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Un salaire minimum « inadéquat » au Nouveau-Brunswick

Un homme nettoie le plancher avec une vadrouille.

Un homme nettoie le plancher avec une vadrouille.

Photo : Reuters / Vivek Prakash

Radio-Canada

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a annoncé cette semaine que le salaire minimum allait augmenter de 5 cents par heure à compter du 1er avril, pour passer à 11,75 $. Une timide augmentation jugée inadéquate pour des travailleurs en situation précaire.

20 $ l'heure pour survivre

Cette hausse modeste est décevante et, surtout, elle maintient le salaire minimum à un niveau inadéquat pour éviter à un individu une situation précaire au Nouveau-Brunswick, indique Gabrielle Ross-Marquette, coprésidente syndicale du Front commun pour la justice sociale.

Certaines études récentes ont déclaré qu'un salaire de subsistance devrait être autour du 20 $ dans le sud du Nouveau-Brunswick. Donc on se trouve très, très, très loin de ce 11,75 $, explique-t-elle.

L’organisme qu’elle représente avait recommandé que le taux horaire minimum soit fixé à 15 $ dans l’immédiat.

« La responsabilité du gouvernement »

Le salaire minimum existe parce que, malheureusement, il y a des employeurs qui paieraient des employés moins que ça si c'était légal. Le salaire minimum existe pour créer une base, a expliqué Mme Ross-Marquette jeudi au Téléjournal Acadie.

Si la responsabilité de garantir un minimum aux gens qui travaillent n'est pas laissée au bon vouloir des entreprises, alors c'est au gouvernement de prendre ses responsabilités, déclare-t-elle.

C'est la responsabilité du gouvernement d'assurer qu'une personne qui doit survivre du salaire minimum puisse avoir une vie décente. Donc, c'est leur responsabilité d'examiner les circonstances et de faire des ajustements en conséquence, rappelle-t-elle.

Gabrielle Ross-Marquette photographiée à l'extérieur.

Gabrielle Ross-Marquette, coprésidente syndicale du Front commun pour la justice sociale.

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Essentiels et sous-payés

Gabrielle Ross-Marquette craint que l’incertitude économique causée par la pandémie ne soit en train d'aggraver la situation de pauvreté dans laquelle se trouvent plusieurs Néo-Brunswickois.

La plupart des travailleurs au Nouveau-Brunswick qui sont au salaire minimum ont été louangés comme des travailleurs essentiels - et c'est vrai, ce sont des travailleurs essentiels durant la pandémie. C'est maintenant le temps de les reconnaître à leur juste valeur, dit-elle.

Elle mentionne les primes octroyées par le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard à ses travailleurs essentiels à revenu plus faible. Le Nouveau-Brunswick, de son côté, a offert un soutien apparenté, mais en demi-teinte.

Au Nouveau-Brunswick, ils ont décidé de seulement le donner à certains types [de travailleurs] - qui, on s'entend, méritent ces bonus - mais ça aurait pu être étendu à tous les travailleurs essentiels qui font le salaire minimum en ce moment, comme ça l'a été à l'Île-du-Prince-Édouard, croit-elle.

Gabrielle Ross-Marquette remarque que la volonté de régler les problèmes de pauvreté au Nouveau-Brunswick n'est pas accompagnée des gestes courageux qui s'imposeraient, selon elle.

Il y a beaucoup de belles paroles, mais il y a beaucoup d'évitement lorsque vient le moment d’affronter le problème, déclare-t-elle.

On a besoin de voir plus d'actions rapides et agressives, le taux de pauvreté est très élevé au Nouveau-Brunswick et, avec la pandémie, on a besoin d'avoir des soutiens sociaux qui sont robustes pour que la pauvreté ne s'aggrave pas, plaide-t-elle.

Avec les renseignements de Karine Godin

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