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Stratégie navale : rapport accablant de la vérificatrice générale

Une image montre un employé du chantier naval Irving à Halifax qui travaille sur une section d'un navire extracôtier et de l'Arctique devant être livré à la Marine royale canadienne.

Plusieurs navires pourraient être mis hors service avant que la flotte de remplacement soit opérationnelle.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

La Stratégie de construction navale a connu tellement de retards qu’Ottawa ne peut plus s'en permettre de nouveaux. Ce n’est qu’un des drapeaux rouges que vient d’agiter à ce sujet la nouvelle vérificatrice générale du Canada.

Karen Hogan prévient que des retards supplémentaires pourraient mettre en péril le renouvellement des flottes de la Marine royale et de la Garde côtière et avoir des conséquences majeures comme celle de réduire la capacité du Canada de mener à bien des activités essentielles.

Au rythme où vont les choses, plusieurs navires pourraient être mis hors service avant que la flotte de remplacement soit opérationnelle.

La stratégie annoncée en 2010 par le gouvernement de Stephen Harper prévoit la construction d’une cinquantaine de navires pour la Défense nationale et la Garde côtière canadienne.

Si quatre navires devaient être livrés avant janvier 2020, seulement deux ont été complétés. Et ils l’ont été avec des retards.

Dans l’ensemble, nous avons constaté qu’au cours de la période d’audit, la Stratégie nationale de construction navale avait tardé à livrer les navires de combat et autres navires dont le Canada a besoin pour honorer ses obligations à l’échelle nationale et internationale.

Une citation de :Extrait du rapport de la vérificatrice générale
Brise-glace moyen.

Le NGCC Des Groseilliers

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis_Rad

C’est le premier examen que mène le Bureau du vérificateur général sur la Stratégie nationale de construction navale depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement Trudeau.

Au-delà des retards persistants dans la construction, le rapport en arrive à d’autres conclusions inquiétantes. L’audit permet de confirmer des faiblesses dans la gestion des échéanciers et des outils de gestion des risques inadéquats.

Les quatre ministères clés de la stratégie sont montrés du doigt : la Défense nationale, Pêches et Océans Canada, Services publics et Approvisionnement Canada et Innovation, Sciences et Développement économique Canada.

Nous avons constaté que le gouvernement avait déterminé que des calendriers de travail peu fiables posaient un risque pour plusieurs projets, mais que les mesures qu’il avait prises pour atténuer ce risque n’avaient pas toujours été efficaces.

Une citation de :Extrait du rapport

Ce rapport est rendu public au lendemain de celui du directeur parlementaire du budget, qui concluait que la facture des futurs navires de combat de la Marine royale canadienne serait plus salée que prévu.

Selon Yves Giroux, les 15 frégates évaluées initialement à 26 milliards de dollars devraient maintenant coûter plus de 77 milliards de dollars, en raison notamment des retards importants du programme.

Le rapport du Bureau du vérificateur général ajoute maintenant que dans le cas du projet des navires de combat, il a fallu plus de six mois, après le début de l’étape de conception du projet, pour que le gouvernement obtienne un calendrier suffisamment détaillé pour pouvoir assurer un suivi précis des progrès réalisés.

L’audit effectué en janvier 2020 ne tient pas compte des reports occasionnés par la COVID-19. J’ai des préoccupations que la marge de manœuvre qui existait a été perdue avec les retards de la pandémie, écrit Karen Hogan.

Karen Hogan marche en portant un masque et en tenant des documents dans ses mains.

La vérificatrice générale du Canada, Karen Hogan.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

La vérificatrice générale constate aussi que Services publics et Approvisionnement Canada n’a toujours pas confirmé que les chantiers Irving et Seaspan satisfont aux normes internationales en matière de construction de navires.

Les rapports de Karen Hogan et d'Yves Giroux risquent d'alimenter les critiques qui disent depuis des années que cette stratégie s'en va à la dérive.

Cet éclairage pourrait mettre davantage de pression sur Ottawa, qui tarde à confirmer un carnet de commandes pour le chantier Davie au Québec.

Davie n’est pas encore considéré officiellement comme un joueur à part entière du plan fédéral d’achat de navires. Les négociations qui doivent confirmer son statut n’ont toujours pas abouti.

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