•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les partisans du projet Mashkiki demandent à Québec de revenir sur sa décision

Patrick Gravel, de la Coopérative de solidarité des forêts et des gens, devant un lac gelé.

Patrick Gravel, de la Coopérative de solidarité des forêts et des gens est un de ceux qui travaillent sur le projet de réserve de biodiversité Mashkiki.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Radio-Canada

Alors que le projet de réserve de biodiversité Mashkiki n’a pas été retenu par le gouvernement Legault pour devenir une aire protégée, élus et groupes de citoyens demandent à Québec de reconsidérer sa décision.

On nous l’avait promis. Il ne manquait que la signature du ministre, lance Patrick Gravel, de la Coopérative de solidarité des forêts et des gens.

Le consultant en botanique fait partie de celles et ceux qui, depuis 12 ans, travaillent sur le projet de réserve de biodiversité Mashkiki, située près du parc des Montagnes noires, dans la MRC de Papineau.

Pendant six ans, on a fait un inventaire botanique et faunique. On avait complété notre projet en 2014 et depuis, on attendait. Il ne manquait rien à notre projet. Aujourd’hui, on se sent un peu désespéré. C’est une décision des hautes sphères liées à l’industrie forestière, croit-il.

On ne laissera pas tomber!

Une citation de :Patrick Gravel, Coopérative de solidarité des forêts et des gens

Aucun projet retenu en Outaouais

Le 17 décembre dernier, le gouvernement du Québec a annoncé la création de 34 nouvelles aires protégées. Grâce à ces ajouts, la province a ainsi atteint sa cible de protéger 17 % de son territoire.

Mais parmi les projets retenus, aucune des quatre réserves de biodiversité proposées en Outaouais - Noire-Coulonge, Rivière Fortier, Cabonga et Mashkiki - n’a été retenue.

C’est une grande déception! On dirait qu’on n’entend pas nos appels. On se l’explique mal, dénonce le maire de Ripon et préfet suppléant de la MRC de Papineau, Luc Desjardins, en entrevue à Radio-Canada.

C’est un plus pour une MRC d’avoir des parcs.

Une citation de :Luc Desjardins, préfet suppléant de la MRC de Papineau

Pour lui, le projet Mashkiki avait tout pour être choisi.

Le maire de Ripon, Luc Desjardins.

Le maire de Ripon, Luc Desjardins, est déçu qu'aucun projet en Outaouais n'ait été retenu.

Photo : Radio-Canada / Agnès Chapsal

Tout le monde parle des bienfaits pour l’humanité de conserver le territoire. On veut ce projet pour l’avenir de la MRC… On y trouve des forêts anciennes, des plantes rares en voie de disparition… Ça permettrait d’agrandir le parc des Montagnes Noires avec seulement des sentiers piétonniers et cyclables.

Priorité à l’objectif de 17 %

Professeur au département des sciences naturelles de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) et chercheur à l’Institut des sciences de la forêt tempérée (ISFORT), Jérôme Dupras souligne la prouesse du Québec d’avoir réussi à atteindre son objectif de 17 %.

Mais c’est peut-être aussi la volonté de rejoindre cette cible, dont la date butoir était fixée à la fin de l’année 2020, qui a nui à des projets comme Mashkiki, explique-t-il.

La majorité de ce 17 % a été protégée dans le nord du Québec. [...] C’est certain que la stratégie gouvernementale a été de miser sur des projets avec une plus grande emprise territoriale pour pouvoir atteindre l'objectif. [...] Donc, ce qu'on a rencontré dans le sud [...], c'est qu'il y a des projets de plus petites tailles qui se sont vus être refusés.

Portrait de Jérôme Dupras qui sourit.

Jérôme Dupras, professeur au département des sciences naturelles de l’Université du Québec en Outaouais et chercheur à l’Institut des sciences de la forêt tempérée

Photo : Radio-Canada / Etienne Leblanc

La pression de l’industrie forestière pourrait aussi expliquer la décision du gouvernement provincial, reconnaît le professeur à l'UQO.

Par courriel, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques justifie cette décision.

Un grand nombre de projets étaient sur la table, et ce pour l’ensemble du Québec. [...] L’analyse gouvernementale s’est faite dans une perspective de développement durable, considérant l’ensemble des aspects écologiques, sociaux et économiques des territoires ciblés. [...] Considérant les potentiels impacts socio-économiques sur les communautés et les entreprises, certains projets n’ont donc pas été retenus pour l'atteinte du 17 %, écrit le ministère.

Une nouvelle chance pour 2030 ?

Le ministère précise que les quatre projets d’aires protégées de l’Outaouais, dont le projet Mashkiki, demeurent toutefois actifs.

Ces projets pourront s’inscrire dans le cadre des nouveaux objectifs internationaux 2021-2030 qui seront adoptés prochainement par la Convention sur la conservation de la diversité biologique, poursuit le ministère dans sa déclaration écrite.

Pour M. Dupras, les partisans du projet ne doivent pas se décourager.

C’est un projet qui est très bien monté au niveau scientifique et qui fait un fort consensus social. [...] Il est normal d'être déçu et d'avoir des craintes sur le futur de ce territoire, mais il y a quand même beaucoup d'espoir, parce que le prochain objectif du gouvernement du Québec est de protéger 30 % du territoire en 2030, rappelle-t-il.

Mais à l’approche des élections municipales, M. Gravel demande plutôt à la province de revoir tout de suite sa décision.

On ne veut pas recommencer le processus à zéro, dit-il.

Un avis que partage le maire de Ripon qui, avec le conseil des maires de la MRC de Papineau, a dénoncé la décision du gouvernement, dans un communiqué daté du 17 février.

Ce projet est un maillon essentiel identifié à la Stratégie de conservation de la biodiversité de la MRC de Papineau. Ainsi, le Conseil des maires souhaite que le gouvernement du Québec revoie sa décision afin que la réserve de biodiversité soit reconnue comme une aire protégée du Québec.

Avec les informations de Christian Millette et Alexandra Angers

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !