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L’hôpital de Chicoutimi, le plus touché du Québec lors de la deuxième vague

L'urgence de l'hôpital de Chicoutimi.

L'entrée de l'urgence de l'hôpital de Chicoutimi

Photo : Radio-Canada / Lynda Paradis

Flavie Villeneuve

Les mois d’octobre, novembre et décembre 2020 ont été particulièrement éprouvants pour le système de santé régional. Selon des chiffres du ministère de la Santé et des Services sociaux rapportés par Le Journal de Québec, un travailleur sur six aurait contracté le virus dans les murs de l’hôpital de Chicoutimi.

L’établissement de santé de la région a donc connu la plus virulente éclosion de la deuxième vague de COVID-19 au Québec. L’hôpital d’Alma est en troisième position de ce classement avec une éclosion de 176 cas.

Un peu plus de 600 cas de COVID-19 seraient associés à l'éclosion du centre hospitalier de Chicoutimi, qui a commencé en octobre 2020 et a pris fin en janvier 2021. Selon les données du ministère, 502 cas auraient été déclarés chez des travailleurs de la santé et 116 chez des patients hospitalisés.

En entrevue à l'émission C'est jamais pareil, la présidente du syndicat des professionnelles en soins du Saguenay–Lac-Saint-Jean (FIQ), Julie Bouchard, a admis n’avoir jamais été mise au courant de ces chiffres. Elle dénonce le manque de transparence du CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Je n’avais jamais été mise au courant de ces statistiques; la région brille encore une fois dans le mauvais sens du terme. […] On refuse depuis le début de la pandémie de nous donner des chiffres.

En entrevue à Radio-Canada en milieu d'après-midi, le directeur régional de la santé publique, le Dr Donald Aubin, a indiqué que plusieurs raisons expliquent le fait que l'hôpital de Chicoutimi ait été aussi durement touché.

La grande présence du virus dans la communauté explique une bonne partie la problématique. Il y avait aussi des questions de ressources humaines, on sentait une certaine fatigue chez les gens qui travaillaient pour nous. On était dans une situation dans laquelle même avant la pandémie, il y avait des ressources qui étaient très limitées. On avait besoin de demander un peu plus à notre monde. Fatigue, risques de propagation. En plus, on s’est retrouvé dans un hôpital de référence donc où on a concentré beaucoup de cas. Un hôpital qui a une configuration qui date aussi, donc une circulation du personnel plus difficile, des aires de travail et tout donc il a fallu revoir tout ça , a-t-il précisé.

Quant à la propagation du virus par aérosols, en raison de l'âge de l'immeuble, le directeur de la santé publique ajoute qu'il est complexe de statuer sur cet élément précis.

C’est l’un des facteurs qui a été pris en compte. C’est très difficile d’être en mesure de statuer sur un facteur en particulier, d’autant que le facteur humain est très important dans la propagation d’un virus. Ensemble, on a été capable de modifier nos comportements et on a été capables de réduire le nombre de cas, a exposé le médecin.

Délestage tardif, selon Julie Bouchard

Julie Bouchard estime que la direction a tardé à faire du délestage lors de la deuxième vague de la pandémie, ce qui a eu des effets sur ses membres lorsque les cas ont explosé dans les deux établissements de la région.

On s’est trop fié à la première vague, qui a touché seulement les CHSLD.

Une citation de :Julie Bouchard, présidente du syndicat des professionnelles en soins du Saguenay–Lac-Saint-Jean (FIQ)

Au pic de la deuxième vague, le CIUSSS a procédé au délestage de 70 % des capacités opératoires de l’hôpital de Chicoutimi. Ce centre hospitalier n’était d'ailleurs plus la seule unité COVID de la région : l’hôpital d’Alma et celui de Jonquière ont notamment été des établissements qui soignaient des patients atteints du virus.

Mme Bouchard considère également que le personnel médical a été laissé à lui-même.

Depuis le tout début de la pandémie, on réclamait le masque N95 comme protection individuelle nécessaire. Je pense que c’est la majeure partie du problème de l’éclosion, affirme-t-elle.

Depuis le 11 février 2021, le port de ce masque est obligatoire pour les travailleurs de la santé qui œuvrent en zone chaude.

Rappelons que le Saguenay-Lac-Saint-Jean a également été la région la plus touchée au Canada au mois de novembre, toutes proportions gardées.

Selon une entrevue de Frédéric Tremblay

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