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Sondage : les bons et les moins bons côtés du télétravail

Un homme travaille sur un ordinateur à la table de sa cuisine en compagnie de sa fille.

Il y a près d’un an, plusieurs travailleurs ont dû adopter le télétravail, en raison de la pandémie (archives).

Photo : iStock

Radio-Canada

Un sondage SOM-ICI Ottawa-Gatineau révèle que près de 9 travailleurs sur 10 en télétravail voudraient conserver ce modèle, en entier ou en partie, après la pandémie. Si le télétravail est apprécié des employés, il comporte aussi de moins bons côtés.

Il y a près d’un an, des organismes et entreprises ont dû adopter le télétravail en raison de la pandémie.

La région de la capitale nationale, qui comptait plus de 127 000 fonctionnaires fédéraux en 2020, selon le Conseil du Trésor, a été particulièrement touchée par la crise sanitaire. Le gouvernement fédéral a placé la majorité de ses employés en télétravail.

Seront-ils tous de retour dans les bureaux lorsque la pandémie sera terminée ? Le gouvernement étudie activement toutes les possibilités, indique Greg Fergus, secrétaire parlementaire du président du Conseil du Trésor.

Le député de Hull-Aylmer constate lui-même les avantages et les inconvénients du télétravail, comme l'augmentation de la productivité et le manque de contact humain.

Les citoyens qu'il représente à la Chambre des communes lui communiquent des impressions similaires. Les gens veulent avoir cette flexibilité de travailler en modèle hybride au moins, observe M. Fergus.

C'est le moment de réimaginer la façon qu'on va aborder notre travail, mais c'est important de le faire de la bonne manière. Ça veut dire avec le syndicat et avec les travailleurs et travailleuses de la fonction publique fédérale, tout au long du processus, insiste le vice-président exécutif régional de la région de la capitale nationale à l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), Alex Silas.

Le représentant syndical souhaite que la santé et la sécurité de ses membres soient au cœur des décisions, qu'ils travaillent de la maison ou du bureau. Il précise que ces enjeux feront partie de la prochaine négociation pour une convention collective avec le Conseil du Trésor.

Le présentiel pour le développement professionnel

Directrice générale du Conseil québécois du théâtre, Catherine Voyer-Léger est nostalgique du temps où il fallait se rendre au bureau tous les jours.

Avant la pandémie, je défendais déjà une plus grande flexibilité. Je n’ai jamais compris qu’on se jette tous au travail les jours de tempête de neige. […] Donc, il m’a toujours semblé qu’il y avait une place dans le marché du travail […] pour une plus grande flexibilité, dit-elle.

Quant à la formule hybride, Mme Voyer-Léger n’est pas favorable à l’idée. Rendu là, ça veut dire qu’on n'a plus besoin des mêmes espaces de bureau, fait valoir la directrice générale.

Cette dernière préférerait plutôt se rendre au travail quatre jours par semaine, mais à des heures plus flexibles, notamment pour éviter l’heure de pointe.

Catherine Voyer-Léger accorde une entrevue en vidéo-conférence.

Catherine Voyer-Léger, directrice du Conseil québécois du théâtre (archives)

Photo : Radio-Canada

Mme Voyer-Léger s’inquiète aussi des effets néfastes du télétravail sur les générations de nouveaux travailleurs.

Comme jeune travailleuse, j’ai surtout appris en observant. J’ai appris parce qu’on me donnait des tâches, mais [aussi] quand je regardais mes patrons agir. J’ai appris à devenir une directrice générale, je dirais, en regardant des directeurs généraux travailler, raconte-t-elle.

Le problème avec le télétravail, c’est que tout repose sur le dit. […] J’ai l’impression qu’il y a une génération de travailleurs qui va manquer une expérience qui est basée sur le mimétisme, ajoute Mme Voyer-Léger.

La clé du télétravail, le dosage, selon un expert

Travailler à la maison, ce n’est pas nouveau, selon l’expert du marché de l’emploi Mircea Vultur. Il estime que la pandémie n’a fait qu’accentuer le phénomène.

Le télétravail est là pour rester, mais ça dépend sous quelle forme et sur quel dosage, prévient celui qui est également professeur titulaire à l’Institut national de la recherche scientifique et professeur associé au département de sociologie de l’Université Laval.

L’expert dresse une liste d’avantages et de désavantages au télétravail. Il y a des côtés positifs au télétravail. Il est synonyme d’économie de transport, de grande flexibilité dans l’organisation. […] Mais, il a aussi des côtés négatifs : perte de sociabilité […] [et] suractivité, a-t-il indiqué en entrevue à l’émission Les matins d’ici.

Il y a des aspects négatifs et positifs que chaque employé doit mesurer en fonction de son état familial, de ses caractéristiques personnelles, etc.

Une citation de :Mircea Vultur, expert du marché de l’emploi

M. Vultur rappelle qu’il faut prendre en compte la position des employeurs en ce qui a trait à l’après-pandémie.

En Europe, il y a des enquêtes qui montrent que plus de 75 % des employeurs ont l’intention de faire revenir leurs collaborateurs dans les bureaux, a-t-il raconté. Pourquoi ? Parce qu’ils se rendent compte que l’activité du travail demande souvent de se rencontrer. Pour eux, il est plus difficile aussi de mobiliser les équipes de travail par écrans interposés.

Le télétravail présente plusieurs aspects négatifs, notamment quant à la vie sociale de l’entreprise, ajoute M. Vultur. Le télétravail, c’est perdre les moments informels de la vie sociale de l’entreprise qui sont des facteurs de création de valeur et d’innovation.

Cette façon de faire pourrait aussi être néfaste à la productivité, a averti M. Vultur. Une étude récente montre que le télétravail occasionne 20 % de perte de productivité s’il est appliqué à 100 %.

Avec les informations de Frédéric Pepin

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