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Mondial de soccer : sans Québec, Ottawa n’aidera pas plus Montréal

Montréal doit trouver de nouveaux partenaires financiers si elle veut maintenir sa candidature pour la Coupe du monde de soccer en 2026.

Le stade olympique de Montréal

Montréal espérait organiser des matchs de la Coupe du monde 2026 de soccer au stade olympique.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Après le récent désistement du gouvernement du Québec, l’équipe de Justin Trudeau refuse d’aider davantage, financièrement parlant, la candidature de la Ville de Montréal pour la Coupe du monde de soccer en 2026, selon des informations obtenues par Radio-Canada.

Début février, des représentants de la métropole ont rencontré ceux du ministère du Patrimoine canadien, dirigé par Steven Guilbeault, responsable également du sport et de la culture.

Montréal cherche des solutions pour maintenir sa candidature en vie, qui a du plomb dans l’aile. Fin janvier, le gouvernement Legault a décidé de se retirer de ce dossier, malgré une entente signée, en 2018, par l’ex-premier ministre Philippe Couillard.

Initialement, Montréal, Québec et Ottawa s'étaient engagés à se partager équitablement la facture.

En moins de trois ans, les coûts estimés pour le gouvernement du Québec ont doublé, passant de 50 à 103 millions de dollars, avait souligné Caroline Proulx, fin janvier, pour justifier le retrait de Québec.

Le gouvernement Legault promet cependant de rénover, comme prévu, le stade olympique – qui devait accueillir ces rencontres à Montréal – et de remplacer l'actuelle toiture.

Sollicité par Montréal, le gouvernement Trudeau a maintenu son engagement, mais a fermé la porte à un soutien financier plus important.

Dans l’équipe du ministre Steven Guilbeault, on fait savoir qu’il est difficile pour Ottawa de faire une exception pour la métropole, alors que deux autres villes, Edmonton et Toronto, ont également présenté un dossier de candidature.

Par ailleurs, a-t-on mentionné à Radio-Canada, le gouvernement fédéral ne veut pas, selon ses propres critères, investir plus d’un tiers des coûts totaux dans l’organisation d’un événement.

En coulisses, le gouvernement Trudeau aurait cependant été très surpris par la décision et la manière de faire de Québec, qui aurait fait sourciller. On l’a appris dans les médias, a confié une source proche du dossier.

10 matchs prévus au Canada

À l’heure actuelle, 10 matchs sont prévus au Canada, qui a obtenu en 2018 l’organisation de cette compétition d’envergure avec les États-Unis et le Mexique. Ce dernier pays accueillera également 10 rencontres, alors que les États-Unis en obtiendront 60. Le choix des villes hôtes devrait être annoncé par la FIFA d’ici la fin de l’année. Au total, 16 villes vont être désignées pour cet événement, qui comprendra 48 équipes nationales.

Montréal avait des armes

Le cabinet de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, n’a pas voulu réagir.

L’optimisme n’est cependant guère de rigueur quant à l’avenir de la candidature de la métropole. Une décision finale devrait être prise dans les prochaines semaines, alors que la Fédération internationale de football (FIFA) s’apprête à visiter les installations des villes candidates au cours des mois à venir.

Membre du comité responsable de l’organisation de cette candidature montréalaise, Francis Millien avoue être extrêmement déçu par la tournure des événements. Ce comité serait actuellement sur pause, dans l'attente de la décision de la Ville, indique-t-il.

On a un gros événement qui passe et on est en train de lui tourner le dos, sans penser par exemple au développement pour les jeunes et à ce que ça va apporter pour faire mieux connaître Montréal, regrette Francis Millien.

Ce dernier a déjà dirigé, en 2015, l’organisation de la Coupe du monde féminine de soccer à Montréal. S’il reconnaît que la FIFA peut être exigeante, il y a des choses qui sont négociables, juge-t-il.

Montréal avait des armes en main. On est la francophonie en Amérique du Nord. C’était la possibilité d’une organisation dans trois pays, avec trois langues différentes.

Une citation de :Francis Millien, membre du comité d’organisation de la candidature de Montréal

C’est une compétition aussi forte et puissante que les Olympiques, rappelle-t-il. C’est certain que ça va coûter cher, mais il y a des retombées. Mais mon gros regret, c’est que ceux qui ont pris cette décision [au gouvernement du Québec] l’ont fait sans consulter.

Les exigences de la FIFA

Parmi les nombreuses exigences de la FIFA, il est demandé aux villes hôtes de ne recevoir aucun autre événement sportif majeur dans une période débutant sept jours avant le Mondial, jusqu’à sept jours plus tard. Aucun événement culturel d’envergure, comme des concerts, ne peut être organisé un jour avant, un jour après et le jour d’un match.

Ces éléments figurent dans un document intitulé Host city agreement, qui a été envoyé aux villes candidates à l’organisation de la Coupe du monde 2022, que Radio-Canada a pu consulter en ligne. Par ailleurs, la FIFA exige des villes hôtes qu'elles paient tous les frais et les taxes municipales qui pourraient être liés à l'organisation de l'événement.

Edmonton et Toronto toujours en lice

Initialement, trois villes canadiennes candidates étaient pressenties pour organiser des rencontres de cette Coupe du monde.

Avec le retrait probable de Montréal, il ne reste plus qu’Edmonton et Toronto, qui pourraient se partager les 10 matchs au Canada. Mais rien n’est certain.

Interrogée par Radio-Canada, la Ville d’Edmonton dit toujours travailler en coulisses pour préparer sa candidature et son budget. L’ancien gouvernement néo-démocrate avait d’ailleurs refusé d’aider financièrement la candidature d’Edmonton.

Aucune décision n’a été prise pour le moment par l’équipe du premier ministre Jason Kenney, mentionne une porte-parole de l’actuel gouvernement conservateur.

Le gouvernement de l’Alberta a eu des discussions préliminaires avec la Ville d’Edmonton pour accueillir la Coupe du monde de la FIFA 2026.

Une citation de :Amanda Leblanc, porte-parole du gouvernement de l’Alberta

La Ville de Toronto, de son côté, a réitéré sa volonté de représenter l’Ontario et le Canada à travers le monde. Aucune renégociation de l’accord déjà signé avec la FIFA n’est à l’ordre du jour, a-t-on précisé à Radio-Canada.

Un temps évoquée, Vancouver avait finalement écarté sa candidature. Le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, avait signifié son refus de faire un chèque en blanc à la FIFA.

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