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Pierre Trudeau et le PQ de 1976 : des révélations « préoccupantes », selon Legault

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet réclame de son côté des excuses au premier ministre du Canada.

MM. Trudeau et Lévesque discutent.

Bien qu'ils aient évolué dans deux capitales bien distinctes, Pierre Elliott Trudeau et René Lévesque ont été de féroces adversaires politiques pendant une bonne partie de leur vie.

Photo : Radio-Canada

La note diplomatique suggérant que Pierre Elliott Trudeau a demandé à l'homme d'affaires Paul Desmarais de « rendre les choses aussi difficiles que possible » au gouvernement Lévesque après son élection, il y a 45 ans, continue à faire couler beaucoup d'encre, tant à Québec qu'à Ottawa.

Interrogé sur le sujet mercredi en marge d'un miniremaniement, le premier ministre François Legault a jugé très préoccupantes les révélations de CBC, le réseau anglais de Radio-Canada.

Ça n'a pas de bon sens, a-t-il dit. Il faudrait vérifier, [mais] c'est très grave si c'est vrai.

Le premier ministre Legault a toutefois rappelé que Power Corporation, l'empire fondé par Paul Desmarais, avait démenti ces révélations en assurant n'avoir jamais déménagé une personne, même en Ontario, pour répondre aux vœux de Pierre Elliott Trudeau.

À Ottawa, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a lui-même pris la balle au bond en publiant une vidéo mercredi matin pour demander des excuses à l'héritier de Pierre Elliot Trudeau, l'actuel premier ministre Justin Trudeau.

S'il est un moment où un chef d'État doit s'excuser au nom d'un autre qui l'a précédé, c'est maintenant, a-t-il lancé.

Je demande clairement que le premier ministre du Canada, à ce titre, s'excuse de pareils gestes. Et je demande surtout qu'à l'avenir, on respecte la démocratie et les intérêts que les Québécois choisissent pour eux-mêmes.

Une citation de :Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

En après-midi, c'est le porte-parole bloquiste en matière d'Affaires étrangères et d'Affaires intergouvernementales, Stéphane Bergeron, qui a interpellé Justin Trudeau à ce sujet pendant la période des questions aux Communes.

Le premier ministre juge-t-il que le comportement de son prédécesseur était à la hauteur de sa fonction? a-t-il demandé. Après tout, Pierre Elliott Trudeau aurait envisagé, à des fins politiques, de faire perdre leur emploi à d'honnêtes gens, a souligné M. Bergeron.

Je ne vais pas commencer aujourd'hui un débat historique avec le député du Bloc québécois, s'est limité à répondre le principal intéressé. Moi, ce qui me préoccupe aujourd’hui, c’est la lutte contre la pandémie.

M. Bergeron en chambre.

Stéphane Bergeron est député de Montarville et porte-parole du Bloc québécois en matière d'Affaires étrangères, d'Affaires intergouvernementales et de Rapport d’impôt unique.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Mais le Bloc n'est pas la seule formation politique à avoir évoqué le sujet en chambre, mercredi. Le député conservateur Pierre Poilievre a tenté de dresser un parallèle entre cette affaire survenue il y a près d'un demi-siècle et les emplois perdus sous le règne de Trudeau fils depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Pierre Elliott Trudeau a tué des emplois dans l'Ouest, et maintenant nous apprenons qu'il a fait la même chose de manière intentionnelle au Québec, a-t-il déclaré pendant la période des questions.

Ce premier ministre, en revanche, répartit les pertes d'emplois de manière égale, a-t-il poursuivi, évoquant la disparition de 850 000 emplois au Canada depuis le début de la pandémie.

De son côté, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a souligné mercredi que Justin Trudeau devrait d'abord et avant tout se concentrer sur une seule priorité, soit la vaccination de la population.

Questionné sur le sujet lors d'une mêlée de presse virtuelle, le dirigeant néo-démocrate a tout de même qualifié de déplorable et d'inexcusable l'idée de mettre beaucoup de Québécois dans une position difficile et de les priver de travail comme l'aurait envisagé Pierre Elliott Trudeau en 1976.

M. Singh parle dans un micro.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Toute cette affaire a été déclenchée après la découverte par CBC d'une communication diplomatique rédigée par l'ancien ambassadeur des États-Unis au Canada Thomas Enders dans les documents déclassifiés il y a plusieurs années par le département d'État américain.

Dans cette note, le diplomate expliquait avoir reçu la confession de Paul Desmarais, selon qui Pierre Elliott Trudeau souhaitait à l'époque qu'il transfère discrètement ses employés à l'extérieur du Québec dans le but avoué de faire grimper le taux de chômage de 10 % à 15 % ou même à 20 % l’année suivante.

L'opération, poursuivait-il, était destinée à déstabiliser le nouveau gouvernement péquiste de René Lévesque et de le forcer à faire des choix difficiles sur le plan économique pour créer de la division au sein du parti.

Sans surprise, le PQ s'est insurgé de la nouvelle, mardi. Son chef Paul St-Pierre Plamondon entend d'ailleurs déposer une motion à l'Assemblée nationale dans deux semaines pour demander à Ottawa de rendre publics tous les documents qu'il possède sur cette affaire.

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