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Ces jeux vidéo où les personnages noirs ont la vedette

Image de Miles Morales habillé en Spider-Man.

Miles Morales, l'alter ego de Spider-Man

Photo : PlayStation Canada

Stéphanie Dupuis

Visuels parfois bâclés, personnages de seconde zone, stéréotypes qui se perpétuent… Les protagonistes racisés, particulièrement les femmes noires, n’ont pas souvent les plus beaux rôles dans les jeux vidéo, selon des spécialistes. Mais des studios, petits comme grands, multiplient les efforts pour faire tourner le vent.

L’université new-yorkaise Ithaca College publiait en 2014 une étude qui estimait que 3 % des personnages de 50 jeux vidéo analysés étaient Noirs. L’échantillon reposait sur les titres les mieux notés de 2007 à 2012 selon le site web gamerankings.com (devenu metacritic).

Cet écart se reflète aussi chez les développeurs de l’industrie du jeu vidéo : un sondage de l’International Game Developers Association (IGDA) mené en 2019 a dévoilé que seulement 2 % des personnes qui travaillent dans l’industrie du jeu vidéo s'identifient comme noires, afroaméricaines, africaines ou afrocaribéennes, contre 81 % comme blanches ou de type européen.

Pourtant, l’industrie vidéoludique aurait tout intérêt à s’appliquer davantage lorsqu’il est question de diversité, selon Carl-Edwin Michel, fondateur de Northern Arena, qui y voit une occasion d’affaires.

Miser sur la diversité dans [ses] équipes, ça donne accès à une clientèle à laquelle [les studios] n’auraient pas eu accès autrement. [Ces personnes] vont mettre leur réalité de l'avant et ça va entraîner des choses intéressantes.

Une citation de :Carl-Edwin Michel

Voici quelques jeux vidéo qui laissent la place à des personnages issus de la communauté noire.

Urban Chaos

Le personnage D’arci Stern du jeu Urban Chaos, lancé en 1999 par Eidos Interactive sur la console PlayStation, a marqué les esprits dans la communauté noire.

J'aime le fait que les développeurs ont choisi d'avoir un protagoniste féminin à la peau foncée à une époque où personne ne voulait prendre ce risque, souligne Jennifer Lufau, fondatrice de la communauté Afrogameuses.

Selon elle, même si D’arci Stern reprend le stéréotype de la femme noire agressive, la protagoniste demeure intéressante, surtout par le fait que ce soit une policière noire dans une police blanche.

Pochette de jeu vidéo montrant un homme et une femme dans une ville sous les mots «Urban Chaos».

Le jeu vidéo «Urban Chaos» de la console PlayStation 2 met en vedette D'arci Stern, une policière noire.

Photo : Eidos

Spider-Man: Miles Morales

Les studios développant des jeux vidéo AAA, c’est-à-dire à grand budget, qui misent sur des personnages racisés comme tête d’affiche ne courent pas les rues, encore moins dans les univers de superhéros.

Spider-Man: Miles Morales, lancé en 2020, brise les conventions avec son personnage noir d’origine latine.

Quand mon fils a joué pour la première fois à ce jeu, il m’a dit : "Papa! Regarde, il me ressemble!", raconte Carl-Edwin Michel, encore ému par ce souvenir.

Bien au-delà du personnage de Miles Morales, c’est le réalisme qui est à l’avant-plan dans ce titre.

Le jeu se déroule à Brooklyn et on voit une femme noire se promener dans la rue. Et elle est là, en train de marcher, sans clichés. Ça fait du bien, avoue-t-il.

Mafia III

Le personnage de Lincoln Clay, tête d’affiche du troisième titre de la série à succès Mafia, ajoute du poids dans la balance. Lancée en 2016, l’intrigue du jeu suit ce vétéran de la guerre du Vietnam qui refait sa vie à New Bordeaux et qui souhaite venger ses proches, qui ont subi les sévices de la mafia italienne.

