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La Presse réfléchit à un abonnement payant pour ses lecteurs

Le logo de La Presse sur un édifice

Les bureaux de La Presse sont situés rue Saint-Antoine à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Gare au titre de cet article : la gratuité est là pour de bon. Mais dans un questionnaire auprès de ses lecteurs de La Presse+ cette semaine, l’organisme montréalais sonde leur intérêt pour un « plan privilège » à 6,99 $ par mois.

Cet abonnement avantageux, peut-on lire d’entrée de jeu, permettrait d’obtenir une expérience sans interruption publicitaire, c’est-à-dire sans la vidéo en ouverture de l’édition et sans les publicités dans les articles.

La Presse s’y prend à deux reprises pour indiquer qu’elle n’a toujours pas pris de décision concernant cette initiative. Dans une réponse par courriel, la vice-présidente aux communications, Florence Turpault-Desroches, nous écrit même en caractère gras que l’entreprise n’a aucunement l’intention de faire payer pour le contenu, qui demeurera gratuit.

C’est ici que le quotidien numérique continuerait, par exemple, de se distinguer du Devoir, qui limite ses contenus gratuits offerts en ligne et tire 63 % de ses revenus des abonnements imprimés et numériques.

Nous nous basons sur les résultats de ces recherches, jumelés à une multitude d’autres facteurs, pour évaluer par la suite de la situation et prendre des décisions éclairées sur l’évolution de nos produits.

Une citation de :Florence Turpault-Desroches, vice-présidente aux communications, La Presse

La réflexion semble toucher une corde sensible compte tenu du vœu de La Presse de ne jamais demander aux gens de payer pour accéder au contenu de leur application ou de leur site web, note le professeur en journalisme de l’École des médias de l’UQAM, Jean-Hugues Roy.

Diversification des revenus

Les sources de revenus des médias sont appelées à constamment évoluer afin d'offrir au public un journalisme de qualité, surtout dans un contexte où Facebook et Google dominent le marché publicitaire. L’ensemble des médias va devoir adopter des modèles d’affaires avec plusieurs variables dans l’équation, avance M. Roy. C’est fini le temps où on peut seulement se financer avec des publicités.

La Presse ne lancera pas un abonnement payant, qui paraît unique en son genre, à court terme ni à moyen terme. Une présence publicitaire – désormais plus ciblée avec la création de comptes d’utilisateurs en juillet – et des contenus commandités risqueraient sans aucun doute de demeurer. Il n’est pas clair si un forfait mensuel compenserait la diminution du reste de l’offre publicitaire.

Une infime partie des gens vont vouloir payer pour avoir accès à un modèle gratuit, croit le président d’Infopresse, Arnaud Granata. J’y vois surtout une façon d’aller chercher les lecteurs les plus engagés, les plus prêts à payer. En effet, une attente de gratuité s’est inscrite chez le lectorat de La Presse après les huit dernières années d’expérience.

Jean-Hugues Roy y voit plutôt une illusion de gratuité, puisqu’il faut payer pour l’accès à Internet et le support numérique comme une tablette. Il privilégierait d’autres mécanismes, en plus de l’aide des gouvernements et d’un nouvel encadrement des géants du web.

Je pense qu’on pourrait aller chercher des redevances auprès des compagnies de télécommunications qui font beaucoup d’argent avec la soif d’informations des Canadiens.

Une citation de :Jean-Hugues Roy, professeur, École des médias de l’UQAM

Programme de dons majeurs

Malgré la pandémie, le quotidien dévoilait en janvier avoir atteint l’équilibre budgétaire en 2020, notamment grâce à une hausse de 10 % de ses revenus publicitaires, des dons ayant totalisé cinq millions de dollars, de l’aide étatique et d’une restructuration majeure dans les dernières années. La Presse est depuis 2018 un organisme à but non lucratif.

D’ailleurs, cette année, elle lancera un programme de dons majeurs avec le statut qu’elle a obtenu de l’Agence du revenu du Canada pour remettre des reçus fiscaux. On se souviendra que Power Corporation, son ancienne propriétaire, avait injecté 50 millions pour soutenir sa transformation. Le montant qu’il reste à ce don n’est pas public et demeure une information confidentielle, précise Florence Turpault-Desroches.

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