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Vaccination : les Métis et les Inuit veulent faire partie du groupe prioritaire

Une dame inocule le vaccin dans le bras de l'aînée en fauteuil roulant.

La vaccination des personnes âgées membres des Premières Nations a commencé à la mi-janvier (archives).

Photo : Facebook

Radio-Canada

Les Inuit et Métis du Manitoba demandent à faire partie du groupe prioritaire pour la vaccination, au même titre que les membres des Premières Nations. À l'instar des autres communautés autochtones, ils affirment souffrir plus fortement de la COVID-19 que le reste de la population.

Mercredi, la province a annoncé que les membres des Premières Nations nés en 1945 ou avant sont désormais admissibles à la vaccination. Les autres Manitobains sont présentement admissibles dès 95 ans, soit 20 ans de plus que pour le groupe prioritaire.

Le président de la Fédération des Métis du Manitoba (MMF), David Chartrand, accuse le groupe de travail du Manitoba sur la mise en œuvre du vaccin d'ignorer les Métis en ne priorisant que les Premières Nations.

Il trouve insultant le fait que la province envisage de mettre les vaccins contre la COVID-19 à la disposition des membres des Premières Nations sans exiger de preuve de statut.

Ce système est plus conforme aux droits des Autochtones [...]. Certains membres des Premières Nations ne peuvent pas obtenir de statut officiel, répond la responsable de l'Équipe de coordination des Premières Nations pour la gestion de la pandémie, la Dre Marcia Anderson.

Certains peuvent avoir eu une grand-mère qui a perdu son statut lorsqu'elle a épousé un homme n'appartenant pas aux Premières Nations et qui est décédée avant de pouvoir être réintégrée. Ou il ont peut-être été adoptés pendant la rafle des années 60, explique-t-elle.

La santé publique envisage cependant de former dans quelques semaines des équipes spéciales qui vérifieront l'identité autochtone des personnes cherchant à se faire vacciner, ajoute la Dre Anderson.

Selon M. Chartrand, le système actuel pousse les Autochtones sans statut à mentir sur leur identité afin de pouvoir se faire vacciner. C'est encourager mon peuple qui a peur et qui sait qu'il a besoin d'un vaccin pour protéger sa famille et lui-même, à nier son identité pour pouvoir sauver sa vie, soutient-il.

La Dre Anderson indique que des discussions sont en cours entre la province et la MMF sur la réduction de l'âge d'éligibilité pour les Métis. M. Chartrand affirme que la MMF ne fait pas partie de ces discussions. Nous avons été invités, dit-il, mais nous n'avons jamais participé à une seule réunion.

David Chartrand soutient l’accès prioritaire au vaccin pour les Premières Nations, mais ajoute que les Métis font également face à de nombreux problèmes de santé et à une espérance de vie plus faible.

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, demande que les risques plus importants pour les Métis soient prouvés avant d'envisager de réduire l'âge d'admissibilité de cette communauté. Il affirme que c’est ce qui a été fait par les dirigeants des Premières Nations.

Le grand chef de l'Assemblée des chefs du Manitoba, Arlen Dumas, demande également à la MMF de fournir à la province un rapport basé sur des preuves concrètes concernant la prévalence de COVID-19 au sein de la population métisse.

Les Inuit du Manitoba demandent également à la province de leur fournir un accès plus rapide aux vaccins contre la COVID-19. La directrice générale de l'Association des Inuit du Manitoba, Rachel Dutton, affirme que des discussions sont en cours avec la santé publique.

Des tentatives d’usurpation

La Dre Anderson reconnaît que des personnes essayent de se faire passer pour un membre des Premières Nations afin de se faire vacciner plus tôt.

Ne faites pas ça. Cela nuit aux peuples des Premières Nations en retardant la vaccination des personnes admissibles, demande-t-elle.

Brian Pallister appelle également les Manitobains à ne pas faire de fausses déclarations. Vous prenez la place de quelqu'un d'autre. C'est une victoire amère pour vous, puisqu’elle vous coûtera sur le plan moral, rappelle le premier ministre.

Avec les informations de Cameron MacLean

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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