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Tshiuetin : comment desservir Innus et Naskapis sans les exposer à la COVID-19?

Joël Jean-Pierre est dans un train.

Comme employé de Transport ferroviaire Tshiuetin, Joël Jean-Pierre côtoie beaucoup de passagers. Il espère que les mesures sanitaires éviteront toute propagation du virus à bord du train.

Photo : Radio-Canada / Djavan Habel-Thurton

Le train Tshiuetin, qui relie Sept-Îles au Nord québécois, demeure le principal moyen de transport vers le monde extérieur pour les résidents de Matimekush-Lac John, Kawawachikamach et Schefferville. En cette période de pandémie, la compagnie a aussi l’immense responsabilité de ne pas amener le virus qui cause la COVID-19 dans ces communautés extrêmement isolées.

Je suis toujours aux aguets quand j'embarque ici. Quand je sais qu’un passager arrive de Québec, d’une zone rouge, je me dis que je pourrais débarquer d’ici et amener le virus chez nous sans le savoir, que mes enfants pourraient l’avoir, craint Joël Jean-Pierre, un employé de Transport ferroviaire Tshiuetin.

Lors des voyages vers Schefferville, il est parfois en contact avec des voyageurs qui peuvent revenir de zones plus chaudes. Il est toutefois rassuré par les nombreuses mesures sanitaires mises en place par son employeur.

Une locomotive tire plusieurs wagons.

Le train Tshiuetin près de l'arrêt d'Esker, au Labrador

Photo : Radio-Canada / Djavan Habel-Thurton

Dès l’entrée des passagers à la gare de Transport ferroviaire Tshiuetin, à Sept-Îles, leur température est contrôlée grâce à un thermomètre infrarouge.

Une préposée demande aussi à chaque personne si elle a des symptômes de la COVID-19.

C'est l'une des nombreuses mesures mises en place par l'entreprise, qui appartient aux communautés innues et naskapie qu'elle dessert, c’est-à-dire Uashat mak Mani-utenam au sud, ainsi que Matimekush-Lac John et Kawawachikamach, au nord.

Un employé désinfecte une poignée de porte dans le train.

Andy-Greg Jérôme désinfecte les surfaces d'un wagon.

Photo : Radio-Canada / Djavan Habel-Thurton

Un employé supplémentaire est présent lors de l’embarquement et un autre à bord du train, notamment pour assurer le nettoyage des wagons.

À bord, des écrans de plastique flexible sont installés entre les rangées de sièges et la capacité d’accueil du train a été largement réduite pour permettre la distanciation.

À l'intérieur d'un wagon de passager, des écrans de plastique transparent et flexible séparent les rangées de sièges.

Les écrans protecteurs isolent chaque passager à bord du train.

Photo : Radio-Canada / Djavan Habel-Thurton

Cette capacité fluctue selon les mesures sanitaires en place. Ainsi, la compagnie ferroviaire ajuste le nombre de wagons ouverts pour s’assurer que tous les passagers aient un espace suffisant.

Il y a deux wagons ouverts aujourd’hui avec 30 passagers. C’est juste assez pour éparpiller le monde, explique Andy-Greg Jérôme, qui travaille dans le train.

Andy-Greg Jérôme parle dans sa radio à bord d'un train.

Andy-Greg Jérôme au travail

Photo : Radio-Canada / Djavan Habel-Thurton

En plus, un wagon à l’arrière du train demeure vide dans le cas où un passager devrait être isolé lors du trajet d'une douzaine d'heures.

On a un wagon de surplus au cas où on trouve en voyage quelqu'un qui commence à présenter des symptômes ou commence à se sentir malade.

Une citation de :Tanis Peterson, directrice générale de Transport ferroviaire Tshiuetin

À son arrivée à Schefferville, le train sera traité à la vapeur sèche, afin que chaque recoin soit désinfecté avant le départ du lendemain.

Ça nous permet d’aller chercher les petites zones difficiles à nettoyer, explique Mme Peterson.

Pour Andy-Greg Jérôme, ces mesures sont primordiales considérant la vulnérabilité de la population de la région de Schefferville.

Tu es loin de l'hôpital, ce serait le pire endroit où tu pourrais avoir la COVID, pense-t-il.

Un distributeur de désinfectant et une autocollant que indique que la désinfection est obligatoire.

Une station de désinfection des mains dans le train.

Photo : Radio-Canada / Djavan Habel-Thurton

Un train au service des communautés

Comme le train est la propriété commune des conseils de bande de Uashat mak Mani-utenam, Matimekush-Lac John et Kawawachikamach, les décisions concernant les mesures sanitaires ou la suspension des voyages sont prises de concert entre ces communautés.

Un gros autocollant indique l'obligation de porter le masque en français et  en anglais.

Employés et passagers doivent porter le masque quand ils se déplacent dans le train.

Photo : Radio-Canada / Djavan Habel-Thurton

Bien qu’elle ne l’exclut pas, Tanis Peterson ne croit pas que le service ferroviaire sera encore suspendu comme ce fut le cas plus tôt au cours de la pandémie.

C’est toujours possible si jamais les communautés se sentent à risque. [...] Mais je peux dire aujourd’hui que le nombre de cas est minime et, avec les mesures d’hygiène qu’on applique, il y a une bonne chance qu’on continue [à assurer le service], indique la gestionnaire.

Selon Mme Peterson, depuis le début de la pandémie, aucun cas de COVID-19 n’a été rapporté chez des personnes ayant pris le train.

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