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Des étudiantes à la tête d'un magazine autochtone sur l'architecture

Leur but est d'inspirer la prochaine génération de concepteurs autochtones.

Quatre femmes debout autour d'un bâtiment.

Les rédactrices en chef du magazine, de gauche à droite : Danielle Desjarlais, Desirée Thériault, Naomi Ratte et Reanna Merasty

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Un groupe d’étudiantes autochtones de l’Université du Manitoba publie le premier numéro d’une revue qui regroupe des projets d’étudiants en architecture, en architecture du paysage, en design intérieur et en urbanisme.

La revue s’appelle Voix de la terre : design et planification autochtone des Prairies (Voices of the Land: Indigenous Design and Planning from the Prairies en anglais). Elle rassemble des projets d’étudiants dans ce domaine, mais aussi des entrevues avec d’éminents créateurs autochtones.

Les rédactrices en chef de la revue sont Reanna Merasty, Naomi Ratte, Desirée Thériault et Danielle Desjarlais.

Mme Merasty et Mme Ratte sont aussi les cofondatrices de l’Association des étudiants autochtones en design et en planification de l’Université du Manitoba. L’association a été fondée en automne 2019 et la nouvelle revue est sa première publication.

Desirée Thériault est membre de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba. Elle a récemment obtenu sa maîtrise en architecture du paysage et travaille maintenant dans ce domaine, notamment auprès de communautés de Premières Nations de l’Ontario, avec la firme Narratives.

Un grand bâtiment avec des colonnes au crépuscule.

L'Université du Manitoba, à Winnipeg

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Quand j’ai commencé mon bac en design environnemental, tout au long du programme, je ne me suis jamais sentie comme si j’avais quelqu’un ou une association pour me représenter. Il y avait vraiment un manque de contenu [autochtone] et une sous-représentation dans le département, se souvient-elle.

Dans sa première année, l’association regroupait 13 étudiants parmi les quelque 500 inscrits à la Faculté d’architecture de l’Université du Manitoba. Elle en compte maintenant 16, qui ont tous contribué à la revue.

La publication était vraiment une ode à tous les étudiants qui se sont joints à l’association, indique Desirée Thériault.

Inspirer la prochaine génération

Avant tout, le but de la revue est d’inspirer la prochaine génération de jeunes [concepteurs] autochtones, affirme l’architecte. Elle croit qu’il est important de démontrer que la planification et le design sont une option de carrière viable.

Son message pour les jeunes Autochtones : Tu n’es pas pris dans une boîte quant à ce que tu peux faire. Il y a vraiment beaucoup d'options différentes qui sont artistiques.

C’était ça, le but de la publication, ajoute-t-elle.

Quatre femmes dans une énorme salle de classe vide.

Les quatre rédactrices en chef dans un atelier de la Faculté d'architecture à l'Université du Manitoba

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Représenter l'identité autochtone

La diversité des carrières dans le domaine du design transparaît dans les pages de la revue. On y trouve des plans de centres d’art, de monuments consacrés aux femmes et aux filles autochtones disparues et assassinées, de tours résidentielles ou encore de réaménagement des berges des rivières de Winnipeg.

Nos identités sont tellement diversifiées : Premières Nations, Inuit, Métis... Les projets qui sont partagés ici sont aussi très diversifiés, ajoute Desirée Thériault. Ce sont souvent des projets très personnels qui sont une représentation de notre identité.

Desirée Thériault, souriante.

Desirée Thériault est membre de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Elle note qu’elle a remarqué un manque de représentation autochtone dans l’architecture de Winnipeg. Or, selon elle, le design est un outil puissant pour réaffirmer les droits et libertés.

Je considère que l’acte de conception peut remettre en cause le cadre de la colonisation.

Une citation de :Desirée Thériault, architecte et Métisse

Ainsi, il est essentiel que les jeunes Autochtones puissent voir comment leur identité peut être injectée dans nos villes, dans nos paysages, ajoute Desirée Thériault.

La Métisse francophone espère que la revue proposera des contenus en français et aussi dans des langues autochtones, à l’avenir.

La revue est offerte gratuitement sur le site web de la Faculté d’architecture de l’Université du Manitoba, ou en format papier au coût de 20 $. Tous les fonds iront à la tenue d’ateliers de design pour les jeunes Autochtones qui devraient être lancés l'été prochain.

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