews a réitéré son engagement en la matière. 

Le gouvernement espère économiser plus de 800 millions de dollars en salaires et rémunérations des fonctionnaires et médecins par rapport à ses dépenses anticipées pour 2020, ce qui laisse prévoir des relations difficiles avec les syndicats. 

Le budget 2021 en 5 chiffres clés

  • Déficit : 18,2 milliards de dollars

  • Dette : 115,8 milliards de dollars

  • Rapport dette/PIB : 24,5 %

  • Croissance anticipée : 4,8 %

  • Taux de chômage anticipé : 9,9 %

Les universités et les autres établissements postsecondaires verront également leur financement diminuer comme cela était planifié dans le budget précédent. Le gouvernement s’attend à ce que cette baisse de l’enveloppe budgétaire se traduise par la diminution de 750 emplois dans ce domaine.

Les écoles devraient continuer à recevoir un financement stable malgré une diminution anticipée du nombre d’inscriptions. Le budget ne prévoit aucune augmentation dans les années à venir. 

Le Secrétariat francophone perd 40 000 $ de son budget par rapport au budget de février 2020. 

Ces différentes mesures ne seront toutefois pas suffisantes pour empêcher une augmentation des dépenses, qui atteindront près de 62 milliards de dollars. 

Elles pourraient même être plus élevées, puisque le gouvernement a choisi de ne pas inclure les pertes liées à son investissement dans le projet de pipeline Keystone XL, maintenant annulé. 

Une très lente reprise économique

La planche de salut de l’Alberta n’est pas non plus à trouver dans les revenus. 

Depuis le début de l’année, le prix du pétrole a repris du poil de la bête, ce qui a déjà permis d’augmenter les redevances pétrolières. Le gouvernement se montre toutefois prudent dans ses prévisions et compte sur un prix du pétrole de 46 $ américains. 

Les revenus tirés des hydrocarbures resteront donc modestes, aux alentours de 1,5 milliard de dollars, contre plus de 4 milliards en 2019-2020. 

Les revenus de l’impôt sur les sociétés sera, lui, en forte diminution en 2021, puisque le gouvernement s’attend à ce que les compagnies reportent leurs pertes cette année.

Le gouvernement compte en revanche sur la reprise économique pour stimuler les revenus des ménages et, donc, cette source d’impôt. 

Il n’en reste pas moins très prudent dans ses prévisions économiques. Le taux de chômage ne devrait pas revenir à son niveau prépandémie avant 2024.

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