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Un candidat vaccin novateur contre le VIH bientôt testé sur des humains

Illustration du VIH.

À l’heure actuelle, il n’existe aucun vaccin contre le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) qui s’attaque au système immunitaire des personnes atteintes.

Photo : iStock

Radio-Canada

L’Institut de recherche vaccinal de France lance une campagne de recrutement de personnes volontaires pour participer à un essai clinique d’un vaccin préventif contre le VIH.

À l’heure actuelle, il n’existe aucun vaccin contre le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) qui s’attaque au système immunitaire des personnes atteintes.

Les traitements actuels offrent aux personnes vivant avec le virus une vie quasiment normale, mais aucun médicament ne permet d’en guérir.

De l’espoir

Une évaluation préclinique menée en laboratoire a donné des résultats prometteurs du vaccin français sur des animaux.

Le vaccin en est à la phase I d’un essai clinique, qui vise à évaluer la non-toxicité du vaccin testé sur les humains.

L’Institut est à la recherche de 72 volontaires français (Île-de-France) âgés entre 18 et 65 ans et sans problème de santé. La durée de l’essai est de 12 mois, et comprend 8 visites à l’hôpital. Les participants devront continuer de se protéger contre tout risque de contamination par le VIH.

La phase II cherchera à montrer l'efficacité du vaccin et à établir la dose optimale. À cette étape, les chercheurs tenteront de déterminer si le vaccin a des effets secondaires à court terme, et à vérifier la réaction du système immunitaire.

La phase III comparera son efficacité à un placebo. Menée sur des milliers de personnes, elle servira en quelque sorte de vérification ultime de la sécurité du vaccin, mais aussi de son efficacité chez les personnes susceptibles de tomber malades. Elle permet aussi de déterminer les patients pour lesquels le vaccin sera déconseillé.

Ensuite, si toutes les étapes sont probantes, le vaccin arrivera à l’étape de l'approbation. Les fabricants doivent alors fournir aux instances nationales de la santé les preuves scientifiques quant à la sécurité, l'efficacité et la qualité du vaccin.

Repères

  • Environ 38 millions de personnes vivent avec le VIH.
  • Il y a chaque année environ 1,7 million de nouvelles infections.
  • Le virus a tué pas moins de 770 000 personnes en 2018.

Une approche différente

La mise au point d’un vaccin préventif est jugée primordiale par l’Organisation mondiale de la santé pour mettre fin à la transmission de ce virus, mais elle se heurte depuis plusieurs décennies à de nombreux obstacles qui n’ont pas pu être surmontés par les vaccins classiques testés jusqu’à présent.

La stratégie de l’Institut français est différente de celles testées à ce jour. Son candidat vaccin CD40.HIVRI.Env repose sur l’injection d’anticorps monoclonaux (des protéines fabriquées par les cellules du système immunitaire) qui ciblent spécifiquement des cellules clés de la réponse immunitaire, les cellules dendritiques.

C’est la première fois qu’un vaccin vise directement ces cellules, affirme l’Institut par communiqué.

Il s’agit, avec ce vaccin, de diriger la réponse contre le VIH exactement au niveau des cellules les plus importantes pour l’éducation et l’activation du système immunitaire, c’est-à-dire les cellules dendritiques.

Une citation de :Yves Lévy, directeur de l'Institut de recherche vaccinal de France

En effet, sur les anticorps monoclonaux du candidat vaccin est fixée une protéine de l’enveloppe du VIH : c’est elle que le système immunitaire doit apprendre à reconnaître pour neutraliser le virus, explique-t-on dans le communiqué.

L’essai de phase I sera mené en double aveugle, c’est-à-dire que les chercheurs donneront le vaccin à une partie des participants et à une autre un placebo. Ni les chercheurs ni les volontaires ne sauront ce que les derniers recevront.

Cet essai évaluera la tolérance de différentes doses du vaccin qui seront administrées soit seules, soit associées à un autre vaccin actuellement en développement en phase II/III. Celui-ci est un vaccin à ADN qui amplifierait la réponse immunitaire et permettrait ainsi d’obtenir une meilleure efficacité.

Cet essai permettra également d’étudier l’effet de la combinaison du vaccin ciblant les cellules dendritiques et d’un vaccin ADN. L’objectif est de potentialiser l’effet des vaccins et de maintenir à long terme la réponse immunitaire, notamment la production d’anticorps contre le VIH, affirme le Pr Yves Lévy, directeur de l'Institut de recherche vaccinal de France.

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