Si Mafia III n’a pas été acclamé par les critiques, les enjeux qui y sont abordés, notamment la discrimination raciale, font échos aux membres de la communauté noire.

Deathloop

Avec le jeu Deathloop, dont la sortie est prévue au mois de mai 2021, le studio français Arkane ne s’est pas contenté d’une seule tête d’affiche afrodescendante. En effet, les joueurs et joueuses pourront suivre Colt et son ennemie, Julianna, deux légendaires assassins issus de la communauté noire, dans leur quête pour briser une mystérieuse boucle temporelle.

Far Cry 6

L’acteur Giancarlo Esposito, connu pour son rôle de Gustavo Fring dans la populaire série américaine Breaking Bad, incarne l’antihéros Anton Castillo, un dictateur sanguinaire, dans Far Cry 6.

Le studio torontois d’Ubisoft, qui signe le prochain titre de la série, avait d’abord prévu un lancement en février 2021, mais la crise de la COVID-19 en a décidé autrement. Les adeptes de Far Cry peuvent espérer pouvoir lancer une partie de ce nouveau jeu quelque part entre avril 2021 et mars 2022.

Kissoro Tribal Game

Succès mondial, Kissoro Tribal Game, le premier jeu du studio français Masseka Game, met à l’avant-plan la culture africaine.

L’univers ludique est construit autour de Kissoro, un jeu de société utilisé en République centrafricaine depuis plusieurs siècles afin de développer des aptitudes en mathématiques.

Assassin’s Creed III: Liberation

Le personnage d’Aveline de Grandpré, une métisse franco-africaine, dans le jeu Assassin’s Creed III: Liberation marquait en 2012 une première sur plusieurs points pour Ubisoft : dans cette série, il s’agit non seulement de la première femme protagoniste, mais aussi de la première femme noire.

Les adeptes du jeu peuvent la retrouver dans une version remastérisée, sortie en 2019.

Encensée par la critique, Aveline de Grandpré est également l’un des exemples de personnages racisés positifs pointés par Jennifer Lufau d’Afrogameuses.

Les jeux sportifs

Impossible de parler des personnages noirs dans les jeux vidéo sans mentionner des titres de sports qui, depuis les débuts de l’industrie, mettent la main à la pâte pour bien représenter cette communauté.

Les jeux des séries NBA et FIFA, dont le dernier titre, FIFA 21, a été développé par les studios vancouvérois d’Electronic Arts (EA), ne laissent pas leur place dans cette catégorie.

L’accent est mis sur le réalisme des personnages. C’est pratiquement photoréaliste. C’est un effort qui est fait, car beaucoup de Noirs jouent au basketball et au soccer, et ça se reflète dans les jeux. On peut penser que c’est cliché, mais ça demeure la réalité des choses, précise Carl-Edwin Michel.

Notons par ailleurs que le premier personnage noir à pouvoir être contrôlé dans un jeu vidéo est celui d’Atari Basketball, lancé en 1979.

Image tirée d'un jeu vidéo, montrant un terrain de basketball et deux joueurs en train de se disputer un match.

Le jeu «Atari Basketball», lancé en 1979 sur la console Atari 800, est le premier jeu dans lequel les joueurs et joueuses ont pu contrôler un personnage noir.

Photo : Atari Basketball

Le monde du FGC [la communauté des jeux de combat], c’est là qu’il y a le plus de diversité dans les personnages : on y voit beaucoup de Noirs, de Latinos et d’Asiatiques, ajoute celui qui est à la tête d’une entreprise qui se concentre sur le sport électronique.

L’une des critiques que formule la fondatrice de la communauté Afrogameuses à l’égard des studios porte sur l’esthétisme souvent bâclé des personnages racisés, notamment sur le plan des cheveux. Or, l’ensemble de l’industrie vidéoludique a beaucoup à apprendre des FIFA et NBA de ce monde sur cet aspect.

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